► La menace russe s’éloigne de Kharkiv, la deuxième ville de l’Ukraine pilonnée depuis fin février, a annoncé mardi soir Volodymyr Zelensky. « Les localités de Cherkasy Tychky, Rusky Tychky, Roubijné et Bayrak ont été libérées » mais « l’intensité des bombardements dans le district de Kharkiv a augmenté », a précisé l'état-major ukrainien.
► Vladimir Poutine n'a pas l'intention de limiter sa volonté d'occupation à la seule région du Donbass en Ukraine, mais veut porter le conflit à la Transnistrie, région de Moldavie qui a fait sécession en 1990, a déclaré ce mardi la cheffe du renseignement américain, Avril Haines. « Nous estimons que le président Poutine se prépare à un conflit prolongé en Ukraine, durant lequel il a encore l'intention d'atteindre des objectifs au-delà du Donbass », a-t-elle déclaré lors d'une audition au Congrès.
► Le Congrès américain a franchi mardi une première étape vers le déblocage d'une nouvelle enveloppe faramineuse de près de 40 milliards de dollars pour l'Ukraine, suivant Joe Biden dans son soutien indéfectible à Kiev. Ce paquet doit désormais être voté au Sénat.
► À Marioupol, « plus d'un millier » de militaires ukrainiens dont « des centaines de blessés » se trouvent toujours dans l'aciérie Azovstal assiégée par les troupes russes, a indiqué mardi à l'AFP la vice-Première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk.
Les horaires sont donnés en temps universel (TU), cliquez ici pour rafraîchir
L'Ukraine va suspendre l'acheminement du gaz russe vers l'Europe
L'Ukraine a annoncé qu'elle allait suspendre l'acheminement de gaz par sa plate-forme de Novopskov, située dans les territoires séparatistes de l'est de l'Ukraine. Selon elle, ce gazoduc fournit près d'un tiers du combustible acheminé de la Russie vers l'Europe via l'Ukraine. Elle accuse Moscou d'être responsable de cette décision en raison des interférences des « forces d’occupation ».
L'Ukraine est restée une voie de transit majeure pour le gaz russe vers l'Europe, même pendant la guerre de la Russie en Ukraine. GTSOU, qui gère le système gazier ukrainien, a déclaré qu'il arrêterait les expéditions via la route de Sokhranivka à partir de mercredi, en invoquant la « force majeure », une clause invoquée lorsqu'une entreprise est frappée par un événement indépendant de sa volonté, rapporte l'agence Reuters.
Poutine a deux semaines de retard sur ses plans dans le Donbass et le sud de l'Ukraine, selon le Pentagone
Un haut responsable du ministère américain de la Défense a estimé lors d'un briefing à huis clos mardi que le président russe avait environ deux semaine de retard sur ses plans dans le Donbass et le sud de l'Ukraine, rapporte le média ukrainienThe Kyiv Independant, citant Radio Liberty. Le responsable a également déclaré que si l'armée russe continue de concentrer ses forces, elle subit de lourdes pertes et n'a atteint aucun des principaux objectifs de Vladimir Poutine.
Les combats se poursuivent sur l'île aux Serpents, selon le ministère de la Défense britannique
► Vladimir Poutine n'a pas l'intention de limiter sa volonté d'occupation à la seule région du Donbass en Ukraine, mais veut porter le conflit à la Transnistrie, région de Moldavie qui a fait sécession en 1990, a déclaré ce mardi la cheffe du renseignement américain, Avril Haines. « Nous estimons que le président Poutine se prépare à un conflit prolongé en Ukraine, durant lequel il a encore l'intention d'atteindre des objectifs au-delà du Donbass », a-t-elle déclaré lors d'une audition au Congrès.
► Le Congrès américain a franchi mardi une première étape vers le déblocage d'une nouvelle enveloppe faramineuse de près de 40 milliards de dollars pour l'Ukraine, suivant Joe Biden dans son soutien indéfectible à Kiev. Ce paquet doit désormais être voté au Sénat.
