Connectez-vous S'inscrire
PRESSAFRIK.COM , L'info dans toute sa diversité (Liberté - Professionnalisme - Crédibilité)


PRESSAFRIK.COM , L'info dans toute sa diversité (Liberté - Professionnalisme - Crédibilité)



L'Afrique a franchi le triste cap des 10 000 cas de coronavirus signalés et des plus de 500 décès



L'Afrique a franchi le triste cap des 10 000 cas de coronavirus signalés et des plus de 500 décès, selon les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (ACDC).
Alors que le nombre quotidien de nouvelles infections semble diminuer dans certaines parties du monde, certains craignent que l'épicentre du virus ne se déplace vers le continent.
Malgré les efforts déployés pour confiner des villes et des pays, malgré les dons d'équipements de protection, de kits de test et de respirateurs par la Chine, une chose est claire : l'Afrique n'a pas encore inversé la courbe et la marge de manœuvre se réduit.
"Ce que nous constatons, c'est que cette possibilité n'existe plus ou presque plus pour certains pays", déclare le Dr Michel Yao, qui dirige le programme d'intervention d'urgence de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en Afrique.
"Une autre source d'inquiétude est aussi le fait que maintenant que les pays ne peuvent plus gérer cette phase de manière adéquate, ils se dirigent vers une transmission nationale. Nous constatons qu'il y a un certain retard dans la prise en charge,... pour mobiliser davantage de personnes, former davantage de personnes, évaluer les capacités".

 
Il est difficile de comparer des régions ayant des cultures, des économies, et des infrastructures différentes, mais certaines comparaisons permettent de brosser un tableau provisoire.
En étudiant l'augmentation quotidienne du nombre de personnes ayant été testées positif au coronavirus dans le monde, il apparaît que l'Afrique contrôle mieux la propagation que les États-Unis et l'Europe jusqu'à présent.
Mais la comparaison avec l'Asie, où certains pays semblent réduire relativement rapidement l'augmentation quotidienne du nombre de nouveaux cas, ne donne pas de résultats aussi satisfaisants.
Propagation communautaire
Une meilleure comparaison pourrait être faite avec le Moyen-Orient. Là-bas, les cas ont augmenté régulièrement, ainsi que les décès, et la région a maintenant enregistré plus de 78.000 cas au total, selon l'OMS.
Presque tous les pays africains ont signalé des cas, et si la plupart d'entre eux ont eu d'abord des patients ayant attrapé le virus lors de voyages à l'étranger, celui-ci se propage maintenant au sein des communautés.
Différentes variables rendent les prédictions difficiles, et les scénarios les plus pessimistes sont toujours discordants. "Les cas peuvent facilement se multiplier", dit le Dr Yao, "même tripler, voire multiplier par sept à dix par rapport à ce que nous avons actuellement".

En Afrique du Sud, les deux dernières semaines de mars ont vu le nombre de cas confirmés multiplié par 20. En réponse à ce nombre croissant, le président Cyril Ramaphosa a décrété un confinement de trois semaines dans tout le pays à partir du 27 mars.

Il a depuis prolongé cette période jusqu'à la fin avril, le nombre de nouveaux cas quotidiens ayant chuté - bien qu'il soit trop tôt pour dire de manière concluante si le confinement en est la raison.

Ce qui est significatif, c'est l'augmentation des capacités de test en Afrique du Sud.

Le pays a jusqu'à présent effectué environ 60 000 tests pour le Covid-19, la maladie causée par le virus, et en effectue maintenant près de 5 000 par jour, selon le ministre de la santé Zweli Mkhize.
 
Mais par rapport à d'autres pays en proie au virus, cette quantité est encore terriblement insuffisante. L'Italie - l'un des pays les plus durement touchés au monde - a une population similaire à celle de l'Afrique du Sud et a effectué plus de 700 000 tests.
 
Le nombre de tests est encore plus inquiétant dans le reste de l'Afrique.
 
Copyright de l’imageAFP
Image caption
Au Kenya, des agents de santé ont testé des personnes mises en quarantaine.
Le Nigeria et le Kenya ont chacun effectué environ 5 000 tests. Comparez cela aux 600 000 tests effectués en Corée du Sud, dont beaucoup considèrent qu'elle a mené la campagne la plus vigoureuse contre le virus.
 
"Nous constatons une augmentation du nombre de tests, mais je pense que nous pourrions faire beaucoup plus", affirme le Dr Abdhallah Ziraba, chercheur et épidémiologiste au Centre de recherche sur la population et la santé en Afrique.
 
Les test, un goulot d'étranglement
 
Les pays africains se sont battus avec acharnement pour augmenter leur capacité de test.
 
Les ministères de la santé se sont efforcés de convertir des laboratoires privés en centres de tests Covid-19 et de grands laboratoires comme l'Institut Pasteur de Dakar ont - par l'intermédiaire de l'ACDC - organisé des séminaires de formation Covid-19 pour les laboratoires de la région.
 
Mais cela n'a pas suffi. Un des goulots d'étranglement dans la riposte est la capacité limitée des États à s'approvisionner en réactifs nécessaires aux tests.
 
