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#Migrations - Quand l'environnement et le climat propices des Niayes poussent les jeunes à y rester pour cultiver



Dans notre Chapitre (Avril-Juin) consacré aux Migrations (20 reportages, mini-dossiers, interviews sur la question des Migrations au Sénégal), en collaboration avec l'organisation Article 19, nos avons cherchez à comprendre les motivations liées à l'environnement et au climat qui poussent beaucoup de personnes dans les Niayes à ne pas migrer vers d'autres horizons. Entre Mboro, Diogo et Notto, Maguette Diop et Moustapha Diouf, deux cultivateurs qui accumulent une expérience en maraichage de plus de 20 ans nous expliquent dans cet entretien croisé, pourquoi les Niayes doivent être une destination pour les migrants et non une zone de départ.

Tout d'abord, il faut noter que la caractéristique climatique majeure du secteur de Mboro et de la zone des Niayes en général résulte de l’influence de l’alizé maritime issu des Açores et qui souffle sur la région la majeure partie de l’année. Ce vent frais et humide après son parcours océanique au dessus du courant froid des Canaries, vaut à la région des températures modérées et une hygrométrie élevée.

Les températures moyennes annuelles varient entre 23°C et 25°C avec des minima mensuels de 16°C à 21°C entre novembre et avril et des maxima mensuels de 30°C à 35°C qui s’observent en début d’hivernage, sous l’effet des vents d’est (harmattan). Ces facteurs confèrent à la région des Niayes un micro climat de type « subcanarien » assez favorable aux cultures maraîchères.

Si l'on se réfère au volet étude socio-économique du Projet de gestion optimale des schlamms phosphatés - rejets fins boueux - (GOSPEL) mis en œuvre en collaboration avec les Industries chimiques du Sénégal (ICS) basées à Mboro, publié en décembre 2007 par Sidy Mohamed Seck, la combinaison des principaux éléments du climat (pluviométrie, hygrométrie, température, vent) permet de distinguer trois saisons culturales : la campagne d’hivernage de juillet à octobre où se pratiquent les grandes cultures sous pluies : mil, arachide, niébé… ; la contre saison froide de novembre à février et celle de contre saison sèche de mars à juin, dont les cultures, essentiellement maraîchères, sont irriguées. 
"Les jeunes des Niayes ne doivent pas avoir le complexe de rester cultiver les terres de leurs parents"
Selon Moustapha Diouf, jeune maraicher établi au quartier Diamaguene de Mboro, "les jeunes qui quittent les Niayes pour aller chercher du travail dans les autres régions ou dans d'autres pays ne font pas forcément le bon choix. Les terres de leurs parents sont là, irrigables et s'étendent à perte de vue. Moi, qui vous parle, j'ai décidé d'exploiter les champs de mon père après mes études coraniques. Je ne le regrette pas aujourd'hui. Parce que tous ceux qui vont revenir après avoir migrer vers d'autres pays, je peux aujourd'hui effectuer pour eux des opérations de change pour le montant qu'ils voudront. Ces terres m'ont enrichi. Ce n'est certes pas facile, parce qu'ici, la société est faite de telle sorte que les gens n'ont pas beaucoup de respect pour les agriculteurs et les cultivateurs. Ce qui fait que certains jeunes éprouvent une sorte de complexe à s'investir dans les champs. Mais je vous le dis en toute sincérité, il n'y a pas de moyen plus rapide de s'enrichir et de s'émanciper économiquement".

Trouvé dans son champ, Magette Diop, qui s'active dans le maraichage depuis 41 ans, est moins critique que son jeune collègue, envers ceux qui migrent des Niayes vers d'autres zones.

"J'estime que chacun est maître de ses mouvements et de ses projets. Si les gens décident d'aller à Dakar ou en Europe pour chercher du travail, ce n'est pas mal. C'est peut-être leur destin et ils ne peuvent pas l'échapper. Et puis chacun a son domaine d'évolution. C'est un tout qui fait le développement d'un pays. Si certains s'activent dans l'agriculture, d'autres sont dans l'élevage, le commerce, la mécanique etc.", dit-il.

Avant d'ajouter: "toutefois, l'agriculture doit être le socle du développement. Et les opportunités qui sont ici dans les Niayes sont énormes. Avant toute chose, les populations doivent réfléchir à comment s'investir dans ce secteur, compte tenu de la fertilité des sols et du climat qui est si favorable. J'invite les jeunes à retourner dans les terres et la culture. C'est une voie assurée pour le développement et l'indépendance".


AYOBA FAYE

Vendredi 10 Juin 2022 - 10:35


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