L’Agence nationale de l’aquaculture (ANA) a officiellement lancé, ce mardi à Dakar, son Plan stratégique de développement (PSD) 2026-2030, une feuille de route ambitieuse dotée d’un budget de 36,5 milliards de francs CFA. Ce programme vise à faire passer la production aquacole nationale de 3 049 tonnes actuellement à 20 000 tonnes à l’horizon 2030. Présenté par le directeur général de l’ANA, Samba Ka, ce plan est qualifié d'« impératif stratégique » pour pallier la baisse drastique de la consommation de poisson au Sénégal et la surexploitation préoccupante des ressources halieutiques.
L’enjeu de cette rupture est avant tout social et économique, avec un objectif de création de 26 000 emplois et la formation de 10 000 acteurs de la filière. Pour Samba Ka, l'urgence est signalée par des chiffres alarmants : la consommation annuelle de poisson par habitant au Sénégal s'est effondrée, passant de 29 kilos en 2008 à moins de 16 kilos aujourd'hui. En stimulant les investissements via des partenariats public-privé, l'ANA entend non seulement stabiliser les prix sur le marché local, mais aussi bâtir une véritable industrie nationale d'aliments aquacoles pour réduire la dépendance aux importations.
Au-delà de la production, le PSD prévoit une application rigoureuse du Code de l'aquaculture et une modernisation technique des exploitations sur l'ensemble du territoire. Selon le secrétaire général du ministère des Pêches et de l’Économie maritime, Mamadou Abibou Diagne, ce plan doit permettre à l'aquaculture de devenir une alternative crédible à la pêche extractive. En diversifiant les sources de protéines animales, le Sénégal espère ainsi relâcher la pression sur ses écosystèmes marins tout en consolidant sa souveraineté alimentaire nationale.
-
Dette et Réformes : Les coulisses de l’audience entre le Président Faye et la Directrice du FMI
-
Souveraineté économique : Bassirou Diomaye Faye reçoit Danone et la Laiterie du Berger
-
Intégration africaine : Baïdy Agne chiffre les gains de la Zlecaf à 560 milliards d'exportations
-
CONTREBANDE LÉGISLATIVE ET FORFAITURE NORMATIVE (Par Assane Diop)
-
Sénégal : 866 déclarations suspectes et 37 dossiers transmis à la justice en 2025 (CENTIF)




Dette et Réformes : Les coulisses de l’audience entre le Président Faye et la Directrice du FMI


