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Proximité entre écoles et marches: Une éducation hypothéquée par le commerce

L’école sénégalaise est menacée. Beaucoup d’établissements scolaires sont en train de se transformer timidement en un fief de délinquants et l’environnement est de plus en plus carnavalesque. Les enseignements se déroulent dans un fond sonore assourdissant provenant des marchés dont l’animation et l’encombrement permettent aux voyous et aux drogués d’entrer discrètement dans les écoles. Une situation d’insécurité totale favorable à la déperdition scolaire au moment où le gouvernement s’est fixé un objectif : l’Education Pour Tous d’ici à 2015.



Une fille qui sort d'une école qui est à proximité du marché Grand yoff
Une fille qui sort d'une école qui est à proximité du marché Grand yoff
Au Sénégal, on note un manque de surveillance de l’environnement immédiat des écoles. C’est l’une des raisons pour lesquelles les établissements scolaires surtout de la capitale Sénégalaise cohabitent le plus souvent avec des activités qui ne s’accommodent guère avec la quiétude dont requiert une bonne éducation. C’est le cas de l’école élémentaire Alassane Ndiaye Alou de la Médina. Elle est située en plein cœur du marché Tilène niché à l’avenue Blaise Diagne. La porte de l’école se confond d’ailleurs à celle des cantines. Elle passe presque inaperçue. Il est très facile pour un non habitué des lieux de se perdre ou d’éprouver des difficultés pour localiser l’établissement scolaire. Il n’y a ni enseigne, ni écriteau qui permet aux visiteurs ou parents d’élèves d’avoir facilement accès.

La cloche de 11h tonne. C’est l’heure de la récréation. Mais on ne dirait même pas. Le vacarme qui vient du marché enveloppe et étouffe celui qui émane de la cour de l’école. Cette forte pollution sonore et puis l’odeur parfois nauséabonde ont fini d’incommoder le personnel enseignant et les élèves qui fréquentent cet établissement. Par la force des choses, ils sont maintenant habitués à ce décor carnavalesque.
Le directeur de l’école Alassane Ndiaye dit Alou, Abdoulaye Gning s’est découragé et avoue son impuissance face à ce phénomène à qui veut l’entendre. «Nous sommes confrontés à une pollution sonore terrible. Marchands et commerçants haranguent les clients, s’égosillent sans se préoccuper des enfants qui étudient dans ces salles. Alors quand-ils y ajoutent de la musique ou des tam-tams, cela devient carrément impossible», a confié de manière désarmée Abdoulaye Gning.
En plus de ces désagréments, le directeur de l’école explique tout en déplorant la fréquentation des commerçants des toilettes de l’école avec tous les risques que cela comporte. «Les vendeurs utilisent toujours nos toilettes. C’est vraiment regrettable, mais on n’y peut rien», se désole-t-il.

Awa Diédhiou

Dimanche 16 Novembre 2008 - 21:23


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