► À Marioupol, « plus d'un millier » de militaires ukrainiens dont « des centaines de blessés » se trouvent toujours dans l'aciérie Azovstal assiégée par les troupes russes, a indiqué mardi à l'AFP la vice-Première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk.
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L'Ukraine va suspendre l'acheminement du gaz russe vers l'Europe
L'Ukraine a annoncé qu'elle allait suspendre l'acheminement de gaz par sa plate-forme de Novopskov, située dans les territoires séparatistes de l'est de l'Ukraine. Selon elle, ce gazoduc fournit près d'un tiers du combustible acheminé de la Russie vers l'Europe via l'Ukraine. Elle accuse Moscou d'être responsable de cette décision en raison des interférences des « forces d’occupation ».
L'Ukraine est restée une voie de transit majeure pour le gaz russe vers l'Europe, même pendant la guerre de la Russie en Ukraine. GTSOU, qui gère le système gazier ukrainien, a déclaré qu'il arrêterait les expéditions via la route de Sokhranivka à partir de mercredi, en invoquant la « force majeure », une clause invoquée lorsqu'une entreprise est frappée par un événement indépendant de sa volonté, rapporte l'agence Reuters.
Poutine a deux semaines de retard sur ses plans dans le Donbass et le sud de l'Ukraine, selon le Pentagone
Un haut responsable du ministère américain de la Défense a estimé lors d'un briefing à huis clos mardi que le président russe avait environ deux semaine de retard sur ses plans dans le Donbass et le sud de l'Ukraine, rapporte le média ukrainienThe Kyiv Independant, citant Radio Liberty. Le responsable a également déclaré que si l'armée russe continue de concentrer ses forces, elle subit de lourdes pertes et n'a atteint aucun des principaux objectifs de Vladimir Poutine.
Les combats se poursuivent sur l'île aux Serpents, selon le ministère de la Défense britannique
« Les combats se poursuivent sur l’île aux Serpents (...), la Russie essayant à plusieurs reprises de renforcer sa garnison qui y est exposée », rapporte les renseignements britanniques dans son point quotidien.
« L’Ukraine a frappé avec succès les défenses aériennes russes et les navires de ravitaillement avec des drones Bayraktar, poursuivent-ils. Les navires de ravitaillement russes bénéficient d’une protection minimale dans l’ouest de la mer Noire après le retrait de la marine russe en Crimée suite à la perte du Moskva. Les efforts actuels de la Russie pour augmenter ses forces sur l’île aux Serpents offrent à l’Ukraine plus d’opportunités d’engager des troupes russes et de détruire du matériel. »
L'enjeu est de taille, souligne le rapport : « Si la Russie consolide sa position sur l’île avec des missiles de croisière de défense aérienne stratégique et de défense côtière, elle pourrait dominer le nord-ouest de la mer Noire. »
« L’Ukraine a frappé avec succès les défenses aériennes russes et les navires de ravitaillement avec des drones Bayraktar, poursuivent-ils. Les navires de ravitaillement russes bénéficient d’une protection minimale dans l’ouest de la mer Noire après le retrait de la marine russe en Crimée suite à la perte du Moskva. Les efforts actuels de la Russie pour augmenter ses forces sur l’île aux Serpents offrent à l’Ukraine plus d’opportunités d’engager des troupes russes et de détruire du matériel. »
L'enjeu est de taille, souligne le rapport : « Si la Russie consolide sa position sur l’île avec des missiles de croisière de défense aérienne stratégique et de défense côtière, elle pourrait dominer le nord-ouest de la mer Noire. »
Le régiment Azov publie des photos de soldats blessés dans l’usine Azovstal
Les forces russes ont encore pilonné l’aciérie Azovstal, à Marioupol, cette ville portuaire prise par les Russes où se terrent toujours des dizaines d’Ukrainiens, soldats et civils. Le régiment d'Azov a publié une série de photos sur sa chaîne Telegram qui montrent les conditions de vie des combattants ukrainiens, parfois gravement blessés, retranchés dans l’usine Azovstal.
