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États-Unis: lors de son second discours sur l’état de l’Union, Donald Trump vante «l’âge d’or de l’Amérique»

Treize mois après son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a prononcé mardi 24 février au soir au Capitole son second « discours sur l’état de l’Union ». À quelques mois des élections de mi-mandat, le président républicain doit convaincre les Américains que l’« âge d’or » promis lors de son investiture est à portée de main, malgré le ressentiment d’une partie de la population.



Vers 21 heures, heure de Washington (3 h, mercredi, heure de Paris), le dirigeant républicain a fait une entrée en grande pompe dans l’hémicycle de la Chambre des représentants, où le clan Trump, dont la Première dame Melania Trump, était omniprésent.

Lors de son arrivée, il a salué l’équipe masculine de hockey sur glace des États-Unis, récemment médaillée d’or olympique, très applaudie dans l’hémicycle. Il a également invité Erika Kirk, veuve de l’influenceur pro-Trump Charlie Kirk, assassiné en septembre et présenté comme un « martyr » par la Maison Blanche et la droite chrétienne.

Face au Congrès, les neuf membres de la Cour suprême au premier rang – dont quatre que Donald Trump a vivement critiqués par le passé–, le président joue gros : il lui faut convaincre les Américains que « l’âge d’or » annoncé un an plus tôt est déjà en marche. Un sondage YouGov/Marketwatch publié mardi indique que 47 % des Américains estiment que leur pouvoir d’achat s’est dégradé depuis le retour de Trump à la Maison-Blanche en janvier 2025.

Bilan et annonces économiques
Fidèle à lui-même, Donald Trump commence par un autosatisfecit, rapporte notre correspondant à Washington, Vincent Souriau. Les États-Unis, dit-il, sont en train de vivre un âge d’or jamais vu dans l’histoire contemporaine. « Notre nation est de retour ! Plus grande, meilleure, plus riche et plus forte que jamais auparavant », lance-t-il.

« Après seulement un an, je peux dire dignement et fièrement que nous avons accompli une transformation sans précédent et un redressement historique. Notre pays est de retour », a déclaré le président américain, affirmant également que « l’inflation chute, les revenus augmentent vite et l’économie est florissante comme elle ne l’a jamais été ». Les élus républicains l’ont applaudi en scandant « USA, USA, USA ».

Dans son discours, il a énuméré son bilan en matière d’immigration, affirmant que la frontière américaine n’avait jamais été aussi sûre, et rappelé que les États-Unis avaient reçu plus de 80 millions de barils de pétrole du Venezuela, qualifié de « nouvel ami et partenaire ».

Depuis la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro par les États-Unis, le 3 janvier, Washington cherche à contrôler l’exploitation des importantes réserves d’hydrocarbures du pays. Parallèlement, les alliés et rivaux des États-Unis scrutent ses intentions concernant l’Iran, alors qu’il a massé d’importants moyens militaires au Moyen-Orient.

Une décision « très regrettable »
Le moment que tout le monde attendait était celui de la réaction du président américain après l'annulation de ses droits de douane. Donald Trump allait-il tancer les quatre juges de la Cour suprême assis en face de lui dans l’assistance ? Pour une fois le président américain choisit la retenue. « Tout marchait très bien, les pays qui nous faisaient les poches depuis des décennies sont en train de nous payer des centaines de milliards de dollars. Et puis il y a quand jours avec cette décision regrettable de la Cour suprême, tout cela s'est effondré », a-t-il déploré.

Donald Trump a jugé « très regrettable » leur décision d’invalider une large partie des taxes douanières imposées aux partenaires commerciaux des États-Unis. Le ton du président était plus mesuré que dans les heures précédentes, lorsqu’il avait accusé la Cour d’avoir cédé face à des « influences étrangères », qualifiant certains juges d’« idiots » ou de « caniches » au service de la gauche radicale.

Trump a depuis instauré une nouvelle surtaxe de 10 % sur certains produits importés, valable 150 jours, sauf si le Congrès vote pour la rendre permanente. Selon lui, d’autres alternatives pour appliquer des droits de douane existent, « un peu plus complexes mais probablement meilleures », sans nécessiter l’approbation parlementaire. Il espère que ces taxes permettront à terme de remplacer l’impôt sur le revenu.

Donald Trump a par ailleurs demandé au Congrès d’approuver sa réforme sur la fraude électorale, qui impose à chaque électeur de présenter une pièce d’identité pour voter.  « Je vous demande d’approuver la loi "Sauver l’Amérique" (Save America Act), afin d’empêcher les étrangers en situation irrégulière – et autres personnes sans papiers – de voter lors de nos élections américaines sacrées », a déclaré le président, ajoutant que « la triche est galopante dans nos élections », une allégation qu’il répète régulièrement sans preuve.

Il a par ailleurs accusé l'Iran de développer des missiles pouvant « atteindre bientôt les États-Unis ». L'Iran a « déjà développé des missiles qui peuvent menacer l'Europe et nos bases » militaires et « travaille à bâtir des missiles qui pourront atteindre bientôt les États-Unis », a déclaré Donald Trump, qui a massé une imposante armada militaire dans la région du Golfe.

Protestations et tensions
Au passage, Donald Trump n'a pas pu s’empêcher d’invectiver les démocrates qu’il traite de cinglés. Plusieurs dizaines de parlementaires démocrates ont d'ailleurs choisi de laisser leurs sièges vides. Certains ont invité des victimes de l’ancien financier Jeffrey Epstein, mort en 2019, rappelant la proximité passée de Trump avec lui.

Un élu démocrate afro-américain a brandi une pancarte sur laquelle on pouvait lire : « Les Noirs ne sont pas des singes », avant d’être expulsé. Ce geste faisait référence à une vidéo polémique partagée par Donald Trump plus tôt dans le mois, montrant Barack et Michelle Obama de manière raciste.

« Les Américains n'ont jamais vu un discours sur l'état de l'Union aussi déconnecté de la réalité », a cinglé dans un communiqué le chef de file des démocrates au Sénat, Chuck Schumer, dénonçant « un quotidien marqué par des coûts plus élevés, des logements inabordables, plus de chaos, et plus de corruption ».

RFI

Mercredi 25 Février 2026 - 10:42


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