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Guerre en Ukraine: plus d'un millier de combattants encore retranchés dans l'usine Azovstal, selon un leader séparatiste

Au 85e jour de l'invasion russe en Ukraine, ce jeudi 19 mai, le conflit sera en filigrane de la rencontre jeudi du président américain avec les dirigeants suédois et finlandais qui frappent à la porte de l'Otan pour se protéger de Moscou. Tandis que la confusion règne toujours autour du nombre de militaires restants dans l'usine Azovstal de Marioupol.



► Le président américain Joe Biden reçoit dans la matinée la Première ministre finlandaise et le président suédois à la Maison Blanche au lendemain de l'officialisation de leurs candidatures à l'Otan.
 
► La justice ukrainienne a ouvert mercredi son premier procès pour crime de guerre afin de juger un soldat russe accusé d'avoir abattu un civil non armé. Le jeune militaire a plaidé coupable.
 
► Les États-Unis ont annoncé ce mercredi la réouverture de leur ambassade à Kiev.
 
► L'incertitude demeure sur le nombre de combattants restants dans l'aciérie d'Azovstal de Marioupol. Un chef séparatiste pro-russe a affirmé mercredi qu'un millier de militaires s'y terraient toujours.
 
Le chancelier allemand Olaf Scholz a affirmé jeudi qu'il n'était pas favorable à l'octroi à l'Ukraine d'un « raccourci » en vue d'une adhésion à l'Union européenne (UE) qui, selon lui, n'est « pas une affaire de quelques mois ou quelques années ». « Le fait qu'il n'y ait pas de raccourci sur la voie de l'adhésion à l'UE est un impératif d'équité envers les six pays des Balkans occidentaux » qui souhaitent de longue date rejoindre le bloc européen, a-t-il souligné lors d'un discours devant les députés du Bundestag. Le président français « Emmanuel Macron a raison de souligner que le processus d'adhésion n'est pas une affaire de quelques mois ou de quelques années », a-t-il ajouté.
 
 « Une culture de la dissimulation et du bouc-émissaire » au sein de l'armée russe qui n'est pas sans conséquences, selon le ministère de la Défense britannique
 
Selon le ministère de la Défense britannique, ces dernières semaines, la Russie a licencié des haut-gradés qui n'auraient pas rempli leur mission lors du début de l'invasion de l'Ukraine. Dans son rapport quotidien qui se base sur des informations du renseignement, le ministère cite notamment le cas du lieutenant-général Serhiy Kisel, suspendu après son échec à Kharkiv. Ou encore le vice-amiral Igor Osipov, qui commandait la flotte russe de la mer Noire, vraisemblablement suspendu après le naufrage du croiseur Moskva en avril.
 
« Une culture de la dissimulation et du bouc-émissaire prévaut sans doute au sein de l'armée russe », ce qui aura un impact sur la conduite des opérations, estime l'analyse, dans la mesure où certains responsables pourraient être préoccupés par le faire d'éviter d'être tenus pour responsables des revers de l'armée russe.
 
 « Les autorités d'occupation russes » prévoient de transformer Marioupol en « station balnéaire »
 
« Les forces russes continuent d'infliger des frappes aériennes et d'artillerie à l'usine sidérurgique d'Azovstal, ce qui indique qu'un reste de la défense ukrainienne se trouve toujours dans l'usine malgré les évacuations de ces derniers jours », analyse l'Institute for the study of war (ISW) dans son rapport quotidien.
 
« Les autorités d'occupation russes ont annoncé qu'elles prévoyaient de détruire l'aciérie Azovstal et de transformer Marioupol en station balnéaire, privant ainsi la Russie des principaux avantages économiques qu'elle espérait tirer de la prise de la ville », note l'ISW, qui rappelle que l'usine constituait un élément majeur de l'économie ukrainienne avant la guerre, avec 10 000 emplois, des milliards de recettes en devises et taxes et une production de 7 000 tonnes d'acier.
 