L'ensemble du monde civilisé doit voir les conditions dans lesquelles vivent les défenseurs de Marioupol, blessés et abîmés et agir ! Dans l'insalubrité, avec des plaies ouvertes, protégés avec des restes de pansements non stériles, sans les médicaments nécessaires et même sans nourriture. Nous demandons à l'ONU et à la Croix-Rouge de faire preuve d'humanité et de réaffirmer les principes fondamentaux sur lesquels vous êtes fondés en secourant les blessés qui ne sont plus des combattants.
« On veut juste la paix et rentrer chez nous »: des réfugiés ukrainiens rentrent de Moldavie
Malgré les combats qui continuent dans l’est et le sud du pays, à la frontière entre la Moldavie et l'Ukraine, ils sont de plus en plus nombreux à retourner chez eux, rapporte notre envoyé spécial à Chisinau, Romain Philipps. D'autant que la Transnistrie, cette région de Moldavie qui a fait sécession, est dans le viseur du Kremlin.
On connaît les plans de la Russie, on dit qu’ils vont construire un corridor vers la Transnistrie mais pour moi c’est mieux d’être à Odessa car il y a ma famille qui est là-bas. Les Moldaves nous ont très bien accueillis, mais ce n’est quand même pas chez moi.
Déposée en voiture au poste frontière de Palanca, une famille poursuit à pied sa route vers l’Ukraine
Le sud-ouest de l'Ukraine dans le viseur de la Russie
La « deuxième phase » de « l'opération militaire spéciale » annoncée par Moscou vise une emprise totale sur le Donbass, et les combats sont particulièrement intenses dans la région de Louhansk. Mais l'attention se porte désormais également sur le sud-ouest du pays. Le président russe Vladimir Poutine veut « étendre » le conflit jusqu'à la Transnistrie, région de Moldavie qui a fait sécession en 1990, a déclaré mardi la cheffe du renseignement américain, Avril Haines.
Le 22 avril, un général russe, Roustam Minnekaïev, avait d'ailleurs fait valoir que « le contrôle du sud de l'Ukraine, c'est également un couloir vers la Transnistrie, où on observe également des cas d'oppression de la population russophone ». Or, la défense des russophones est l'une des justifications par Moscou de la guerre actuelle.
Outre la Crimée annexée en 2014, les troupes russes occupent une grande partie du sud de l'Ukraine, notamment la capitale régionale de Kherson. Selon le commandement ukrainien pour le sud, les troupes russes sont en train de frapper « sans merci » la région de Mykolaïv, qui représente l'ultime verrou avant Odessa, à l'ouest. « Des maisons privées, des installations agricoles ont été endommagées et l'alimentation en électricité de l'une des localités a été interrompue », a-t-il affirmé dans la nuit de mardi à mercredi. Odessa, centre culturel majeur tant pour les Ukrainiens que pour les Russes, a été sporadiquement frappée par des missiles russes depuis le début du conflit.
Dans les environs d'Odessa, « la pression psychologique se poursuit sur la population voisine de la Transnistrie » avec « le possible blocage de la région en raison de la mise hors service du pont du Dniestr, qui a de nouveau été attaqué par des missiles », a aussi avancé le commandement ukrainien pour le sud. Fin avril et début mai, des explosions avaient secoué la Transnistrie, où stationnent des troupes russes depuis une trentaine d'années. La Russie s'était aussitôt dite « alarmée » par ces « actes terroristes », indiquant suivre la situation de près. De son côté, l'Union européenne a annoncé le 4 mai qu'elle allait « considérablement accroître » son aide militaire à la Moldavie. Ce petit pays, non membre de l'Otan, a également reçu le soutien fin avril de Paris et Berlin.
