Thiaba Kamara Sy a livré un plaidoyer vibrant pour une refonte de la méthode de gouvernance. Entre critique de l’urgence permanente et rappel des engagements du Président Diomaye Faye, elle a appelé à l'édification d'un « collectif remarquable » pour sortir des cycles de recommencement éternels.
S’exprimant sur les récentes annonces de réformes constitutionnelles et judiciaires du Chef de l'État, Thiaba Kamara Sy a souligné que la « forme est aussi importante que le fond ». Forte de son expérience au sein des comités de rédaction des textes issus du dialogue national, elle a rendu un hommage appuyé à la « haute administration sénégalaise », dont elle a salué la compétence et le dévouement.
Cependant, elle a regretté le fait que ces travaux d’experts se déroulent souvent en vase clos. « Ce qui se fait sans moi, se fait contre moi », a-t-elle indiqué, estimant que sans communication transparente et régulière, les réformes perdent leur légitimité aux yeux des citoyens. Pour elle, le risque est de voir ces textes perçus comme des « lapins sortis d'un chapeau », empêchant l'adhésion populaire nécessaire à tout changement majeur.
L’experte a pointé du doigt l’incapacité du Sénégal à se projeter sur le long terme. « Tout est guidé par l’urgence, par le présent immédiat. La prospective, nous ne connaissons pas cela », a -t-elle déploré.
Ce manque de vision à long terme entraîne, selon elle, un éternel recommencement à chaque alternance politique. Thiaba Kamara Sy a comparé ce phénomène à l’action de « graver sur le sable », « à chaque changement de régime, le travail du personnel technique est balayé au profit de nouvelles nominations politiques, forçant l'administration à redémarrer de zéro ». Au lieu de s'appuyer sur des « identités remarquables » isolées, elle a prôné la construction d'un « collectif remarquable » et intentionnel.
Concernant le Pacte de bonne gouvernance démocratique. Elle a rappelé avec fermeté que l'actuel Président de la République, ainsi qu'une quinzaine d'autres candidats, en sont signataires. Ce pacte n'est pas une simple référence académique, mais un « engagement politique opposable ». « Le pouvoir actuel ne peut pas s’en écarter sans se renier », a-t-elle affirmé, rappellant que ce pacte prévoyait, « la traduction des principes de rupture en plans d'action dès la première année du mandat et le recours systématique aux appels à candidature pour les hauts emplois publics ».
« Il y a eu des centaines de nominations, mais nous sommes toujours dans l'ancien système. Ce n'est pas le cas des appels à candidature promis », a-t-elle signalé.
Pour Thiaba Kamara Sy, la situation actuelle est « anxiogène » pour beaucoup de Sénégalais qui ne voient pas la trajectoire claire du changement promis. Elle a estimé que le changement ne peut se piloter exclusivement de l'intérieur. « On ne peut pas changer un système de l'intérieur sans embarquer l'ensemble de la nation dans ses forces vives ».
Elle a par ailleurs, invité les nouvelles autorités à ne pas succomber à la « flemme » du débat national sous prétexte de rapidité, car, « quand on veut aller vite, on va seul. Mais si on veut aller loin, on y va ensemble », a-t-elle soutenu lors de l'émission grand Jury.
S’exprimant sur les récentes annonces de réformes constitutionnelles et judiciaires du Chef de l'État, Thiaba Kamara Sy a souligné que la « forme est aussi importante que le fond ». Forte de son expérience au sein des comités de rédaction des textes issus du dialogue national, elle a rendu un hommage appuyé à la « haute administration sénégalaise », dont elle a salué la compétence et le dévouement.
Cependant, elle a regretté le fait que ces travaux d’experts se déroulent souvent en vase clos. « Ce qui se fait sans moi, se fait contre moi », a-t-elle indiqué, estimant que sans communication transparente et régulière, les réformes perdent leur légitimité aux yeux des citoyens. Pour elle, le risque est de voir ces textes perçus comme des « lapins sortis d'un chapeau », empêchant l'adhésion populaire nécessaire à tout changement majeur.
L’experte a pointé du doigt l’incapacité du Sénégal à se projeter sur le long terme. « Tout est guidé par l’urgence, par le présent immédiat. La prospective, nous ne connaissons pas cela », a -t-elle déploré.
Ce manque de vision à long terme entraîne, selon elle, un éternel recommencement à chaque alternance politique. Thiaba Kamara Sy a comparé ce phénomène à l’action de « graver sur le sable », « à chaque changement de régime, le travail du personnel technique est balayé au profit de nouvelles nominations politiques, forçant l'administration à redémarrer de zéro ». Au lieu de s'appuyer sur des « identités remarquables » isolées, elle a prôné la construction d'un « collectif remarquable » et intentionnel.
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« Il y a eu des centaines de nominations, mais nous sommes toujours dans l'ancien système. Ce n'est pas le cas des appels à candidature promis », a-t-elle signalé.
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