Le Sénégal de 2026 ressemble à un navire en pleine tempête qui tente de colmater ses brèches tout en demandant à ses passagers de vider l'eau à la petite cuillère. D'un côté, le discours officiel est celui de la « rupture » et de l'austérité budgétaire. De l'autre, les échos de l'Assemblée nationale font état d'acquisitions de véhicules de luxe pour les députés. Ce contraste n'est pas seulement une maladresse politique, c’est une fracture morale qui menace le contrat de confiance entre le sommet et la base.
Les chiffres donnent le vertige, « 6 075 milliards FCFA à mobiliser, 16,5 milliards à rembourser chaque jour ». Pour tenir ce cap, on demande aux Sénégalais du « bas-peuple », ceux-là mêmes qui subissent la vie chère et le chômage de consentir à des sacrifices. Les citoyens ont accepté la baisse timide des prix des denrées, tout en sachant que les marges de manœuvre de l’État sont quasi nulles.
Mais comment justifier que, dans ce contexte de « guerre économique », les élus de la nation continuent de circuler dans des carrosses à plusieurs dizaines de millions de francs CFA ?
L’acquisition de véhicules de fonction de prestige pour les membres du bureau de l’Assemblée nationale est une gifle à la figure du travailleur qui peine à payer ses frais de transport. Certes, les députés ont besoin d'outils de travail. Mais entre l’efficacité et l’ostentation, il y a un fossé que l'éthique de la rupture aurait dû combler.
Lorsque le gouvernement appelle à la rationalisation des dépenses, l'exemplarité n'est pas une option, c'est une condition de survie politique. On ne peut pas demander au paysan, au charretier ou à l’étudiant de se serrer la ceinture pendant que les représentants du peuple ajustent leurs sièges en cuir.
La rupture ne doit pas être un slogan
Le Plan de redressement économique et social (PRES) ne réussira que s'il est porté par un élan national. Cet élan nécessite un sentiment de justice. L’indécence ne réside pas seulement dans le coût de ces véhicules, mais dans le symbole qu’ils renvoient, celui d’une élite qui s’auto-protège de la crise qu’elle est censée gérer.
Il est temps que les élus, en particulier le Président de l’Assemblée et les membres de son bureau, comprennent que la dignité d'une fonction ne se mesure pas à la cylindrée d'une voiture, mais à la capacité de partager le sort de ceux que l'on représente.
Si le Sénégal doit rembourser 16,5 milliards par jour, chaque million dépensé dans le prestige est un million de trop volé à l'avenir de nos jeunes. La rupture, avant d'être économique, doit être comportementale. Autrement, les sacrifices demandés aux populations ne seront plus perçus comme un effort patriotique, mais comme une injustice insupportable.
Les chiffres donnent le vertige, « 6 075 milliards FCFA à mobiliser, 16,5 milliards à rembourser chaque jour ». Pour tenir ce cap, on demande aux Sénégalais du « bas-peuple », ceux-là mêmes qui subissent la vie chère et le chômage de consentir à des sacrifices. Les citoyens ont accepté la baisse timide des prix des denrées, tout en sachant que les marges de manœuvre de l’État sont quasi nulles.
Mais comment justifier que, dans ce contexte de « guerre économique », les élus de la nation continuent de circuler dans des carrosses à plusieurs dizaines de millions de francs CFA ?
L’acquisition de véhicules de fonction de prestige pour les membres du bureau de l’Assemblée nationale est une gifle à la figure du travailleur qui peine à payer ses frais de transport. Certes, les députés ont besoin d'outils de travail. Mais entre l’efficacité et l’ostentation, il y a un fossé que l'éthique de la rupture aurait dû combler.
Lorsque le gouvernement appelle à la rationalisation des dépenses, l'exemplarité n'est pas une option, c'est une condition de survie politique. On ne peut pas demander au paysan, au charretier ou à l’étudiant de se serrer la ceinture pendant que les représentants du peuple ajustent leurs sièges en cuir.
La rupture ne doit pas être un slogan
Le Plan de redressement économique et social (PRES) ne réussira que s'il est porté par un élan national. Cet élan nécessite un sentiment de justice. L’indécence ne réside pas seulement dans le coût de ces véhicules, mais dans le symbole qu’ils renvoient, celui d’une élite qui s’auto-protège de la crise qu’elle est censée gérer.
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