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Migration irrégulière : les arrivées de Sénégalais aux Canaries passent de 9554 à 4918 en un an



Le Programme Opérationnel Conjoint II (POC II) « Aar bakkan – Samm yeleff » a organisé, les 9 et 10 juin à Dakar, un atelier national consacré à l’élaboration de messages stratégiques pour lutter contre la migration irrégulière et promouvoir les opportunités locales.

La cérémonie d’ouverture a été présidée par le Dr Modou Diagne, contrôleur de police, Secrétaire permanent du Comité interministériel de lutte contre la migration irrégulière (CILMI) et représentant du ministre de l’Intérieur. Devant un parterre d’acteurs institutionnels, de partenaires techniques et de représentants de la société civile, il a dressé un bilan chiffré, tout en appelant à une vigilance accrue.

Une baisse symbolique des départs vers les Canaries

« Les premières statistiques fournies par nos centres de collecte et d'analyse des données sur l'immigration attestent des résultats prometteurs de la mise en œuvre de la stratégie nationale au Sénégal, matérialisés par une baisse symbolique des arrivées de ressortissants sénégalais aux îles Canaries, passant de 9554 en 2024 à 4 918 en 2025 », a fait savoir Dr Modou Diagne. 

Selon lui, cette maîtrise relative des flux a eu un impact direct sur la mortalité en mer, qui a considérablement diminué. « Le dispositif opérationnel constitué de la Police nationale et de la Gendarmerie nationale et de la Marine nationale a permis l'interpellation de 6 672 migrants, dont 3 983 étrangers, soit 60 %. Ce qui  montre que le Sénégal est devenu aujourd'hui un pays de transit », a-t-il indiqué. 

Pour Dr Diagne, le démantèlement des réseaux criminels est par ailleurs confirmé par le déffèrement de 309 convoyeurs et l'arraisonnement de 63 embarcations. « Ces résultats découlent directement du renforcement des patrouilles conjointes et de la surveillance maritime », a assuré le représentant du ministre de l’Intérieur. 

Malgré ces avancées, le Dr Modou Diagne a tenu à rappeler que la route atlantique reste dangereuse. « La persistance des tentatives de départ impose le maintien d’une vigilance accrue », a-t-il souligné, plaidant pour une intensification des actions de sensibilisation au niveau local et une adaptation des opérations internationales.

Le Secrétaire permanent du CILMI a par ailleurs rappelé les 5 axes stratégiques de lutte contre la migration irrègulière à savoir : la prévention, la gestion des frontières, la répression des réseaux criminels, l'appui et la protection des migrants et le retour et réintégration.

« La migration est un phénomène humain, un défi qui accompagne l’histoire des peuples, a-t-il déclaré. Lorsqu’elle est organisée et sécurisée, elle participe au développement économique, social et culturel des nations ».  

Il a également rappelé que la migration irrégulière expose des milliers de jeunes à des risques considérables : exploitation, violences physiques et morales, traite des personnes et pertes en vies humaines.

L’atelier du POC II, qui se poursuit ce mercredi, vise à produire des messages de communication adaptés aux réalités locales. « Il ne s’agit pas de slogans génériques venus de la capitale, mais de messages contextualisés, ciblés et porteurs d’espoir concret », a insisté le Dr Diagne, saluant au passage l’engagement constant de l’Union européenne et des partenaires internationaux.

Moussa Ndongo

Mardi 9 Juin 2026 - 19:05


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