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Mali: de la grogne à la mutinerie, un coup de force prévisible?

Le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, a démissionné mardi dans la nuit suite à un coup de force militaire. Il a été arrêté sans résistance, les mutins étant même encouragés par la foule. Le chef de l'État est contesté par une partie de l'opinion malienne depuis plusieurs mois. Alors, ce coup de force était-il prévisible ?



Mali: de la grogne à la mutinerie, un coup de force prévisible?
Jusque lundi dans la nuit, il était difficile d'imaginer un tel scénario. Les militaires étaient jusqu'à présent restés en dehors du mouvement de contestation qui agite le Mali depuis les élections législatives d'avril, rappelle notre correspondante à Bamako, Coralie Pierret.
 
Le M5, une coalition d'opposants composée d'hommes politiques, de représentants de la société civile et de religieux, dénoncent la gabegie dans le pays. Dans les rues, ils réclament depuis plusieurs mois la démission du président. Les mêmes partisans du M5 qui, ce mardi 18 août, sont descendus place de l'Indépendance pour soutenir le mouvement des militaires.
 
Mais au sein de l'armée, la grogne n'est pas nouvelle. L'année dernière, en novembre, les femmes de militaires avaient manifesté à Sévaré, dans le centre du Mali et dans la capitale Bamako. Une émotion déclenchée après la double attaque jihadiste à Mondoro et à Boulkessi où une cinquantaine de soldats avaient perdu la vie. À ce moment, le silence des autorités et du président avait été perçu comme de l'indifférence par certains militaires et des rumeurs de coup d'État avaient circulé.

RFI

Mercredi 19 Août 2020 - 09:28


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