Le chef de la République populaire de Donetsk, Denis Pouchiline, a déclaré qu'ils prévoyaient de raser Azovstal après sa prise pour en faire une « ville de villégiature », « tout en admettant que 60 % des structures de Marioupol ont été détruites au point de ne pas pouvoir être reconstruites ». Un projet qui révélateur de la « victoire à la Pyrrhus » remportée à Marioupol, estime le think tank américain.
 
L'ambassade des États-Unis à Kiev rouvre après trois mois de fermeture
 
« Aujourd'hui, nous reprenons officiellement les opérations à l'ambassade des États-Unis à Kiev. Le peuple ukrainien, avec notre aide sécuritaire, a défendu sa patrie face à l'invasion irresponsable de la Russie, et, en conséquence, la bannière étoilée flotte à nouveau sur l'ambassade », a-t-il déclaré dans un communiqué après la levée du drapeau américain.
 
Les ministres du G7 au chevet de l'Ukraine
 
Maintenir à flot les finances de l'Ukraine, contrer la hausse des prix alimentaires, soutenir les pays vulnérables... Les grands argentiers du G7 n'auront pas assez de leur réunion en Allemagne pour s'atteler à l'ensemble des répercussions économiques de la guerre lancée par Moscou, commente une dépêche de l'Agence France-Presse (AFP).
 
La première urgence de ce rendez-vous, jeudi et vendredi, des ministres des Finances des sept puissances industrielles (États-Unis, Japon, Canada, France, Italie, Royaume-Uni, Allemagne) est de boucler un nouveau tour de table pour couvrir le budget ukrainien du trimestre en cours.
 
Pour faire tourner l'économie du pays, Kiev évalue ses besoins à 5 milliards de dollars par mois. « Nous demandons un soutien financier élevé, mais le prix est également élevé. C'est pour nous un moyen de survivre », avait récemment expliqué à l'AFP le ministre ukrainien des Finances Serguiï Martchenko.
 
Sur la colossale rallonge de 40 milliards de dollars pour l'Ukraine mise sur les rails la semaine dernière par le président américain Joe Biden, quelque 7,5 milliards devraient à court terme abonder le budget ukrainien, selon des sources ministérielles du G7. « Je demanderai à mes homologues de se joindre à nous pour accroître leur soutien financier à l'Ukraine. L'Ukraine a (...) besoin de notre aide et ils en ont besoin maintenant », a martelé la secrétaire au Trésor, Janet Yellen, à son arrivée à Königswinter, banlieue verdoyante de Bonn (ouest) où se tient la réunion.
 
L'invasion de l'Ukraine par la Russie pourrait provoquer des pénuries alimentaires mondiales dans les mois à venir, avertit l'ONU
 
Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a déclaré mercredi que la guerre avait aggravé l'insécurité alimentaire dans les pays les plus pauvres en raison de la hausse des prix et a averti que le monde pourrait être confronté à des famines qui dureraient des années si les exportations ukrainiennes ne revenaient pas aux niveaux d'avant-guerre.
 
Le conflit a interrompu l'approvisionnement des ports ukrainiens, qui exportaient autrefois de grandes quantités d'huile de tournesol ainsi que des céréales telles que le maïs et le blé. L'offre mondiale s'en est trouvée réduite et le prix des produits de substitution a explosé. Selon les Nations unies, les prix mondiaux des denrées alimentaires ont augmenté de près de 30 % par rapport à la même période l'année dernière.
 
Après l’embargo indien sur le blé, la Banque mondiale tente de prévenir les famines
 
S'exprimant à New York mercredi, Antonio Guterres a déclaré que le conflit « menace de faire basculer des dizaines de millions de personnes dans l'insécurité alimentaire, suivie de la malnutrition, de la faim de masse et de la famine ».
 
Le patron de l'ONU appelle la Russie à libérer les exportations de céréales ukrainiennes et l'Occident à ouvrir l'accès des engrais russes aux marchés mondiaux, afin de pouvoir lutter efficacement contre la crise alimentaire mondiale. « La Russie doit permettre l'exportation sûre et sécurisée des céréales stockées dans les ports ukrainiens », explique-t-il. « Des voies de transport alternatives » à la sortie maritime de ces céréales, remplissant notamment des silos à Odessa, « peuvent être explorées – même si nous savons que cela ne suffira pas à résoudre le problème », a-t-il ajouté. Dans le même temps, « la nourriture et les engrais russes doivent avoir un accès complet et sans restriction aux marchés mondiaux », a réclamé le chef de l'ONU.
 
