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Soudan: chargé de diriger la transition, le Conseil souverain a été formé

​Les généraux et les leaders de la contestation ont annoncé mardi 20 août la formation du Conseil souverain qui pilotera la transition soudanaise de trois ans et trois mois.



Cette fois, la transition vers un pouvoir civil est en route au Soudan. Avec deux jours de retard, la liste des onze membres du Conseil souverain a été annoncée par Chamseddine Kabbachi, un porte-parole du Conseil militaire de transition, mardi soir, dans une allocution télévisée.

Le Conseil souverain sera présidé pendant 21 mois par le général Abdel Fattah al-Burhan, actuel chef du Conseil militaire de transition qui avait pris les rênes du pays après l'éviction par l’armée en avril du président Omar el-Béchir après trois décennies de pouvoir. Celui-ci est donc de fait dissous.

« Le président du Conseil souverain sera investi demain (mercredi) matin à 11h », a précisé le général Chamseddine Kabbachi.

Comme prévu par l'accord signé samedi entre les militaires et la contestation, le général al-Burhan cédera ensuite la place à un civil pour les 18 mois restants de la transition. Une période de transition qui doit ensuite déboucher sur des élections démocratiques en 2022.

Six civils et cinq militaires

Cette nouvelle instance, qui supervisera une transition d'un peu plus de trois ans, est composée de six civils et cinq militaires. Parmi les militaires donc, on retrouve les principales figures au pouvoir depuis la destitution d'Omar el-Béchir, comme le général Abdel Fattah al-Burhan ou le Chamseddine Kabbachi, qui était donc jusqu’ici le porte-parole du Conseil militaire de transition. Il siégera aux côtés du très controversé Mohammed Hamdan Daglo, alias Hemeti, le chef des redoutées Forces de soutien rapide (FSR), accusées d'avoir tiré sur des manifestants à plusieurs repris ces derniers mois. Mais cela n'inquiète pas outre mesure Rachid Saeed Yagoub, porte-parole de l'Association des professionnels soudanais (APS), un mouvement qui a été l'un des fers de lance de la contestation.

Tout ce que l'on a fait aujourd'hui est le fruit d'un compromis avec nos militaires. Le pouvoir va être transféré d'ici quelques jours à un pouvoir civil. La présence de militaires dans le Conseil de souveraineté ne gênera pas le travail du gouvernement civil. C'est le gouvernement civil qui aura le pouvoir, car c'est un régime démocratique, parlementaire à la britannique, ce n'est pas un régime présidentiel où le Conseil de souveraineté garde la majorité du pouvoir.

Les membres civils du Conseil souverain sont quant à eux bien moins connus des Soudanais. Ce sont des technocrates, des professeurs ou des juristes. Parmi eux, deux femmes, Raja Nicolas Abdel Massih, une copte, et Aisha Moussa, une activiste. Elles représenteront les nombreuses Soudanaises qui ont participé activement à la contestation. « Ils représentent la société soudanaise dans son ensemble, ils représentent aussi toutes les régions du Soudan. C'est ça qui était le principe du choix, explique Rachid Saeed Yagoub, porte-parole de l'APS. Ce n'est pas la filiation politique mais la représentativité et la compétence ».

Une étape importante

Le Conseil souverain doit encore confirmer la validation comme Premier ministre le candidat présenté par la contestation, l’économiste Abdalla Hamdok. Celui-ci devra ensuite former un gouvernement dont la composition doit être annoncée le 28 août.

La formation de ce nouvel exécutif pour gouverner le Soudan est une étape déterminante vers une transition démocratique. Pour Murithi Mutiga, directeur de projet Corne de l'Afrique pour l'organisation International Crisis Group (ICG), ce processus politique est d'abord une réussite exceptionnelle du peuple soudanais et de son pragmatisme.

« Il ne faut pas sous-estimer la réussite du mouvement de protestation soudanais, qui est d'abord d'avoir provoqué la chute d'Omar el-Béchir, souligne-t-il. C'était quand même un autocrate dont le régime semblait solide, même au cours de ses derniers mois au pouvoir. Il avait l'air inamovible. Il avait survécu aux printemps arabes de 2011. Mais avec l'intensité de la crise économique et le niveau de répression déchaîné pendant des années, ainsi que la banqueroute de son propre mouvement politique, il n'est pas surprenant que les gens aient pris la rue par centaines de milliers, malgré les tirs à balles réelles et la torture dans les commissariats, pour finir par réussir à faire tomber cet autocrate. C'est remarquable. Mais je dois dire aussi que l'opposition civile a aussi fait preuve d'un grand pragmatisme. Sans une révolution violente, il paraissait impossible de balayer totalement un régime solidement implanté depuis trois décennies. »

Rfi.fr

Mercredi 21 Août 2019 - 11:29



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