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Iran: un calme fragile dans la rue, les revendications sociales demeurent

Des dizaines de milliers de manifestants pro-régime se sont rassemblés, mercredi 3 janvier, dans plusieurs villes d'Iran pour condamner les « troubles » qui agitent le pays depuis une semaine.



Iran: un calme fragile dans la rue, les revendications sociales demeurent
 Mercredi 3 janvier au soir, et cela pour la deuxième nuit consécutive, Téhéran et la plupart des villes iraniennes ont été calmes, indique notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi, et cela même si quelques vidéos faisant état de protestations dans de petites villes ont été publiées sur les réseaux sociaux mais sont invérifiables. En tout cas, le pouvoir iranien a visiblement repris les choses en main alors que le chef des Gardiens de la révolution, le général Mohammad Ali Jafari, a annoncé « la fin » de la sédition.
 
Il a ajouté qu’un grand nombre de fauteurs de troubles, formés et entraînés par les groupes contre-révolutionnaires et Moudjahidines du peuple, ont été arrêtés. « Il y aura une action ferme contre eux », a encore affirmé le général Jafari. Par ailleurs, des manifestations massives ont été organisées en soutien au pouvoir dans de nombreuses villes de province et pour dénoncer les violences et les troubles. D'autres manifestations sont prévues aujourd’hui.
 
Enfin, les interpellations se poursuivent à travers le pays. Plusieurs centaines de personnes ont été arrêtées ces derniers jours à Téhéran et en province. La capitale a été très peu touchée. Les gens disent cependant comprendre la colère de ceux qui ont protesté contre les difficultés économiques et la cherté de la vie. En effet, le chômage des jeunes atteint les 30% et il est encore plus élevé en province. Mais, d’une manière générale, ils condamnent les violences.
 
La classe modeste en pointe de la contestation ?
 
Contrairement aux grandes manifestations de 2009, organisées dans les villes par la classe moyenne iranienne, celles-ci sont plutôt portées par les plus pauvres dans les provinces. Pour Vincent Eiffling, chercheur associé au Centre d’études des crises et des conflits internationaux à l’Université catholique de Louvain, en Belgique, « ce sont des personnes qui sont plutôt issues d’un milieu rural, provincial, donc plutôt dans les villes secondaires, et n’ont pas d’accès facile au marché du travail. Pourquoi ? Parce qu’en Iran, structurellement parlant, l’économie souffre d’un manque cruel de petites et de moyennes entreprises manufacturières. Alors ces gens qui ont un faible niveau de qualification et qui jusque-là buvaient les paroles du régime qui remettait toujours les malheurs économiques du pays sur le dos d’interventions extérieures, cette population-là maintenant se réveille. »
 
« On va dire, poursuit le chercheur, qu’elle est arrivée au bout de sa patience et elle exprime pleinement ses frustrations puisqu’il y avait énormément d’attentes qui avaient été suscitées par l’accord sur le nucléaire iranien. Cet accord n’a pas eu l’occasion encore d’avoir les retombées qu’il est supposé avoir. Donc, les gens sont frustrés car ils avaient des attentes qui n’ont pas été réalisées. Vous avez un mouvement de protestation qui a commencé de manière tout à fait isolée, à l’origine à Mashhad. Et suite à cela, beaucoup de personnes en Iran qui étaient frustrées ont pensé : "On n’est pas les seuls, il y a une fenêtre d’opportunité, descendons dans la rue" ».
 

RFI

Jeudi 4 Janvier 2018 - 09:03



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