Justin Trudeau qualifie d'« inacceptable » la fermeture de CBC/Radio-Canada
 
Cela faisait 44 ans que le diffuseur public canadien, Radio-Canada, avait ses bureaux en Russie. Mais le Kremlin a annoncé leur fermeture et annule les visas de ses journalistes. Une décision que Moscou justifie comme une réponse à l'interdiction des chaînes du groupe russe Russia Today au Canada et des choix du gouvernement Trudeau.
 
C'est extrêmement choquant.
 
Un mort et des blessés dans une attaque en Russie près de la frontière ukrainienne
 
Une attaque dans un village du sud-ouest de la Russie, situé à la frontière avec l'Ukraine, dans la région de Koursk, a fait un mort et des blessés, a indiqué jeudi le gouverneur de cette région. « Une autre attaque ennemie à Tyotkino, qui a eu lieu à l'aube, s'est malheureusement achevé en tragédie. Pour le moment, nous avons connaissance de la mort d'au moins un civil », indique Roman Starovoyt sur Telegram, précisant que d'autres personnes avaient été blessées et recevaient des soins médicaux.
 
Selon les premières informations, la victime est un chauffeur routier qui effectuait des livraisons dans une distillerie locale qui a été frappée « à plusieurs reprises », a ajouté le gouverneur, laissant entendre que l'attaque venait d'Ukraine, en réponse à l'invasion russe lancée depuis le 24 février.
 
Les secours étaient en train d'éteindre jeudi matin les incendies causés dans le village d'environ 4 000 habitants. « Plusieurs maisons ont été endommagées. On parle également d'obus qui n'ont pas explosé », a poursuivi le gouverneur qui a posté sur Telegram des photos montrant des bâtiments calcinés, avec les vitres soufflées et des brèches dans le sol à l'endroit du bombardement présumé.
 
Les autorités des régions russes frontalières de l'Ukraine ont accusé à plusieurs reprises les forces ukrainiennes de lancer des attaques.
Le point sur la situation sur le terrain
 
Dans l’est de l’Ukraine, « les occupants ont bombardé 43 localités dans les régions de Donetsk et de Lougansk », provoquant la mort d’« au moins quinze civils », a affirmé, mercredi soir, l’armée ukrainienne.
 
Les Russes tentent une percée près de Popasna et en direction de Sievierodonetsk, l’une des grandes villes aux mains des Ukrainiens dans cette zone, a averti un haut responsable local. L'état-major ukrainien a précisé jeudi matin que les « occupants » avaient lancé une offensive et mené des assauts près de Sievierodonetsk « mais ils n'ont pas eu de succès ». L’armée russe cherche à « encercler » et à « vaincre » les unités ukrainiennes « afin de prendre le contrôle total des régions de Donetsk, Louhansk et Kherson », a noté le ministère ukrainien de la Défense. L’est de l’Ukraine est l’objectif prioritaire des troupes russes depuis leur retrait des environs de la capitale ukrainienne fin mars.
 
Le président Volodymyr Zelensky s’est, lui, voulu rassurant : « Les forces armées ukrainiennes (…) vont libérer notre terre pas à pas. Combien de temps cela prendra-t-il ? Seule la situation réelle sur le champ de bataille donnera la réponse à cette question. Nous tentons de le faire le plus vite possible, c’est sûr », a-t-il insisté dans son message vidéo quotidien dans la soirée.
 
Dans ce contexte, les pourparlers entre Moscou et Kiev « n’avancent pas », a jugé, hier, le Kremlin, qui a accusé les négociateurs ukrainiens d’« absence totale de volonté » de parvenir à un règlement politique. La veille, la présidence ukrainienne avait fait retomber sur la Russie la responsabilité de la suspension des négociations.
 
