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Financement industriel : « On ne bâtit pas une industrie avec des taux de 12 % », Alla Sène Guèye



Financement industriel : « On ne bâtit pas une industrie avec des taux de 12 % », Alla Sène Guèye
Le président de la Fédération nationale des industries du Sénégal (FNIS), Alla Sène Guèye, a posé un diagnostic sévère sur l'état du secteur industriel national lors de son passage ce dimanche 15 mars 2026 dans l'émission « Point de vue » sur la RTS. Observateur privilégié du secteur depuis 1999, il estime que le pays a subi un recul significatif au cours du dernier quart de siècle, marqué par la disparition progressive d'un tissu industriel autrefois diversifié qui garantissait l'autonomie stratégique du Sénégal. Ce déclin a mécaniquement renforcé la dépendance aux importations et affaibli la compétitivité de filières historiques, un constat d'échec que le président de la FNIS impute directement à l'absence d'une gouvernance industrielle stable et d'une vision à long terme de la part de l'État.
 
L'ampleur de cette désindustrialisation est particulièrement visible dans les secteurs pharmaceutique et textile, où le Sénégal a perdu ses fleurons au profit de concurrents régionaux comme le Maroc ou la Côte d'Ivoire. Alla Sène Guèye a rappelé la présence passée de multinationales telles que Pfizer, Sanofi ou Rhône-Poulenc, aujourd'hui absentes du territoire, ainsi que l'effondrement de la filière textile qui maîtrisait autrefois toute la chaîne de valeur, de la fibre de coton de la SODEFITEX jusqu'à la confection d'uniformes pour l'armée américaine. Cette régression touche également les unités d'assemblage de matériel roulant et d'équipements, laissant un vide qui pèse lourdement sur la balance commerciale et l'emploi industriel.
 
Le président de la FNIS souligne que l'industrie ne peut se gérer de manière conjoncturelle mais nécessite une trajectoire construite sur plusieurs décennies, citant en exemple le modèle marocain qui a su développer des secteurs compétitifs dans l'automobile et la pharmacie grâce à une coordination ministérielle rigoureuse. Au Sénégal, il déplore l'abandon du projet de Conseil supérieur de l'industrie post-dévaluation du franc CFA et note qu'aucun conseil interministériel consacré exclusivement à l'industrie ne s'est tenu depuis la fin des années 1990. Pour lui, cette absence de cadre institutionnel permanent empêche tout dialogue efficace sur les leviers de croissance que sont la formation, la logistique ou les politiques d'exportation.
 
Enfin, Alla Sène Guèye a identifié le financement comme le verrou principal à lever pour toute velléité de relance, affirmant qu'il est impossible de bâtir un tissu industriel viable avec des taux d'intérêt de 12 % remboursables sur seulement cinq ans. Il plaide vigoureusement pour la mise en place d'un cadre de concertation permanent entre l'État, les industriels et les commerçants afin de transformer les stratégies théoriques en résultats concrets sur le terrain. Selon le président de la FNIS, la souveraineté économique du Sénégal passera nécessairement par la construction d'un pont solide entre la décision publique et l'action des entreprises, seules capables de mettre en œuvre la politique industrielle de la nation.


Dimanche 15 Mars 2026 - 18:55


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