« On est sous le choc »: avec une famille tout juste évacuée, dans la région de Louhansk
Les combats sont vifs dans les régions de Lyman et Severodonetsk dans la région de Louhansk et plus au sud, près de Mariinka, qui jouxte Donetsk, sous contrôle russe. Les habitants de ces régions continuent de fuir lorsqu’ils le peuvent. Nos envoyés spéciaux Anastasia Becchio et Boris Vichith se sont rendus dans la cité ouvrière de Kurakhove, située à une vingtaine de kilomètres de la ligne de front.
On ne pouvait pas mettre un pied dehors. C’était explosion sur explosion. Juste à côté, nos amis ont été tués, un homme de 50 ans et sa femme. C’est tout simplement l’horreur.
De retour à l'Ouest, les familles retrouvent leurs maisons dévastées
Alors que les combats se concentrent dans l’est de l’Ukraine, à l’ouest, la situation est redevenue calme. À Irpin, ville-verrou à l’entrée de Kiev, des combats intenses se sont déroulés et les destructions sont immenses. Les habitants qui avaient fui commencent à rentrer et retrouvent une ville en ruines, racontent nos envoyés spéciaux Murielle Paradon et Sami Boukhelifa dans leur reportage.
La menace russe s'éloigne de Kharkiv, selon l'Ukraine
Un secouriste ukrainien se tient à côté de corps de soldats russes dans le village de Vilkhivka, récemment repris par les forces ukrainiennes près de Kharkiv, le 9 mai 2022
Un secouriste ukrainien se tient à côté de corps de soldats russes dans le village de Vilkhivka, récemment repris par les forces ukrainiennes près de Kharkiv, le 9 mai 2022 AP - Felipe Dana
L'étau russe se desserre sur Kharkiv, la deuxième ville de l'Ukraine située dans l'est et qui était pilonnée depuis fin février, ont affirmé les autorités ukrainiennes dans la nuit de mardi à mercredi. « Nos forces armées nous ont donné à tous de bonnes nouvelles de la région de Kharkiv. Les occupants sont progressivement repoussés de Kharkiv », a dit le président Volodymyr Zelensky dans une vidéo en fin de soirée, mardi. « Je suis reconnaissant à tous nos combattants qui tiennent bon et font preuve d'une force surhumaine pour chasser l'armée d'envahisseurs. »
« Les localités de Cherkasy Tychky, Rusky Tychky, Roubijné et Bayrak ont été libérées » dans la région de cette grande ville, a précisé l'état-major ukrainien sur Facebook. « Ainsi, l'ennemi a été repoussé encore plus loin de Kharkiv, et les occupants ont eu encore moins de possibilités de frapper le centre régional. » Mais « l'intensité des bombardements dans le district de Kharkiv a augmenté », a-t-il aussi relevé. De plus, selon Oleg Snegoubov, chef de l'administration régionale de Kharkiv s'exprimant sur Telegram, « en se retirant, les occupants russes laissent derrière eux des pièges mortels », des mines.
Les quartiers nord et nord-est de Kharkiv, qui comptait environ 1,5 million d'habitants avant la guerre, sont depuis des semaines frappés par des roquettes russes, causant la mort de civils. Fin février, les Russes ont voulu prendre la ville, en vain : les forces ukrainiennes ont résisté et les ont repoussés à quelques kilomètres de là, au prix d'âpres combats.
L'Institut américain d'étude de la guerre (ISW) avait noté en fin de semaine dernière que, dans cette partie orientale du pays, l'armée ukrainienne « fait des progrès significatifs et avancera probablement jusqu'à la frontière russe dans les jours ou semaines à venir ». Cela semble aussi confirmer la tendance qui a émergé sur le front est au cours de ce troisième mois de l'invasion russe: d'un côté, les unités ukrainiennes contre-attaquent et progressent à l'est de Kharkiv, de l'autre, les Russes grignotent petit à petit du terrain à environ 150 km au sud-est de l'avancée ukrainienne, en direction de la partie du Donbass qui n'est pas encore sous contrôle russe ou séparatiste prorusse.