Joe Biden reçoit les dirigeants suédois et finlandais
 
Dès le lendemain du dépôt de leur candidature à l’Otan, la Première ministre suédoise Magdalena Andersson et le président finlandais Sauli Niinistö doivent être reçus à la Maison Blanche ce jeudi dans la matinée. Joe Biden fait son maximum pour afficher son enthousiasme. « Je salue avec chaleur et soutiens avec force les candidatures historiques de la Finlande et de la Suède », a déclaré le président américain Joe Biden. Le 46e président des États-Unis dit vouloir travailler au plus vite avec le Congrès américain et les alliés pour faire rapidement entrer la Suède et la Finlande dans « la plus solide alliance de défense de l’histoire », rapporte notre correspondant aux États-Unis David Thomson.
 
Historiquement non-alignés, ces deux pays nordiques ont opéré un revirement spectaculaire depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie le 24 février, qui a également fait basculer leur opinion publique, auparavant réticente à rejoindre l'Otan. La Finlande partage plus de 1 300 km de frontières avec la Russie.
 
Mais le processus d’intégration risque tout de même de durer quelques mois. Chacun des 30 État membres doit encore faire ratifier ces candidatures par son Parlement. À Washington, le soutien de la classe politique est quasi unanime. Un seul obstacle persiste : la Turquie. Ankara menace d’opposer son véto accusant la Suède de servir de base arrière aux Kurdes du PKK. Des réticences que le chef de la diplomatie américaine tente de dissiper. Anthony Blinken s’est entretenu à nouveau avec son homologue turc à New York mercredi. Une rencontre qualifiée d’extrêmement positive par la Turquie.
 
L'Alliance atlantique est inscrite au menu des deux côtés de l'océan puisque son secrétaire général Jens Stoltenberg doit discuter à Copenhague à la mi-journée avec la Première ministre danoise Mette Frederiksen, dont le pays est membre de l'Otan depuis 1949.
 
Que sait-on de la situation à Marioupol ?
 
 « Les commandants et les combattants de haut rang du (régiment) Azov ne sont pas encore sortis » du dernier bastion de la résistance ukrainienne dans cette cité portuaire, a assuré Denis Pouchiline, un chef séparatiste pro-russe. D'après lui, un millier de membres de cette unité paramilitaire intégrée à l'armée ukrainienne s'y terraient toujours. L'Ukraine avait donné ce même chiffre, mais la semaine dernière alors qu'hier, le ministère russe de la Défense a affirmé mercredi que « 959 combattants (ukrainiens) dont 80 blessés se sont constitués prisonniers » depuis lundi. Des informations que l'Ukraine n'a pas commentées.
 
L'armée russe a concentré ses efforts mercredi « sur le blocage de nos unités près d'Azovstal » avec des tirs d'artillerie et des frappes aériennes, a signalé l'état-major des forces ukrainiennes.
 
La prise totale de Marioupol, sur la mer d'Azov, constituerait une avancée importante pour la Russie. Elle lui permettrait de relier par voie terrestre la péninsule de Crimée, que Moscou a annexée en 2014, aux parties du Donbass déjà aux mains de séparatistes prorusses. Mais la ville est détruite « à 90% » et « 40% de ses infrastructures » sont « irrécupérables », indiquait début avril son maire Vadim Boïtchenko.
 
 « Les Russes volent à Marioupol. Les occupants essaient désormais de remettre en ordre le port de commerce pour exporter l'équivalent de millions de dollars de céréales, de produits métallurgiques » notamment, a fait valoir mercredi soir sur Telegram la mairie de Marioupol.
 
Selon un responsable américain s'exprimant mercredi sous couvert d'anonymat, « des responsables russes reconnaissent que bien qu'elles revendiquent être les "libératrices" de la ville russophone de Marioupol, les troupes russes commettent des actes graves dans la ville, y compris le passage à tabac et l'électrocution de responsables de la ville, et elles pillent des logements ». « Des responsables russes s'inquiètent du fait que ces actes puissent inciter davantage les habitants de Marioupol à résister à l'occupation russe », a-t-il poursuivi.


RFI

Jeudi 19 Mai 2022 - 09:12


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