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Insultes contre les institutions : L’ADHA condamne et salue la posture du procureur de la République

L’Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA) a exprimé sa vive préoccupation face à la multiplication des insultes et attaques verbales visant les institutions de la République.

Dans un communiqué publié le 19 juin, l’organisation condamne « avec la plus grande fermeté » ce qu’elle qualifie de banalisation de l’invective et de l’outrance verbale dans l’espace public.

Selon l’ADHA, ces comportements contribuent à dégrader le débat public, fragilisent le vivre-ensemble et constituent une menace réelle pour la cohésion nationale.

L’organisation estime qu’il est urgent de promouvoir un discours plus responsable et respectueux des valeurs républicaines. Elle a, dans ce sens, salué la posture du procureur de la République face à ces dérives et appelé à un sursaut collectif afin de préserver les fondements du vivre-ensemble et de renforcer le respect des institutions de la République.

Ci-dessous l’intégralité de la déclaration :



Action pour les Droits Humains et l'Amitié (ADHA) suit avec une vive préoccupation la recrudescence, ces derniers temps, des dérives verbales, des injures publiques et des attaques visant des personnalités incarnant les institutions de la République du Sénégal.

Responsables politiques, parlementaires, membres du gouvernement, hauts représentants de l'État: nombreux sont ceux qui ont été la cible de propos d'une rare violence, tenus sur les plateaux de télévision, les réseaux sociaux, dans les espaces publics et divers autres cadres d'expression. Cette situation contribue à installer un climat politique de plus en plus délétère. ADHA condamne avec la plus grande fermeté cette banalisation de l'invective et de l'outrance verbale qui n'épargne désormais ni les institutions ni les personnalités publiques.

Loin d'enrichir le débat démocratique, ces comportements l'appauvrissent, fragilisent le vivre-ensemble et constituent une menace pour la cohésion nationale.

L'actualité récente en offre une illustration préoccupante. Les propos tenus le 13 juin 2026 par Monsieur Abdoul Aziz Diop, ancien conseiller spécial du Président de la République sortant, à l'encontre de Monsieur Ousmane Sonko, Président du parti PASTEF, actuel Président de l'Assemblée nationale, ainsi que des militants de cette formation politique, ont atteint un niveau de virulence incompatible avec les exigences du débat public et les valeurs fondamentales de notre société.

Au-delà de la personne visée, s'attaquer avec une telle violence verbale au Président de l'Assemblée nationale revient à porter atteinte à l'institution qu'il représente et, à travers elle, à l'autorité de la République elle-même.

ADHA tient à saluer la réactivité du Procureur de la République ainsi que sa décision de s'autosaisir de cette affaire. L'organisation l'encourage à poursuivre avec la même rigueur et la même impartialité le traitement de toutes les procédures relatives aux discours de haine, aux injures publiques et aux atteintes portées aux institutions républicaines. Une sanction à la hauteur de la gravité des faits apparaît nécessaire afin de prévenir toute récidive et de rappeler que nul ne peut impunément s'en prendre aux institutions de la République.

Au-delà de l'indispensable réponse judiciaire, ADHA considère que ces dérives révèlent une crise plus profonde des valeurs qui fondent notre vivre-ensemble. Le Sénégal, pays de la Téranga, du cousinage à plaisanterie, du respect des aînés et de la confrontation courtoise des idées, semble progressivement céder du terrain à une culture de l'invective, de l'intolérance et de la stigmatisation.

Face à cette situation, ADHA lance un appel solennel aux autorités religieuses et coutumières afin qu'elles poursuivent leur mission essentielle de préservation et de transmission des valeurs

qui constituent le socle de notre identité nationale. Le Sénégal doit retrouver ce qui a toujours fait sa singularité et sa force: le respect mutuel, l'acceptation de la différence, le dialogue serein entre adversaires politiques et les liens de solidarité qui unissent les citoyens au-delà de leurs divergences.

Enfin, si la justice a le devoir de sanctionner les comportements répréhensibles, la responsabilité de restaurer le civisme et le respect incombe à l'ensemble de la société familles, écoles, universités, médias, organisations de la société civile, autorités religieuses et coutumières. C'est à cette condition que le Sénégal pourra renouer pleinement avec l'esprit de concorde, de dignité et de respect mutuel qui a toujours fait sa grandeur.

 

Moussa Ndongo

Vendredi 19 Juin 2026 - 21:53


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