En pleine tourmente budgétaire, le Sénégal a confié la supervision technique de son secteur des jeux et paris sportifs à la société française Sharp Vision. Entre urgence fiscale et discours souverainiste, ce choix interroge la stratégie de l’État face à ses actifs numériques et financiers.
Le marché africain des paris sportifs, dopé par le mobile money et la digitalisation, est en pleine explosion. Pour encadrer cette croissance, le Sénégal a fait appel à Sharp Vision. Ce prestataire français ne se contente plus de fournir des outils informatiques ; il devient l'auditeur de fait des flux financiers et le certificateur des taxes dues à l'État.
Si cette expertise permet une collecte rapide des recettes sans mobiliser une administration déjà sous pression, elle place un acteur étranger au cœur d'un dispositif régalien. Sharp Vision détient désormais les clés de la donnée comportementale et financière d'un secteur stratégique.
Le paradoxe de la souveraineté
Ce choix intervient dans un contexte politique singulier. Alors que le gouvernement de Ousmane Sonko prône la reconquête de la souveraineté économique et la promotion du contenu local, l'éviction des entreprises sénégalaises au profit de Sharp Vision crée un malaise.
Le pays dispose pourtant de compétences techniques nationales capables d'assurer ce suivi. En externalisant, l'État crée une triple dépendance : Sur les normes, la définition de la légalité des flux. Sur les données, l'intelligence stratégique du marché.
Sur le cash, le contrôle direct des recettes fiscales.
La crise de la dette comme accélérateur
Pourquoi ce renoncement à la maîtrise nationale ? La réponse semble se trouver dans les caisses de l'État. En 2025, la révélation d'une dette cachée de plusieurs milliards de dollars a plongé le Sénégal dans une vulnérabilité budgétaire aiguë, provoquant la suspension des aides du FMI.
Dos au mur, le gouvernement privilégie l'efficacité de court terme. Le secteur des jeux est devenu une "manne fiscale" facile à activer, sans coût politique ni réforme structurelle lourde.
« Plutôt que d'investir dans une agence nationale, le Sénégal achète une solution clé en main », résument les observateurs.
Une dépendance durable ?
Le cas Sharp Vision illustre un paradoxe africain : la crise, au lieu de favoriser la relocalisation des compétences, accélère parfois la dépendance envers des prestataires extérieurs. Si l'urgence financière justifie cet arbitrage immédiat, le coût stratégique à long terme la perte de contrôle sur la donnée et la régulation pourrait s'avérer bien plus élevé que la dette initiale.
Le marché africain des paris sportifs, dopé par le mobile money et la digitalisation, est en pleine explosion. Pour encadrer cette croissance, le Sénégal a fait appel à Sharp Vision. Ce prestataire français ne se contente plus de fournir des outils informatiques ; il devient l'auditeur de fait des flux financiers et le certificateur des taxes dues à l'État.
Si cette expertise permet une collecte rapide des recettes sans mobiliser une administration déjà sous pression, elle place un acteur étranger au cœur d'un dispositif régalien. Sharp Vision détient désormais les clés de la donnée comportementale et financière d'un secteur stratégique.
Le paradoxe de la souveraineté
Ce choix intervient dans un contexte politique singulier. Alors que le gouvernement de Ousmane Sonko prône la reconquête de la souveraineté économique et la promotion du contenu local, l'éviction des entreprises sénégalaises au profit de Sharp Vision crée un malaise.
Le pays dispose pourtant de compétences techniques nationales capables d'assurer ce suivi. En externalisant, l'État crée une triple dépendance : Sur les normes, la définition de la légalité des flux. Sur les données, l'intelligence stratégique du marché.
Sur le cash, le contrôle direct des recettes fiscales.
La crise de la dette comme accélérateur
Pourquoi ce renoncement à la maîtrise nationale ? La réponse semble se trouver dans les caisses de l'État. En 2025, la révélation d'une dette cachée de plusieurs milliards de dollars a plongé le Sénégal dans une vulnérabilité budgétaire aiguë, provoquant la suspension des aides du FMI.
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