Le Congrès américain franchit une étape vers le déblocage d'une enveloppe de près de 40 milliards de dollars pour l'Ukraine
Le président américain réclamait depuis plusieurs semaines une énorme rallonge budgétaire de 33 milliards de dollars pour soutenir l'Ukraine contre l'invasion russe. Mais, lundi soir, chefs démocrates et républicains se sont mis d'accord pour aller encore plus loin, trouvant un compromis autour d'une enveloppe faramineuse de 40 milliards de dollars, l'équivalent du PIB du Cameroun en 2020.
« Avec ce programme d'aide, l'Amérique envoie au monde entier le signal de notre détermination inébranlable à soutenir le peuple courageux d'Ukraine jusqu'à la victoire » contre Moscou, a souligné Nancy Pelosi, présidente démocrate de la Chambre des représentants, quelques heures avant que ce texte ne soit adopté par des élus des deux camps.
Fait rare dans un Congrès si habitué aux querelles politiques : ces mesures bénéficient d'un très large soutien transpartisan. Ce paquet doit désormais être voté au Sénat, en fin de semaine ou en début de semaine prochaine, avant d'être promulgué par Joe Biden.
Au sein de cette grande enveloppe : 6 milliards de dollars qui doivent permettre à l'Ukraine de s'équiper en véhicules blindés, renforcer sa défense anti-aérienne à l'heure où les combats font toujours rage dans l'est et le sud du pays. Près de 9 milliards de dollars sont également prévus pour assurer entre autres « la continuité des institutions démocratiques ukrainiennes », ainsi qu'un large volet humanitaire.
Les forces russes ont encore pilonné l’aciérie Azovstal, à Marioupol, cette ville portuaire prise par les Russes où se terrent toujours des dizaines d’Ukrainiens, soldats et civils. Le régiment d'Azov a publié une série de photos sur sa chaîne Telegram qui montrent les conditions de vie des combattants ukrainiens, parfois gravement blessés, retranchés dans l’usine Azovstal.
L'ensemble du monde civilisé doit voir les conditions dans lesquelles vivent les défenseurs de Marioupol, blessés et abîmés et agir ! Dans l'insalubrité, avec des plaies ouvertes, protégés avec des restes de pansements non stériles, sans les médicaments nécessaires et même sans nourriture. Nous demandons à l'ONU et à la Croix-Rouge de faire preuve d'humanité et de réaffirmer les principes fondamentaux sur lesquels vous êtes fondés en secourant les blessés qui ne sont plus des combattants.
« On veut juste la paix et rentrer chez nous »: des réfugiés ukrainiens rentrent de Moldavie
Malgré les combats qui continuent dans l’est et le sud du pays, à la frontière entre la Moldavie et l'Ukraine, ils sont de plus en plus nombreux à retourner chez eux, rapporte notre envoyé spécial à Chisinau, Romain Philipps. D'autant que la Transnistrie, cette région de Moldavie qui a fait sécession, est dans le viseur du Kremlin.
On connaît les plans de la Russie, on dit qu’ils vont construire un corridor vers la Transnistrie mais pour moi c’est mieux d’être à Odessa car il y a ma famille qui est là-bas. Les Moldaves nous ont très bien accueillis, mais ce n’est quand même pas chez moi.
Déposée en voiture au poste frontière de Palanca, une famille poursuit à pied sa route vers l’Ukraine
Le sud-ouest de l'Ukraine dans le viseur de la Russie
La « deuxième phase » de « l'opération militaire spéciale » annoncée par Moscou vise une emprise totale sur le Donbass, et les combats sont particulièrement intenses dans la région de Louhansk. Mais l'attention se porte désormais également sur le sud-ouest du pays. Le président russe Vladimir Poutine veut « étendre » le conflit jusqu'à la Transnistrie, région de Moldavie qui a fait sécession en 1990, a déclaré mardi la cheffe du renseignement américain, Avril Haines.
