La société italienne Eni accélère sa cadence en Afrique de l'Ouest, érigeant la région en pilier stratégique de son développement amont.
En Côte d'Ivoire, le groupe et ses partenaires (notamment Petroci et Vitol) ont officialisé un investissement massif de 4 milliards de dollars pour lancer la phase 3 du gisement géant de Baleine, portant l'investissement total cumulé du projet à 8,5 milliards de dollars. Découvert en 2021 avec des ressources estimées à 2,5 milliards de barils de pétrole brut et 3 300 milliards de pieds cubes de gaz naturel, ce champ s'affirme comme une référence continentale.
Du côté de l'opérateur, cette expansion répond à des impératifs d'approvisionnement régional. Le directeur des opérations d’Eni a rappelé lors de la signature que « avec la phase 3, le projet atteindra une capacité de production de 150 000 barils de pétrole par jour, contre 60 000 actuellement, tandis que le plateau de production gazière sera porté à 200 millions de pieds cubes de gaz pour une durée d'au moins douze ans ».
Destiné prioritairement au marché domestique pour alimenter les centrales électriques et l'industrie, ce gaz s'ajoute aux performances du projet intégré OCTP au Ghana, qui couvre à lui seul plus de 50 % des besoins nationaux en électricité grâce à une exploitation rigoureuse des blocs offshore.
Parallèlement, l’entreprise rééquilibre son portefeuille et explore de nouvelles frontières atlantiques. Implanté au Nigéria depuis 1962, le groupe y maintient une production nette d'environ 50 000 barils équivalent pétrole par jour, tout en consolidant ses positions sur des actifs en eaux profondes à fort rendement comme le bloc OML 118.
L'expansion géographique de la société s’est également étendue à la Guinée-Conakry à travers la signature d'un accord portant sur un permis de reconnaissance couvrant quinze blocs offshore du pays. Conclu en juin dernier, ce partenariat en eaux profondes déploie ses activités sur une superficie frontalière estimée à 49 089 kilomètres carrés, au cœur du bassin sédimentaire MSGBC. En Guinée-Bissau, Eni a officialisé sa présence en scellant un protocole d'intention avec le gouvernement pour évaluer le potentiel d'exploration des zones offshore du pays.
Cette dynamique de diversification se poursuit plus au nord, avec l'intérêt porté à cinq blocs offshore en eaux profondes au Sénégal, en plus de ses licences d'exploration sur le bloc A1 en Gambie. Autant d'initiatives qui confirment sa stratégie de maillage du golfe de Guinée et de la zone MSGBC (Mauritanie, Sénégal, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau).
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