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Mozambique Exposed: au Cabo Delgado, une chape de plomb pèse sur les libertés civiques

Alors que depuis près de dix ans, la région du Cabo Delgado est soumise à la violence du groupe armé des shebabs et aux exactions de ses soldats, très peu d’informations sortent de cette région septentrionale du Mozambique. Les journalistes et les membres de la société civile subissent violences et intimidations. Troisième épisode de l'enquête « Mozambique Exposed » du consortium coordonné par Forbidden Stories à laquelle RFI a contribué.



Mozambique Exposed: au Cabo Delgado, une chape de plomb pèse sur les libertés civiques
Chissale, journaliste pour la publication en ligne Pinnacle News, sort de chez lui, à Pemba, la capitale de la province du Cabo Delgado, dans l’extrême nord du Mozambique. Il retrouve son ami, Abudo Gafuro, devant l’église Maria Auxiliadora. Le journaliste tourne une vidéo dans laquelle il évoque des fraudes électorales. Depuis plusieurs mois, le pays est secoué par la contestation des résultats des élections générales d’octobre. « Je la posterai ce soir », promet-il, quand les deux hommes se séparent.

Quelques heures plus tard, Arlindo Chissale prend un bus pour se rendre à Nacala, quelques centaines de kilomètres plus au Sud. Il doit rejoindre son deuxième travail, dans un cimetière de la ville. Chissale n’est jamais arrivé à destination. Dix-sept mois après sa disparition, il reste toujours introuvable.

Menaces
Les dernières heures connues d’Arlindo Chissale sont racontées par son frère Macario. D’après des témoins qu’il a pu rencontrer, le bus du journaliste a été arrêté, vers le village de Silva Macua, à une centaine de kilomètres à l’ouest de Pemba, par une voiture blanche banalisée. Cinq hommes en sont sortis, dont deux vêtus d’uniformes de la police. Ils ont fait descendre le reporter, l’ont frappé, avant de le pousser dans le véhicule.

La disparition d’Arlindo Chissale n’a pas surpris son entourage. « Il nous avait préparés au pire, confie son frère. Ces derniers temps, il se sentait menacé et persécuté ». Depuis plusieurs années, le reporter travaille sur des sujets sensibles : le terrorisme qui secoue la région, les violences sexuelles perpétrées par les Forces armées du Mozambique (FADM), la corruption ou encore le trafic de drogue.

Juste avant de disparaître, le journaliste a été convoqué à une heure tardive, à une station-service, par Bernardo Ouana, le commandant du 3e commissariat de Pemba. Un rendez-vous qui avait inquiété ses proches.

RFI

Jeudi 11 Juin 2026 - 08:21


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