Le 22 avril, un général russe, Roustam Minnekaïev, avait d'ailleurs fait valoir que « le contrôle du sud de l'Ukraine, c'est également un couloir vers la Transnistrie, où on observe également des cas d'oppression de la population russophone ». Or, la défense des russophones est l'une des justifications par Moscou de la guerre actuelle.
Outre la Crimée annexée en 2014, les troupes russes occupent une grande partie du sud de l'Ukraine, notamment la capitale régionale de Kherson. Selon le commandement ukrainien pour le sud, les troupes russes sont en train de frapper « sans merci » la région de Mykolaïv, qui représente l'ultime verrou avant Odessa, à l'ouest. « Des maisons privées, des installations agricoles ont été endommagées et l'alimentation en électricité de l'une des localités a été interrompue », a-t-il affirmé dans la nuit de mardi à mercredi. Odessa, centre culturel majeur tant pour les Ukrainiens que pour les Russes, a été sporadiquement frappée par des missiles russes depuis le début du conflit.
Dans les environs d'Odessa, « la pression psychologique se poursuit sur la population voisine de la Transnistrie » avec « le possible blocage de la région en raison de la mise hors service du pont du Dniestr, qui a de nouveau été attaqué par des missiles », a aussi avancé le commandement ukrainien pour le sud. Fin avril et début mai, des explosions avaient secoué la Transnistrie, où stationnent des troupes russes depuis une trentaine d'années. La Russie s'était aussitôt dite « alarmée » par ces « actes terroristes », indiquant suivre la situation de près. De son côté, l'Union européenne a annoncé le 4 mai qu'elle allait « considérablement accroître » son aide militaire à la Moldavie. Ce petit pays, non membre de l'Otan, a également reçu le soutien fin avril de Paris et Berlin.
« On est sous le choc »: avec une famille tout juste évacuée, dans la région de Louhansk
Les combats sont vifs dans les régions de Lyman et Severodonetsk dans la région de Louhansk et plus au sud, près de Mariinka, qui jouxte Donetsk, sous contrôle russe. Les habitants de ces régions continuent de fuir lorsqu’ils le peuvent. Nos envoyés spéciaux Anastasia Becchio et Boris Vichith se sont rendus dans la cité ouvrière de Kurakhove, située à une vingtaine de kilomètres de la ligne de front.
On ne pouvait pas mettre un pied dehors. C’était explosion sur explosion. Juste à côté, nos amis ont été tués, un homme de 50 ans et sa femme. C’est tout simplement l’horreur.
De retour à l'Ouest, les familles retrouvent leurs maisons dévastées
Alors que les combats se concentrent dans l’est de l’Ukraine, à l’ouest, la situation est redevenue calme. À Irpin, ville-verrou à l’entrée de Kiev, des combats intenses se sont déroulés et les destructions sont immenses. Les habitants qui avaient fui commencent à rentrer et retrouvent une ville en ruines, racontent nos envoyés spéciaux Murielle Paradon et Sami Boukhelifa dans leur reportage.
