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"La filialisation annoncée de la Senelec doit inquiéter tous les Sénégalais" (Par Alioune Guèye)



"La filialisation annoncée de la Senelec doit inquiéter tous les Sénégalais" (Par Alioune Guèye)
J'aime bien les sorties médiatiques du ministre de l'Énergie et du Pétrole.  À chacune de ses sorties, il fait fuiter les orientations de plus en plus pernicieuses et catastrophiques du gouvernement d'Al Amine Lo.

Dans sa sortie récente, il dit une chose extrêmement inquiétante, à laquelle beaucoup de Sénégalais n'ont pas prêté attention. Le ministre nous dit que filialiser la Senelec n'a rien à voir avec le FMI et la restructuration. C'est justement le problème. Ce projet n'est pas né hier, je le lui accorde. Il avait été imposé au Sénégal dans le cadre du MCA. Je m'y suis toujours opposé étant à l'intérieur. J'avais aussi alerté le PM d'alors, Ousmane Sonko, et fort heureusement le dossier avait été rangé.

Il ressort du tiroir après notre départ. Ce n'est donc pas une contrainte extérieure, c'est un choix. Le choix assumé du gouvernement actuel, entouré de lobbies qui se dévoilent déjà.

On nous explique que filialiser n'est pas privatiser. Sur le papier, non. Dans les faits, filialiser, c'est découper une entreprise en lots cessibles. Et un lot cessible finit toujours par être cédé le jour où l'État a besoin d'argent. On l'a vu avec la SONES et la SDE. On sépare "pour mieux gérer", et l'exploitation part au privé. J'ai résisté pour que Petrosen ne passe à la trappe. Maintenant, la Senelec est le prochain bijou du Sénégal sur la table.

Le problème de la Senelec n'est pas sa forme juridique. C'est son management, les impayés de l'État, et un mix énergétique encore accroché au fuel importé au détriment de notre gaz. Créer trois filiales, trois conseils d'administration, trois directions générales ne baissera pas d'un franc la facture des Sénégalais. Cela ajoutera des coûts et brisera l'unité de commandement. L'exemple de Petrosen en matière de filialisation est déjà assez parlant.

Si le gouvernement pense vraiment que la Senelec souffre d'un problème de structure, qu'il nous dise d'abord ce qu'il a fait sur les vraies causes : où en est l'apurement de la dette de l'État envers la Senelec, où en est la bascule vers notre gaz, qui rend compte du management. Tant que ces trois questions restent sans réponse, la filialisation n'est pas une réforme, c'est une diversion. Et le seul engagement acceptable est son retrait.

Voilà, une fois de plus, la ligne qui nous départage. Les souverainistes (aka les  "populistes") protègent le patrimoine national. Les fossoyeurs (aka les "républicains") le débitent en tranches au profit des lobbies.
Le SUTELEC, l'Assemblée nationale et tous les Sénégalais doivent faire bloc pour empêcher le bradage de ce bijou national qu'est la Senelec.

Par Alioune Guèye
Ancien Directeur général de Petrosen (2024 – 2026)
 

Dia Koussa

Jeudi 3 Septembre 2026 - 16:22


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