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RDC: inondations et choléra sont le fruit de l'urbanisation anarchique de Kinshasa

En RDC, l'urbanisation de la capitale remise en cause par des spécialistes. Les autorités parlent du changement climatique, mais les urbanistes évoquent, eux, le non-respect des normes en matière de lotissement. Et, en bout de chaîne, ces inondations entraînent une multiplication des cas de choléra qui inquiète les personnels de santé et ONG comme MSF.



 « Nous exigeons qu’on nous montre le document pour savoir si ces gens ont les autorisations de bâtir. Nous sommes surpris parfois de constater qu’ils les ont aussi. D’autres n’en ont pas », constate François Lukanzu, ministre provincial en charge de l'Urbanisme.
Selon les autorités de la ville de Kinshasa, les populations frappées par les inondations et les glissements de terrains ont commis une faute en construisant sur des sites inappropriés.
« Ces victimes habitaient des zones qu’on appelle 'non ædificandi'», poursuit le ministre. C’est-à-dire des zones non constructibles.
Corneille Kanene, architecte urbaniste, lui accuse : « Je veux dire que la ville s’est construite sans urbanisme !», et les personnes en charge «du parcellaire n’ont pas de qualification».
«Je ne mâche pas mes mots en disant que les plans parcellaires qui sont élaborés... avec des avenues perpendiculaires aux courbes des niveaux et sans système d’assainissement, sans drainage – ces rues-là, sur de fortes pentes – on ne peut pas s’étonner après qu’il y ait des érosions et qu’il y ait des éboulements de terrain ».
Alors, quelles solutions proposer aujourd’hui pour la capitale de la République démocratique du Congo ?
« Les solutions étaient déjà données», poursuit Corneille Kanene qui rappelle l'existence d'un plan d’action pour l’habitat validé par le gouvernement en mai 2002-2003…
Propagation du choléra
Les inondations qui frappent Kinshasa entrainent une propagation du choléra, selon Médecins sans frontières. L’épidémie est arrivée dans la capitale en novembre mais, depuis fin décembre, le nombre de nouveau cas suspects enregistrés chaque semaine est passé, selon l’ONG, de 20 en moyenne à près d’une centaine, avec au total, à ce jour, plus de 470 cas suspects recensés et 25 décès. Et cela inquiète le coordonnateur des urgences pour MSF, Jean Liyolongo.
«Nous sommes à plus de 80-100 cas par semaine... et c'est lié aux inondations qui ont provoqué une montée des latrines», explique Jean Liyolongo

RFI

Mercredi 10 Janvier 2018 - 09:10



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