La menace russe s'éloigne de Kharkiv, selon l'Ukraine
Un secouriste ukrainien se tient à côté de corps de soldats russes dans le village de Vilkhivka, récemment repris par les forces ukrainiennes près de Kharkiv, le 9 mai 2022
Un secouriste ukrainien se tient à côté de corps de soldats russes dans le village de Vilkhivka, récemment repris par les forces ukrainiennes près de Kharkiv, le 9 mai 2022 AP - Felipe Dana
L'étau russe se desserre sur Kharkiv, la deuxième ville de l'Ukraine située dans l'est et qui était pilonnée depuis fin février, ont affirmé les autorités ukrainiennes dans la nuit de mardi à mercredi. « Nos forces armées nous ont donné à tous de bonnes nouvelles de la région de Kharkiv. Les occupants sont progressivement repoussés de Kharkiv », a dit le président Volodymyr Zelensky dans une vidéo en fin de soirée, mardi. « Je suis reconnaissant à tous nos combattants qui tiennent bon et font preuve d'une force surhumaine pour chasser l'armée d'envahisseurs. »
« Les localités de Cherkasy Tychky, Rusky Tychky, Roubijné et Bayrak ont été libérées » dans la région de cette grande ville, a précisé l'état-major ukrainien sur Facebook. « Ainsi, l'ennemi a été repoussé encore plus loin de Kharkiv, et les occupants ont eu encore moins de possibilités de frapper le centre régional. » Mais « l'intensité des bombardements dans le district de Kharkiv a augmenté », a-t-il aussi relevé. De plus, selon Oleg Snegoubov, chef de l'administration régionale de Kharkiv s'exprimant sur Telegram, « en se retirant, les occupants russes laissent derrière eux des pièges mortels », des mines.
Les quartiers nord et nord-est de Kharkiv, qui comptait environ 1,5 million d'habitants avant la guerre, sont depuis des semaines frappés par des roquettes russes, causant la mort de civils. Fin février, les Russes ont voulu prendre la ville, en vain : les forces ukrainiennes ont résisté et les ont repoussés à quelques kilomètres de là, au prix d'âpres combats.
L'Institut américain d'étude de la guerre (ISW) avait noté en fin de semaine dernière que, dans cette partie orientale du pays, l'armée ukrainienne « fait des progrès significatifs et avancera probablement jusqu'à la frontière russe dans les jours ou semaines à venir ». Cela semble aussi confirmer la tendance qui a émergé sur le front est au cours de ce troisième mois de l'invasion russe: d'un côté, les unités ukrainiennes contre-attaquent et progressent à l'est de Kharkiv, de l'autre, les Russes grignotent petit à petit du terrain à environ 150 km au sud-est de l'avancée ukrainienne, en direction de la partie du Donbass qui n'est pas encore sous contrôle russe ou séparatiste prorusse.
Le Congrès américain franchit une étape vers le déblocage d'une enveloppe de près de 40 milliards de dollars pour l'Ukraine
Le président américain réclamait depuis plusieurs semaines une énorme rallonge budgétaire de 33 milliards de dollars pour soutenir l'Ukraine contre l'invasion russe. Mais, lundi soir, chefs démocrates et républicains se sont mis d'accord pour aller encore plus loin, trouvant un compromis autour d'une enveloppe faramineuse de 40 milliards de dollars, l'équivalent du PIB du Cameroun en 2020.
« Avec ce programme d'aide, l'Amérique envoie au monde entier le signal de notre détermination inébranlable à soutenir le peuple courageux d'Ukraine jusqu'à la victoire » contre Moscou, a souligné Nancy Pelosi, présidente démocrate de la Chambre des représentants, quelques heures avant que ce texte ne soit adopté par des élus des deux camps.
Fait rare dans un Congrès si habitué aux querelles politiques : ces mesures bénéficient d'un très large soutien transpartisan. Ce paquet doit désormais être voté au Sénat, en fin de semaine ou en début de semaine prochaine, avant d'être promulgué par Joe Biden.
Au sein de cette grande enveloppe : 6 milliards de dollars qui doivent permettre à l'Ukraine de s'équiper en véhicules blindés, renforcer sa défense anti-aérienne à l'heure où les combats font toujours rage dans l'est et le sud du pays. Près de 9 milliards de dollars sont également prévus pour assurer entre autres « la continuité des institutions démocratiques ukrainiennes », ainsi qu'un large volet humanitaire.
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