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La reprise des hostilités entre le M23 et les FARDC perturbe les consultations de Nairobi

Au premier jour des consultations de Nairobi, la présidence congolaise annonce avoir expulsé de la salle la principale branche du M23, après que les affrontements entre M23 et FARDC ont repris ce samedi dans le Rutshuru. Kinshasa et le mouvement rebelle s’accusent mutuellement d'en être responsables.



Samedi matin et sans attendre que l’ensemble des groupes armés invités arrivent à Nairobi, le comité qui supervise les consultions a décidé de tenir une première réunion, explique notre correspondante dans la capitale kényane, Florence Morice.
 
Autour de la table, il y avait la délégation congolaise menée par Serge Tshibangu, envoyé spécial du président Tshisekedi, la facilitation kényane, et deux délégations du M23, l’aile Makenga actuellement active dans l’Est de la RDC, et l’aile dissidente menée par Jean-Marie Runiga, réfugié depuis 2013 au Rwanda.
 
Une réunion « purement protocolaire », expliquait un participant à midi. Mais lorsqu’est parvenue la nouvelle des combats dans le Rutshuru, l’atmosphère a brutalement changé. La présidence congolaise dit avoir alors « exigé » et « obtenu » de la facilitation que les deux représentants du M23/Mukenga soient expulsés de salle : précisément Benjamin Mbonimpa, le secrétaire exécutif et Lawrence Kaniyuka, chargé des affaires étrangères au sein du mouvement.
 
« Le gouvernement ne veut pas la paix », réagissait au même moment le M23. Samedi soir une source à la présidence assurait que cette expulsion ne signifiait pas une « exclusion du processus » à condition « d’un cessez le feu et d’un retour » du M23 « à ses positions initiales ».
 
Quoi qu’il en soit, c’est un coup dur pour le processus de consultation annoncé jeudi à l’issue du sommet de l’EAC et qui venait tout juste de débuter timidement.
 
Les combats entre ce mouvement rebelle et les FARDC ont donc repris samedi après près de deux semaines d’accalmie constatée dans la zone, souligne notre correspondant à Kinshasa, Patient Ligodi. Les tirs ont commencé vers 15 heures, heure locale, dans le groupement de Jomba, territoire de Rutshuru, dans le Nord-Kivu.
 
Les premiers crépitements de balle ont été localisés au bas de la colline de Bugusa, aux environs de la paroisse catholique de Jomba, le plus grand lieu de culte des fidèles catholiques dans la zone. D’autres tirs ont été entendus vers la cité de Chengerero. Cette agglomération avait déjà été conquise par les combattants du M23 fin mars avant d’être reprise par les forces régulières.
 
Selon les sources de l’armée, ce sont les combattants du M23 qui ont lancé les hostilités en s’attaquant à ses positions en pleine période de trêve décidée en raison des consultations de Nairobi. Ce que dément ce mouvement qui rejette la responsabilité aux FARDC qu’il accuse d'être à l'origine des premiers tirs. Le M23 explique le déploiement de ses forces, par la volonté, dit-il, de sécuriser positions.
 
Sur le terrain, les populations civiles, qui regagnaient déjà leurs habitations suite à l’accalmie constatée ces derniers jours, sont obligées de déserter de nouveau la zone. Certains parmi elles ont même traversé encore une fois la frontière ougandaise.
 

RFI

Dimanche 24 Avril 2022 - 11:05


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