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FINALE SÉNÉGAL–MAROC : La CAF face à son propre miroir (Par Babou Biram Faye)



"Ce mardi, la CAF ne juge pas un match. Elle juge sa propre crédibilité".
 
Il y a des moments où le football cesse d’être un spectacle pour devenir un test de crédibilité institutionnelle.
 
La finale de la Coupe d’Afrique des Nations entre le Sénégal et le Maroc est de ceux-là. Et la réunion annoncée de la Commission de discipline de la CAF, ce mardi, engage bien plus que le sort d’un match : elle engage l’honneur, la cohérence et l’autorité morale du football africain.
 
La CAF ne peut pas juger cette finale comme un simple incident disciplinaire. Elle doit l’aborder comme ce qu’elle est réellement : un échec collectif de gouvernance, de sécurité et d’arbitrage, dont les responsabilités ne sauraient être imputées à une seule équipe.
 
Le retrait du Président de la Commission : une clarification salutaire
 
Le Président de la Commission de discipline, le sénégalais Ousmane Kane, s’est volontairement retiré des débats pour éviter tout conflit d’intérêts. Ce geste est un signal fort. Il ôte, à l’avance, toute tentative de disqualification morale de la procédure.
Désormais, la Commission ne pourra se réfugier ni derrière l’argument de la pression nationale, ni derrière celui de l’émotion populaire. Elle devra trancher sur le droit, rien que le droit.
 
L’arbitrage : le premier maillon défaillant
 
Le rapport de l’arbitre central sera au cœur des discussions. Mais il ne peut être un bouclier d’irresponsabilité.
Un arbitre qui constate des jets de projectiles, une pression hostile du public et des risques pour l’intégrité physique des joueurs, tout en choisissant de ne pas arrêter définitivement la rencontre, engage sa propre responsabilité.
Le règlement est clair : l’arbitre est seul juge de l’arrêt d’un match en cas de danger manifeste. S’il décide de poursuivre, il valide implicitement la possibilité sportive du match.
La CAF ne peut donc pas, a posteriori, sanctionner une équipe pour un chaos que l’arbitre a lui-même estimé gérable sur le moment.
 
La sécurité : l’angle mort que la CAF ne peut plus ignorer
 
Le rapport de sécurité est, en réalité, le cœur du problème. Quand des incidents surviennent en finale continentale, la première question n’est pas : que faisaient les joueurs ? La vraie question est : où était le dispositif de sécurité ?
La sécurité relève de l’organisation, donc de la CAF. On ne sanctionne pas, sportivement, une équipe pour une défaillance structurelle que l’instance organisatrice supervise elle-même. Ce serait une faute juridique grave et un précédent dangereux.
 
Attention à la tentation du sacrifice
 
La CAF doit résister à une tentation bien connue : sacrifier une équipe pour sauver la façade. Punir, lourdement, le Sénégal ne réparerait rien. Cela ne masquerait ni les failles organisationnelles, ni les insuffisances arbitrales. Au contraire, cela ouvrirait une crise de confiance durable entre l’institution et les peuples du football africain.
Le Sénégal ne demande ni faveur, ni indulgence. Il exige le respect strict des règles, l’équité de traitement et la reconnaissance des responsabilités réelles.
 
Une décision sous haute surveillance
 
Qu’on le sache clairement : toute sanction sportive disproportionnée, toute décision contraire aux faits établis, toute lecture orientée des rapports exposerait la CAF à un recours solide devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS), avec des conséquences juridiques, financières et réputationnelles majeures.
Ce mardi, la Commission de discipline ne juge pas, seulement, une finale.
Elle juge la capacité de la CAF à être une institution juste, courageuse et crédible.
Le football africain mérite mieux que l’arbitraire. Il mérite la vérité, le droit et la responsabilité.
 
BBF


Lundi 26 Janvier 2026 - 23:46


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