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Licenciements massifs, problématique foncière... Le secteur extractif local au banc des récusés: S’il vous plaît Monsieur le Président ! (suite et fin)



Parlons foncier ! À la base un découpage foncièrement injuste, indigeste, incohérent et affreusement désastreux pour la Commune de Mboro. Au regard du caractère essentiel de cette « préoccupation de l’heure » à Mboro, il est possible que je déplaise en tentant de refléter la profondeur du malMais, je vous garantis que je m’efforcerai à puiser dans mon répertoire lexique le phrasé plus fidèle possibleEn effet, à côté des rapports d’informations administratives, de bien nombreuses sorties médiatiques et de fortes mobilisations sociales ont pu mieux vous sensibiliser sur cette terrible incohérence territoriale que votre Acte 3 avait promis de corriger. 

Grâce particulièrement aux initiatives de la Plateforme MBORO SOS, les autorités administratives l’ont aussi été mieux sur la nécessité de procéder à un nouveau découpage grâce à un plaidoyer citoyen fort médiatisé. Je puis tout de même reconnaître que les premières démarches pour la correction des limites de notre Commune avaient démarré avec le premier maire de Mboro dont on pense l’illettrisme être la cause principale de ce fameux découpage. Cette opinion n’est pas très proche de la réalité, avouez-le Monsieur le Président ! Et j’estime l'avoir assez clairement démontré, à plusieurs reprises, à chaque accusateur qui, de bonne foi, aura placé le facilitateur de cette opération de morcellement sur le dos du pauvre. Comment peut-on évoquer la responsabilité d’unmaire sur un découpage intervenu le 21 février 2002 avant son élection qui a eu lieu le 12 mai 2002 ? Tout comme l’ex PM,Monsieur Idrissa Seckà qui l’on a prêté un rôle dans le sens de dénuder Mboro pour costumer Darou Khoudoss? Peut-être que oui. Peut-être, nonNonobstant son influence indiscutable au moment des faits, Monsieur Idrissa Seck en sa qualité deDirecteur de Cabinet du président de la République d’alorsque je sache, n’avait pas cette prérogative. Le Président, oui !

En toute logique, ce triste découpage qui a dépossédé la Commune de Mboro de toute sa superficie d’antan ne pouvait espérer la bénédiction d'un fils du terroir en connaissance de cause. Pour avoir été partisan d’un tel crime en tant que fils de Mboro, il fallait ignorer les enjeux de la décentralisation et les perspectives de développement de la nouvelle CommuneurbaineMonsieur le Président, je reste alors convaincu que quelques détails de ce découpage que vous tardez à corriger vous échappe. L’État aurait dû laisser à Mboro une superficie conséquente afin de lui permettre de mieux garantir ses impératifs de développement social et économique ; au lieu de créer la Commune la plus vaste du Sénégal (Darou Khoudoss) à partir de la Commune de la moins vaste (Mboro). Quand nous nous mettons dans un exercice de comparaison entre les deux communes, on s’étonnera davantage des incohérences qui ont toujours résisté à nos nombreuses complaintes. Mais, pour ce papier, j’ai décidé d’étudier le problème à l’aune des concessions minières. La Commune de Darou Khoudoss est composée de 68 villages en plus d’une centaine de hameaux sur une superficie de 520 km² avec une population de plus de 66 601 habitants (ANSD).

Pendant ce temps, Mboro qui
 est à plus de 50 000 habitants, a une superficie de moins de 4km²pour un taux annuel de croissance démographique de près de 10%ToutefoisMonsieur le Président de la Républiquesur les 520km² de superficie, il est important de vous rappeler que la Commune de Darou Khoudoss n’en dispose que moins de la moitié. Première commune minière du Sénégal en termes d’implantation et de production, la concession minière y a fortement entamé ses ressources foncières avec des territoires concédés cumulés de l’ordre de 229,43 km². Il s’agit en tout, des ICS qui sont implantées sur un domaine de 101,27 km²tandis que la GCO s’est installée sur 113,22 km², Africa Energy (6,91 km²), la Centrale Électrique (3,53 km²) et l’Industrie Africaine de Verres (IAV-SA) sur 4,5 km². Les zones classées sont de 222,58 km², pour un total de périmètre de restauration de 168,68 km² rien que dans la Commune de Darou Khoudoss. 

Le dynamisminhérent au secteur extractif marqué par une progression boulimique se moque du patrimoine foncier dont « l’État et les Collectivités Territoriales ont l’obligation de veiller à la préservation ».Dans un tel contexte, observer les ICS tenter de prendre aux paysans de Tobène leurs champs sans satisfaire à leurs exigences minimales ne fait que renforcer la suspicion d’accaparements de terres par les grandes compagnies sur fond de forcing préjudiciable à la cohésion sociale. S’il vous plaît Monsieur le Présidentrevoyez tout ce désordre. Aussi, votre Projet de décret modifiant la Loi N° 72-1288 du 27 octobre 1972 sorti le mercredi 12 août 2020 relatif aux conditions d’affectation et de désaffectation des terres du domaine national comprises dans les communes vient-il à son heure. 

