Chef de projet et coordonnateur des Programmes HIMO à l'Agetip, Amadou Gueye estime que la procédure de licenciement pour motif économique ne respecte pas les dispositions du Code du travail. Selon lui, les articles L.60, L.61, L.62 et suivants imposent à l'employeur de privilégier des alternatives au licenciement, notamment la réduction des salaires, le chômage partiel ou le redéploiement du personnel.
«Nous jugeons cette procédure arbitraire, abusive et illégale à plusieurs égards, parce qu'elle ne respecte aucune des recommandations prévues par le Code du travail. Avant de procéder à des licenciements économiques, l'employeur devait rechercher des solutions alternatives. Or, nous avons subi six mois de chômage technique sans salaire avant d'être licenciés, sans préavis », a-t-il déclaré.
Le délégué du collectif reproche également à la direction de n'avoir associé aucun représentant des travailleurs au processus. Il soutient que l'Agetip ne dispose ni de délégués du personnel ni de syndicat, malgré un effectif d'environ 90 salariés. Selon lui, cette situation contrevient à l'article L.211 du Code du travail, qui prévoit la désignation de délégués du personnel dans les entreprises de cette taille.
Le collectif dénonce par ailleurs un manque de transparence dans le choix des salariés concernés. Amadou Gueye affirme qu'aucune liste officielle des employés visés ni aucun critère de sélection n'ont été communiqués, ce qui, selon lui, ouvre la voie à des décisions arbitraires et discriminatoires.
Il accuse également la direction générale d'avoir épargné certains proches du directeur général tout en licenciant des cadres et chefs de projet. « Les critères retenus relèvent de la discrimination. Le directeur général n'a ni réduit son propre train de vie ni celui de ses proches employés à l'agence. À la place, ce sont des cadres et des chefs de projet qui ont été mis en chômage technique puis licenciés », a-t-il soutenu.
Le collectif remet aussi en cause la réalité des difficultés économiques invoquées pour justifier les licenciements. « À ce jour, aucune preuve n'a été apportée sur l'origine de cette prétendue crise économique. Nous refusons que l'échec d'un management soit imputé à l'État du Sénégal ou au changement de régime », a affirmé M. Gueye.
Estimant que la gestion actuelle de l'Agetip met en péril l'avenir de cette structure créée en 1989, le collectif appelle les autorités à intervenir rapidement. Il demande l'ouverture d'un audit sur la procédure de licenciement ainsi qu'un audit général de l'agence.
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