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Pollution marine : un plaidoyer lancé pour améliorer la qualité des eaux de baignade au Sénégal



À l’issue d’une rencontre nationale ayant réuni de nombreux acteurs du littoral dakarois, la Surfrider Foundation Sénégal a officiellement lancé un plaidoyer, ce jeudi, à Dakar. Cette action vise à améliorer la qualité des eaux récréatives au Sénégal. L’objectif est clair : informer le public et atteindre, au minimum, un niveau de qualité satisfaisant pour la santé humaine et la préservation de l’environnement.
 

Cette initiative s’appuie sur un programme de suivi et d’analyse mené pendant plus de deux ans. Les résultats révèlent une qualité de l’eau très variable selon les sites et les saisons, parfois préoccupante. Les conséquences de cette pollution sont multiples : risques sanitaires pour les usagers, disparition d’espèces marines, baisse des rendements de la pêche et impact négatif sur l’économie du littoral, notamment le tourisme et les activités nautiques.
 

Selon Claire Stragier, cofondatrice et directrice générale de Surfrider Sénégal, l’étude a été conduite entre octobre 2023 et mars 2026, avec 80 campagnes de prélèvements réalisées sur six sites de la presqu’île dakaroise. « Nous avons effectué environ 476 analyses portant sur des indicateurs bactériologiques comme Escherichia coli et les entérocoques, qui permettent d’évaluer les risques sanitaires liés à la contamination fécale », explique-t-elle.
 

Les résultats montrent qu’une majorité des prélèvements présente une qualité satisfaisante pour la baignade. Toutefois, près de 43 % des échantillons sont jugés non satisfaisants, un chiffre jugé préoccupant. L’étude met également en évidence de fortes disparités entre les sites. Trois zones, dont Ouakam, affichent une qualité d’eau satisfaisante à excellente. En revanche, d’autres sites comme la baie de Ngor, Yoff BCEAO et la baie de Hann présentent des niveaux de pollution élevés nécessitant des actions urgentes.
 

La saison des pluies apparaît comme un facteur aggravant. « Le risque de pollution bactériologique est 2,5 fois plus élevé durant cette période », précise Claire Stragier. Des pics de contamination importants ont notamment été observés dans la baie de Hann, avec des concentrations d’Escherichia coli jusqu’à 63 fois supérieures aux seuils recommandés.
 

Face à ces constats, les autorités locales s’inquiètent. Le maire de Yoff, Seydina Issa Laye Samb, insiste sur le manque d’information des populations : « Les plages restent très fréquentées, alors que les usagers ne sont pas informés des risques. Il est urgent de mettre en place des dispositifs de veille, d’alerte et de communication. »
 

L’édile souligne également les conséquences économiques de cette pollution. La raréfaction des ressources halieutiques affecte directement les revenus des pêcheurs et le niveau de vie des populations. « Le poisson se fait rare, le pouvoir d’achat baisse et la pauvreté progresse en milieu urbain», alerte-t-il, appelant à des solutions durables, notamment en matière de traitement des eaux usées.
 

Même constat du côté des communautés locales. Souleymane Samba, président du conseil des notables de Ngor et gardien de la mer dans le cadre du programme qualité de l’eau, témoigne d’une dégradation alarmante de l’écosystème marin. « Il y a dix ans, on trouvait facilement des poissons, des coquillages, des crabes. Aujourd’hui, tout a disparu à cause des déversements d’eaux usées non traitées », déplore-t-il.
 

Ce plaidoyer marque ainsi une étape importante dans la lutte contre la pollution marine au Sénégal. Les acteurs impliqués appellent à une mobilisation urgente des pouvoirs publics, des collectivités et des citoyens pour préserver durablement les écosystèmes côtiers et garantir la sécurité des usagers des plages.




Jeudi 23 Avril 2026 - 17:27


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