La presse sénégalaise vit ces temps-ci comme un naufragé en pleine mer : à bout de forces, à bout de souffle. Le radeau craque, l’horizon se brouille, et le secours promis n’arrive pas. L’État, qui avait entrepris un assainissement du secteur – louable sur le papier, contesté dans ses méthodes – garde entre ses mains une bouée de sauvetage : 2,9 milliards de francs destinés au Fonds d’appui et de développement de la presse. La bouée est là, bien visible, mais elle reste suspendue au-dessus des flots, inaccessible.
Pourtant, ce sont des vies professionnelles qui s’épuisent. Des rédactions où l’on fait crédit au kiosquier pour tenir jusqu’à la fin du mois. Des journalistes qui rentrent chez eux, fiers de leur plume mais les poches vides. Des titres menacés de disparition pure et simple, emportant avec eux des décennies d’expérience, des voix critiques, des éclats de vérité.
Mais l’État n’est pas le seul comptable de cette débâcle. Les patrons de presse portent aussi leur part de responsabilité. Trop longtemps, ils se sont reposés sur les subventions publiques, oubliant que le métier doit s’adapter à de nouvelles habitudes : lectorat numérique, publicité volatile, concurrence des réseaux sociaux. La presse ne peut plus vivre d’un modèle usé jusqu’à la corde ; elle doit se réinventer pour survivre.
On rétorquera que les caisses sont maigres et les temps difficiles. Mais à quoi sert un pouvoir sans regard sur lui-même ? À quoi sert une démocratie privée de ses miroirs, même fêlés ? Soutenir la presse n’est pas un luxe : c’est une obligation républicaine. Et exiger des patrons qu’ils innovent n’est pas une cruauté : c’est une condition de survie.
Alors, que l’État débloque enfin ces fonds. Que les éditeurs osent, eux aussi, des modèles viables. Ce n’est pas seulement une question de survie pour les médias : c’est une question de dignité pour la Nation.
Pourtant, ce sont des vies professionnelles qui s’épuisent. Des rédactions où l’on fait crédit au kiosquier pour tenir jusqu’à la fin du mois. Des journalistes qui rentrent chez eux, fiers de leur plume mais les poches vides. Des titres menacés de disparition pure et simple, emportant avec eux des décennies d’expérience, des voix critiques, des éclats de vérité.
Mais l’État n’est pas le seul comptable de cette débâcle. Les patrons de presse portent aussi leur part de responsabilité. Trop longtemps, ils se sont reposés sur les subventions publiques, oubliant que le métier doit s’adapter à de nouvelles habitudes : lectorat numérique, publicité volatile, concurrence des réseaux sociaux. La presse ne peut plus vivre d’un modèle usé jusqu’à la corde ; elle doit se réinventer pour survivre.
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