Saviez-vous que les ICS ont une concession de 30 000 hectares ? Et que la GCO s’étend sur un domaine de 44 500 hectares Pensez-vous, Monsieur le Président, laisser encore Mboro s’étouffer dans sa piètre superficie de 310 hectares et les autres communes de la zone dans cette situation aussi injuste au mépris de la cohérence territoriale à laquelle vous avez appelé ? Sur la base de ce Projet de décret, je vous rappelle la nécessité de déclasser le périmètre de restaurationdes Niayes (45 000 hectares) dont l’arrêté est signé le 04 avril1957 par Auguste Michel Marie Pierre Lami, Administrateur colonial du Sénégal (Gouverneur), au profit des communes qui ceinturent les concessions.

Dans ce contexte de conflits fonciers marqués par les 6 hectares litigieux entre Tobène et les ICS, la dépossession des terres des paysans de Ndingler par le milliardaire sénégalais, Monsieur Babacar Ngom de la SEDIMA et plus globalementsur l’affaire du « bradage du littoral dakarois », l’imam aux publications controversées, Amadou Makhtar Kanté, avait laissé un commentaire que j’avais trouvé pertinent sur l’affaire SEDIMA-NDINGLER.

Dans son commentaire, l’imam avait ainsi donc prôné une meilleure implication des populations avec des consultations locales afin de 
mieux motiver les délibérations des Conseils municipaux. Sa préoccupation qui obéissait à un souci de transparence foncière est aussi exigibledans cette partie de la zone des Niayes où la question foncière plomb l’atteinte des ODDaiguise aussi des appétits et autres enjeux spéculatifs. De tout temps, nous avons constaté que la gestion du foncier pose plus de problèmes qu’elle n’en résout avec des démarches spéculatives et des suspicions d’accaparements légitimement grandissantes. La principale cause serait sans nul doute l’épuisement des réserves foncières. Par exemple, sur les 310 hectares de superficie de Mboro, Monsieur le Président, les 280 hectares qui étaient réservés à l’habitat sont totalement épuisés à la suite d’un morcellement aux attributions injustes et irréguliers intervenues il y a juste quelques mois. Devant ce tableau surréaliste et lugubre, dire que Mboro étouffe relève de l’euphémisme.

S’il vous plaît, Monsieur le Président ! Pensez corriger cette incohérence avec une implication lucide des acteurs issus des communes dont les maires ont l’obligation et la possibilité de mieux appréhender le principe de l’Entente Intercommunale(EIC). Le dynamisme de la société civile locale fait qu’il a été maladroit de se passer d’elle lorsque le Préfet, avait convoqué une réunion afin de discuter des possibilités d’extension de la Commune de Mboro. L« consentement libre et motivé » des populations sur toutes les questions foncières est un préalable indispensable comme recommandée par l’association LEGS-Africa dans sa déclaration du 13 juin 2020 suite à la même affaire du « bradage du littoral » de Dakar en particulier et des accaparements de terres constatés un peu partout dans le pays. Votre audit foncier à travers la CNRF vous oblige à assumer toutes les conséquences de ladite étude. J’espère aussi, Monsieur le Président, que ce travail à la fois pénible et périlleux devra impérativement vous aider à mettre à notredisposition toute la cartographie foncière avec la ferme volonté de déposséder toute attribution incriminée de fraudeS’il vous plaît, Monsieur le Président !


PS : J’aurai pu y ajouter cette autre lancinante question qu’estla distribution de l’eau marquée par une gestion anachronique de la société Aquatech-Sénégal. Cependant, puisque vous avez déjà donné des directives au Ministre de tutelle lors du Conseil des ministres tenu le 05 août 2020, j’ai pu comprendre que le cri de détresse vous est parvenu et me suis résigné à l’occulter pour avoir compris qu’une suite sera donnée à cette requête unanimement portée par la population de Mboro : le départ de cette société qui aurait été attributaire de la concession au détriment de seize autres soumissionnaires. Sauf votre respect, Monsieur le Président, il y a fraude sur la marchandise hydraulique que vous vous êtes fait livrer par le Canada. Faites résilier ce contrat, s’il vous plaît !

Ndiaga NDIAYE

Président de MBORO DEBOUT

Membre fondateur de la Plateforme MBORO SOS

Membre du THINK TANK Panafricain, LEGS-Africa.

 


AYOBA FAYE

Mercredi 26 Août 2020 - 12:20


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