Le débat sur la solvabilité du Sénégal s’enflamme. Alors que certains experts alertent sur un risque de défaut de paiement dès mars 2026, d’autres pointent la confiance inébranlable des investisseurs régionaux. Analyse sur un duel de chiffres qui divise les spécialistes.
La polémique est née d'un chiffre vertigineux: « 6 075 milliards FCFA ». C’est le besoin de trésorerie estimé pour l’année 2026. Si ce montant inclut le déficit budgétaire (dette à contracter), la part du remboursement effectif (amortissement et intérêts) reste colossale.
Selon les analyses financières, le Sénégal devra décaisser environ 16,5 milliards FCFA chaque jour en 2026 pour honorer ses engagements. Un rythme effréné qui pose une question centrale : l'économie sénégalaise peut-elle générer assez de cash pour tenir la cadence sans sacrifier ses politiques sociales ?
Pour l’expert financier Seydina Alioune Ndiaye, le pays fonce vers un « mur». Son regard se porte sur « mars 2026 », un mois critique où le service de la dette culminera à 747 milliards FCFA.
Avec des Eurobonds se négociant à seulement 50 % de leur valeur sur les marchés internationaux, il estime que la confiance extérieure est rompue. Sa solution est radicale, « engager une restructuration proactive de la dette, à l’image du Ghana », pour éviter un défaut de paiement désordonné qui paralyserait le pays.
« Le marché fait la différence entre la note et la trajectoire »
À l'opposé, le Dr Babo Amadou Ba apporte un démenti par les faits. Pour lui, la « tempête » annoncée est contredite par la réalité du marché financier régional (UMOA-Titres).
Le bilan de l'année 2025 est, selon lui, sans appel. L'État a sollicité 1 050 milliards FCFA sur le marché. Les investisseurs ont proposé 1 779 milliards FCFA. Un taux de couverture de 170 % qui prouve que l'épargne locale et régionale continue de parier sur la signature du Sénégal.
Pour le Dr Ba, tant que les souscriptions sont massives, le risque de défaut est une vue de l'esprit. Les investisseurs miseraient sur la trajectoire de futur pays pétrolier et gazier plutôt que sur les notes dégradées des agences internationales (Moody’s, S&P).
L'arbitrage politique, le choix risqué de la « Non-restructuration »
Le gouvernement, sous l'impulsion du Premier ministre, semble avoir tranché, « pas de restructuration ». Le pari est de s'appuyer sur le Plan de redressement économique et social (PRES) et sur les futures recettes pétrolières pour franchir le cap de 2026. Toutefois, ce choix impose une austérité qui ne dit pas son nom. En 2025, le pays a réussi à payer plus de 2 000 milliards de service de la dette tout en baissant le prix de certaines denrées. Mais pour 2026, la marche est beaucoup plus haute.
Cette tension financière ravive le débat sur le train de vie de l'État. Alors que le gouvernement appelle les populations au sacrifice, l'acquisition de véhicules de luxe par l'Assemblée nationale fait désordre.
Plusieurs observateurs et citoyens estiment qu'il est « indécent » de maintenir des privilèges « véhicules à plusieurs dizaines de millions, indemnités de transport cumulées » alors que le pays doit trouver 16 milliards par jour pour ne pas couler. Pour beaucoup, le succès de la stratégie nationale repose sur un contrat moral, c’est-à-dire, « le sommet de l'État doit être le premier à consentir aux efforts de rationalisation ».
2026, l'année de tous les dangers ?
Le Sénégal dispose d'atouts majeurs, confiance régionale, pétrole, gaz mais fait face à une arithmétique comptable impitoyable. La réussite de ce numéro d'équilibriste dépendra de la capacité des autorités à maintenir la discipline budgétaire tout en préservant la paix sociale.
La polémique est née d'un chiffre vertigineux: « 6 075 milliards FCFA ». C’est le besoin de trésorerie estimé pour l’année 2026. Si ce montant inclut le déficit budgétaire (dette à contracter), la part du remboursement effectif (amortissement et intérêts) reste colossale.
Selon les analyses financières, le Sénégal devra décaisser environ 16,5 milliards FCFA chaque jour en 2026 pour honorer ses engagements. Un rythme effréné qui pose une question centrale : l'économie sénégalaise peut-elle générer assez de cash pour tenir la cadence sans sacrifier ses politiques sociales ?
Pour l’expert financier Seydina Alioune Ndiaye, le pays fonce vers un « mur». Son regard se porte sur « mars 2026 », un mois critique où le service de la dette culminera à 747 milliards FCFA.
Avec des Eurobonds se négociant à seulement 50 % de leur valeur sur les marchés internationaux, il estime que la confiance extérieure est rompue. Sa solution est radicale, « engager une restructuration proactive de la dette, à l’image du Ghana », pour éviter un défaut de paiement désordonné qui paralyserait le pays.
« Le marché fait la différence entre la note et la trajectoire »
À l'opposé, le Dr Babo Amadou Ba apporte un démenti par les faits. Pour lui, la « tempête » annoncée est contredite par la réalité du marché financier régional (UMOA-Titres).
Le bilan de l'année 2025 est, selon lui, sans appel. L'État a sollicité 1 050 milliards FCFA sur le marché. Les investisseurs ont proposé 1 779 milliards FCFA. Un taux de couverture de 170 % qui prouve que l'épargne locale et régionale continue de parier sur la signature du Sénégal.
Pour le Dr Ba, tant que les souscriptions sont massives, le risque de défaut est une vue de l'esprit. Les investisseurs miseraient sur la trajectoire de futur pays pétrolier et gazier plutôt que sur les notes dégradées des agences internationales (Moody’s, S&P).
L'arbitrage politique, le choix risqué de la « Non-restructuration »
Le gouvernement, sous l'impulsion du Premier ministre, semble avoir tranché, « pas de restructuration ». Le pari est de s'appuyer sur le Plan de redressement économique et social (PRES) et sur les futures recettes pétrolières pour franchir le cap de 2026. Toutefois, ce choix impose une austérité qui ne dit pas son nom. En 2025, le pays a réussi à payer plus de 2 000 milliards de service de la dette tout en baissant le prix de certaines denrées. Mais pour 2026, la marche est beaucoup plus haute.
Cette tension financière ravive le débat sur le train de vie de l'État. Alors que le gouvernement appelle les populations au sacrifice, l'acquisition de véhicules de luxe par l'Assemblée nationale fait désordre.
Plusieurs observateurs et citoyens estiment qu'il est « indécent » de maintenir des privilèges « véhicules à plusieurs dizaines de millions, indemnités de transport cumulées » alors que le pays doit trouver 16 milliards par jour pour ne pas couler. Pour beaucoup, le succès de la stratégie nationale repose sur un contrat moral, c’est-à-dire, « le sommet de l'État doit être le premier à consentir aux efforts de rationalisation ».
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