Qu'elle soit réelle ou supposée, la spéculation sur le riz et le sucre met en lumière une vérité tenace : le Sénégal ne parvient pas encore à nourrir, vêtir et soigner sa population par sa seule production. Or, le consommateur, lui, n'attend pas. Il faut manger chaque jour. À défaut d’une offre locale suffisante, l’importation devient le recours obligé, et l’État, le garant du quotidien. Assurer la disponibilité des denrées essentielles, en quantité comme en qualité, à des prix accessibles et en toute sécurité, est une obligation absolue. C’est ce principe qui guide la politique industrielle et commerciale du ministère, aujourd'hui alignée sur l’Agenda de transformation « Sénégal 2050 ».
L’exercice tient du numéro d’équilibriste. Entre la production locale et les besoins du pays, il reste un fossé que l’on comble par des importations calculées au plus juste, avec une marge de sécurité pour bannir la pénurie. L’Agence de régulation des marchés (ARM) et la Direction du commerce intérieur (DCI) sont les deux bras techniques chargés de piloter cette équation aussi simple que délicate. Face à ce défi, la Déclaration d’importation de produits alimentaires (DIPA) sert de principal levier. Un véritable robinet que l’on ouvre quand la production nationale fait défaut, et que l’on referme dès qu'elle suffit à couvrir les besoins. À ses côtés, les arrêtés de gel et, plus rarement, la péréquation (un mécanisme coûteux qui consiste à stocker les surplus pour les libérer en temps de disette) complètent la panoplie.
Le riz illustre à merveille ce jeu d’équilibre et ses grippages réguliers. Bien qu'apprécié des consommateurs, le riz local dort pourtant dans les magasins : 4 600 tonnes restent en souffrance, faute d’acheteurs, alors que ce volume représente à peine deux jours de consommation nationale. Le nœud du problème n’est pas la qualité, c’est le prix. Entre les riziers et les importateurs, l’entente sur un juste tarif tarde à se nouer.
Face au blocage, le ministère a décidé de passer des paroles aux actes. Alors qu'un film institutionnel vante désormais les vertus du produit national, l’ARM et la DCI ont tapé du poing sur la table en faisant racheter par les importateurs quelque 9 000 tonnes de riz blanc à 350 francs le kilo. Un coup de pouce de plus de trois milliards de francs CFA mobilisés pour désengorger les stocks en urgence. Dans la même logique, le gel des importations de bananes, d’oignons et de pommes de terre vient protéger les récoltes locales le temps de leur écoulement, tandis que l’autorisation de la DIPA est désormais strictement conditionnée à l’achat de riz local.
L’exercice tient du numéro d’équilibriste. Entre la production locale et les besoins du pays, il reste un fossé que l’on comble par des importations calculées au plus juste, avec une marge de sécurité pour bannir la pénurie. L’Agence de régulation des marchés (ARM) et la Direction du commerce intérieur (DCI) sont les deux bras techniques chargés de piloter cette équation aussi simple que délicate. Face à ce défi, la Déclaration d’importation de produits alimentaires (DIPA) sert de principal levier. Un véritable robinet que l’on ouvre quand la production nationale fait défaut, et que l’on referme dès qu'elle suffit à couvrir les besoins. À ses côtés, les arrêtés de gel et, plus rarement, la péréquation (un mécanisme coûteux qui consiste à stocker les surplus pour les libérer en temps de disette) complètent la panoplie.
Le riz local, prisonnier de son prix
Le riz illustre à merveille ce jeu d’équilibre et ses grippages réguliers. Bien qu'apprécié des consommateurs, le riz local dort pourtant dans les magasins : 4 600 tonnes restent en souffrance, faute d’acheteurs, alors que ce volume représente à peine deux jours de consommation nationale. Le nœud du problème n’est pas la qualité, c’est le prix. Entre les riziers et les importateurs, l’entente sur un juste tarif tarde à se nouer.
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