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Mali : un scandale financier de près de 16 milliards de FCFA éclabousse l'INPS

Dans un rapport publié, le lundi 14 septembre, le Bureau du Vérificateur Général (BVG) a révélé près de 16 milliards de FCFA d’irrégularités financières dans la gestion de l’Institut national de prévoyance sociale (INPS) sur la période 2021-2025. Un dossier qui se révèle comme l’un des plus gros scandales financiers depuis le début de la Transition.



Mali : un scandale financier de près de 16 milliards de FCFA éclabousse l'INPS
Des primes et gratifications indus, des prestations non-exécutées, des recrutements sur la base de faux diplômes. Entre irrégularités financières et administrative, l’Institut national de prévoyance sociale se trouve désormais au cœur d’un scandale dantesque. 

Selon le BVG, la gestion de l’INPS au cours des quatre dernières années est entachée d’irrégularités financières à hauteur de 15 989 750 228 de FCFA. Sur ce montant, seulement 64 451 575 de FCFA ont été régularisés après le passage des contrôleurs. Le reliquat non régularisé s’établit ainsi à 15 925 298 453 de FCFA.

Cette hémorragie financière concerne notamment les primes de rendement indues à hauteur de 5,57 milliards de FCFA. En effet, le Bureau du Vérificateur Général révèle que la direction de l’INPS a accordé 8,72 milliards de FCFA au titre des primes, alors que 3,15 milliards de FCFA étaient régulièrement dus. 
 
S’y ajoutent les subventions irrégulières pour un montant de plus de 3 milliards de FCFA. Le rapport cite notamment des enveloppes pour la distribution de vivres, la réalisation de moulins et d’unités de fabrication de savon, l’embouche bovine, le curage de caniveaux, des activités syndicales ou encore des équipements. Le BVG relève que « ces paiements ont été effectués en l’absence d’un plan d’action adopté par le Conseil d’administration ».
 
Le contrôle fait également ressortir 2,48 milliards de FCFA de gratifications indues et 2,11 milliards de FCFA de dépenses exécutées sans le visa du Délégué du Contrôle Financier. Pour ces cas, le BVG précise qu’il s’agit notamment de dépenses de subventions, de réceptions, de formation du personnel, d’honoraires et d’autres charges.

557 millions de FCFA de prestations non exécutées

S’agissant des rémunérations, l’équipe de vérification a décelé plus de 469 millions de FCFA versées en sus des montants fixés par le Conseil d’administration au Directeur général, au Directeur général adjoint et à l’Agent comptable. Ces trois responsables ont respectivement perçus 181,7 millions, 137,9 millions et 149,6 millions de FCFA pendant la période couverte par la vérification.

Le rapport épingle également 557,1 millions de FCFA de prestations considérées comme non exécutées dans les directions régionales de Kayes, Koulikoro et Sikasso. Il s’agit de paiements liés à des abonnements internet par faisceau hertzien, alors que le BVG affirme « n’avoir constaté aucune installation correspondant à ces prestations ».

Recrutements et faux diplômes

Par ailleurs, l’équipe de vérification a constaté que l’INPS ne respecte pas les procédures de recrutement du personnel. « En effet, il a effectué un recrutement de personnel entaché de plusieurs irrégularités, notamment : l’embauche de 291 agents en 2023, 1 236 agents en 2024 et 1 412 agents en 2025 sans plan de recrutement soumis à l’autorisation expresse du Ministre de tutelle », précise le rapport. En outre, « 138 agents recrutés par l’INPS ont fourni des diplômes que les structures de formation censées les avoir délivrés n’ont pas authentifiés ». 
 
Selon le BVG, l’NPS a aussi procédé au recrutement d’agents sur la base d’attestations de stage, de réussite ou d’admissibilité en lieu et place du diplôme ou de l’attestation y afférente. S’y ajoute l’admission au dépôt de candidature de candidats âgés de 15 à 17 ans.

Face à ces nombreuses irrégularités, le Bureau du Vérificateur Général dit avoir dénoncé les faits au président de la Section des comptes de la Cour suprême et au Procureur de la République près le Tribunal de grande instance de la Commune III du District de Bamako, chargé du Pôle national économique et financier. 
 

Bilal Traoré

Mardi 15 Septembre 2026 - 17:44


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