Libye: les forces gouvernementales poursuivent la sécurisation de Syrte

Les milices du gouvernement libyen d'union nationale (GNA) continuent le travail à Syrte pour sécuriser la zone d'al-Giza al-Bahria, dernier retranchement de l'organisation Etat islamique dans la ville portuaire. Le bureau médiatique avait annoncé, ce lundi en milieu de journée, avoir repris le contrôle total de la ville à l'organisation jihadiste. Mais il reste quelques poches de résistance et la sécurisation continue.



Les chargés de communication des milices combattant à Syrte parlent d'une « victoire totale ». Selon eux, Syrte serait reprise, même s'ils reconnaissent quelques poches de résistance. Plusieurs miliciens qui participent à cette offensive lancée le 12 mai afin de reprendre la ville aux mains de l’organisation Etat islamique apparaissent sur une photo diffusée sur la page Facebook du centre de presse de ces milices à l’ordre du gouvernement de Tripoli. Ils sont souriants et font le signe de la victoire. Ils annoncent « le retour de Syrte » au sein de l'Etat libyen.

Mais un responsable militaire sur le terrain reconnaît ce lundi soir qu’il reste encore quelques quinzaines de maisons à libérer dans Syrte et que les accrochages continuent.

Cela fait deux mois que les forces loyales au gouvernement de Tripoli essayent de reprendre le quartier d'al-Giza al-Bahria, un quartier de moins de 3 km2. Les milices de Misrata ont toujours expliqué que les civils restés sur place ralentissaient leur progression. Vingt-deux frappes américaines ont été menées ces dernières heures, annonce Africom, ce qui aurait détruit 63 positions de l’organisation Etat islamique dans la ville. Douze combattants du groupe jihadiste ont été arrêtés et 26 corps trouvés dans les décombres de la ville, dont ceux de femmes et d'enfants.

Si elle se confirme, cette victoire à Syrte serait la seule obtenue pour l'instant par le gouvernement d'union nationale installé à Tripoli fin mars. Ce gouvernement dirigé par Fayez el-Sarraj est issu de l'accord politique signé au Maroc et nommé depuis presque un an. Sa mission qui devait durer une année pourrait être renouvelée. D'où l'importance d'une annonce sur Syrte. Mais le gouvernement ne confirme pas encore, car sa confirmation impose des conséquences sur tous les partis en Libye.

Pour le groupe Etat islamique, la perte de Syrte constitue un dur revers, même si des milliers de ces combattants ont fui la ville vers le sud du pays plongé dans le chaos. Et même s’ils ne se trouvent parfois pas loin de Syrte.

Mais plusieurs chercheurs restent prudents. Ils précisent que même si la perte de Syrte est un coup dur pour le groupe Etat islamique, elle ne signe pas la fin de sa présence en Libye. Les chefs sont partis depuis déjà plusieurs semaines. Plusieurs d'entre eux se trouveraient actuellement avec des combattants dans le sud du pays, à Sebha ou dans le désert, dans ce que l'on appelle le triangle du Salvador où se rejoignent les frontières libyenne, algérienne et nigérienne. Et les forces du gouvernement de Tripoli n'ont pas les moyens de les poursuivre jusque là.


Rfi.fr

Mardi 6 Décembre 2016 - 08:36



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