Vous pourriez aussi être intéressé par:
 
Le confinement prolongé en Afrique du Sud
Des Africains expulsés de leurs hôtels en Chine
Coronavirus en Afrique : des mesures contre les "fake news"
Coronavirus : le confinement modifie le mouvement de la terre
Le milliardaire chinois Jack Ma a récemment annoncé le don de plus d'un million de kits de prélèvement d'échantillons aux pays africains. Il n'est pas certain que tout le nécessaire au test sera inclus, mais si c'est le cas, le don pourrait s'avérer essentiel pour stimuler les tests à l'échelle du continent.
 
"Nous savons que la mise au point des tests, leur coût et la logistique impliquent des difficultés, mais nous ne pouvons pas nous reposer sur nos lauriers et nous contenter de penser que les gens ne vont pas mourir", déclare le Dr Ziraba.
 
 
Coronavirus en Afrique : Débusquer les mythes du coronavirus
Selon une étude rédigée par des épidémiologistes de Londres et de Johannesburg, un seul décès déclaré pourrait signifier qu'un pays compte déjà des centaines, voire des milliers de cas.
 
Plus il y aura de tests, plus le continent pourra avoir confiance en ses données et les systèmes qu'il a mis en place pour lutter contre la tendance à la hausse.
 
L'un des principaux problèmes auxquels l'Afrique sera confrontée dans les prochaines semaines est de savoir exactement comment combattre le virus.
 
Jusqu'à présent, la stratégie de confinement de l'Afrique du Sud a montré des signes prometteurs. D'autres pays ont suivi le mouvement.
 
Le pays le plus peuplé d'Afrique, le Nigeria, a confiné Lagos, limitant les déplacements aux activités essentielles.
 
Copyright de l’imageREUTERS
Image caption
Des agents sanitaires ont pulvérisé du désinfectant dans les mosquées de la capitale sénégalaise, Dakar, pour aider à prévenir la propagation du coronavirus.
Une banlieue de la capitale de la République démocratique du Congo, Kinshasa, a suivi le mouvement.
 
Dakar au Sénégal et Nairobi au Kenya ont imposé des couvre-feux, permettant aux gens de continuer à travailler mais empêchant toute activité sociale et les déplacements la nuit.
 
Le spectre d'un confinement total risque cependant de provoquer un arrêt complet de l'activité économique sur tout le continent.
 
Plus d'un tiers de la population du continent vit en dessous du seuil de pauvreté. Alors que la plupart d'entre eux vivent dans des zones rurales et ont potentiellement accès à une agriculture de subsistance, environ 20% vivent dans des zones urbaines et dépendent de la main-d'œuvre occasionnelle pour se nourrir et nourrir leur famille.
 
Risque de malnutrition
S'il s'avère nécessaire de les priver complètement de leurs emplois et des marchés, le nombre de morts potentiels est inconnu.
 
"La récession économique et la détérioration des moyens de subsistance signifient l'appauvrissement, la malnutrition, la détérioration de l'accès aux services de santé de base, et cela signifie aussi des pertes en vies", déclare le Dr Francesco Checci, professeur d'épidémiologie à la London School of Hygiene and Tropical Medicine.
 
"Des vies perdues non seulement parmi les personnes âgées, mais aussi parmi les enfants et les jeunes. Il y a donc là une équation vraiment difficile".
 
Des pays comme le Rwanda ont commencé à distribuer de la nourriture et des ressources en prévision de ces conséquences. Au Cap, en Afrique du Sud, même des gangs notoires ont commencé à aider à distribuer de la nourriture.
 
Au Kenya, des groupes de la société civile ont commencé à collecter des fonds et de la nourriture pour les familles à faibles revenus. L'Ethiopie a déclaré l'état d'urgence, bien que le Premier ministre Abiy Ahmed ait récemment déclaré que "nous ne pouvons pas imposer un confinement comme dans les pays plus développés, car il y a beaucoup de citoyens qui n'ont pas de maison".
 
Les nations africaines ont des ressources limitées pour remplacer les revenus de leurs citoyens. Ces difficultés soulignent à nouveau l'importance du dépistage de masse.
 
"Si nous pouvons tester et avoir une approche stratégique plus localisée pour restreindre les mouvements, cela aiderait vraiment à gérer les ressources", dit le Dr Ngozi Erondu, épidémiologiste spécialiste des maladies infectieuses au sein du groupe de réflexion de Chatham House.
 
"Je pense que nous pouvons être plus créatifs en décidant par exemple les habitants de quels villages peuvent se rendre sur les marchés et quels jours, et faire des rotations afin qu'il y ait moins de zones densément peuplées".
En Ouganda, les marchands ont été invités à dormir près de leurs étals pour éviter la propagation du coronavirus.
En fin de compte, ce sont les efforts et les ressources déployés par les pays africains eux-mêmes qui détermineront le cours de l'épidémie
 
"Les gouvernements doivent investir dans ce domaine, vous ne pouvez pas dire aux gens de ne pas travailler et vouloir qu'ils observent les mesures d'hygiène si vous ne leur donnez pas un moyen de le faire", déclare le Dr Erondu.
 
"Nous allons vraiment commencer à voir si ces mesures de confinement, ces mesures de quarantaine - si elles fonctionnent vraiment - vers la fin du mois d'avril".
 

Bbc Afrique

Samedi 11 Avril 2020 - 18:58



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter