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Syrie : un Aïd de désolation pour les déplacés d’Idlib

Les civils piégés dans le dernier bastion rebelle fuient vers la frontière turque les raids aériens de Moscou et de Damas.



Syrie : un Aïd de désolation pour les déplacés d’Idlib
Les champs d’oliviers des confins nord-ouest de la Syrie, le long de la frontière avec la Turquie, sont devenus le dernier refuge des damnés d’Idlib. Ces zones reculées, tapissées de terre rouge et battues par les vents, abritent des centaines de milliers de rescapés de la campagne de bombardements menée par l’armée syrienne et son allié russe contre la dernière place forte de la rébellion anti-Assad.
 
Sous chaque arbre ou presque, une famille a élu domicile, disposant autour du tronc le peu qu’elle a pu emporter dans sa fuite : quelques matelas, des ustensiles de cuisine, une bassine ou un seau en plastique, des sacs remplis de vêtements et parfois un ventilateur, accessoire incongru en l’absence d’électricité, ou bien une tête de bétail. Le feuillage offre un peu d’ombre et les branches permettent de tendre un fil à linge et une toile de tente, apportant un semblant d’intimité aux femmes du foyer.
 
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« Cela fait vingt-cinq jours que nous sommes là, à manger des conserves de viande et quelques concombres. On a très peu d’aide, très peu d’eau, pas de pain, on doit tout acheter par nous-mêmes », se lamentait la semaine dernière Abou Ahmed Alfendi, un habitant de la province de Hama, échoué dans un camp de fortune de la région d’Atmé, à une centaine de kilomètres au nord de son village, menacé par des frappes. « Ce sera sûrement le pire Aïd de ma vie », ajoutait le père de famille, contacté par WhatsApp, en référence à la fête de la fin du ramadan, célébrée mardi 4 juin dans les zones tenues par l’insurrection – et mercredi dans celles tenues par le régime.
 
« Un cocktail d’armes internationalement bannies »
Les raids aériens des forces loyalistes contre la poche d’Idlib, un territoire dominé par le mouvement djihadiste Hayat Tahrir Al-Cham (HTC), se sont brutalement intensifiés à la fin du mois d’avril. Cette vague de bombardements a fait voler en éclats l’accord russo-turc de Sotchi, qui, au mois de septembre 2018, avait sauvé cette région de 3 millions d’habitants d’une offensive de grande envergure.
 
Mais ce compromis de dernière minute, prévoyant un cessez-le-feu et la mise en place d’une bande démilitarisée, séparant les secteurs insurgés des zones gouvernementales attenantes, n’a été que partiellement appliqué. Les frappes de l’aviation syrienne n’ont jamais réellement cessé et les djihadistes ont refusé de se retirer de la zone tampon, empêchant le régime de rouvrir l’autoroute Damas-Alep, vitale pour le désenclavement de la grande ville du Nord syrien.

Lemonde

Mardi 4 Juin 2019 - 13:25



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