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Justice : Cheikh Bâ défend le pôle judiciaire financier et rejette toute politisation de l'action des juges



Le président de l'Union des magistrats du Sénégal (UMS), Cheikh Bâ, a vigoureusement défendu l'action du pôle judiciaire financier, estimant que les critiques dont cette juridiction fait l'objet relèvent d'une politisation de la justice. Invité du Jury du Dimanche, il a rappelé que le juge n'élabore pas la loi, mais se limite à l'appliquer. Il a également mis en avant les performances du pôle, qui a instruit 615 dossiers et permis le recouvrement de plus de 36 milliards de francs CFA au profit de l'État.

Selon Cheikh Bâ, l'opinion publique a souvent tendance à juger les décisions de justice en fonction de l'identité des personnes poursuivies plutôt qu'au regard des faits reprochés.

« Au Sénégal, on a tendance à politiser l'action du juge et à apprécier le bien-fondé d'une décision en fonction de la personnalité concernée par un dossier. Or, le juge ne connaît pas les personnes en fonction de leur statut. Il est saisi de faits régis par des lois adoptées selon les procédures prévues. Le juge ne fait pas la loi, il l'applique », a-t-il déclaré.

Le président de l'UMS a également répondu aux critiques visant le pôle judiciaire financier, notamment celles portant sur sa prétendue lenteur ou sur un supposé ciblage de certaines personnalités. Il a insisté sur le fait que cette juridiction s'intéresse exclusivement aux faits qui lui sont soumis.

Installé le 17 septembre 2024, le pôle judiciaire financier a, selon lui, enregistré des résultats significatifs. En deux ans d'activité, « il a instruit 615 dossiers, procédé à 1 090 arrestations et permis le versement de 36,417 milliards de francs CFA » à la Caisse des dépôts et consignations, au titre des cautions et des saisies.

Pour Cheikh Bâ, ces chiffres démontrent l'efficacité de cette juridiction spécialisée. Il estime ainsi que les accusations de lenteur ou de partialité sont infondées et contribuent à fragiliser une institution appelée à jouer un rôle majeur dans la lutte contre la délinquance économique et financière. 

« Si quelqu'un peut produire de meilleures statistiques dans une juridiction africaine comparable, qu'il le fasse. Dire que ce pôle ne travaille pas ou qu'il cible des personnes est injuste. C'est très grave de vouloir coûte que coûte l'affaiblir ou l'abattre », a-t-il affirmé.

À travers cette sortie médiatique, le président de l'UMS a réaffirmé la nécessité de préserver l'indépendance de la justice et de laisser les magistrats exercer leur mission dans le strict respect des lois de la République.



Dimanche 12 Juillet 2026 - 16:10


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