La dernière visite d'un dirigeant tanzanien remonte à 1969, lorsque Julius Nyerere s'était rendu en Union soviétique. Officiellement, plusieurs accords pourraient être conclus dans les domaines de l'énergie, des mines, de l'agriculture, des infrastructures ou encore des transports. Samia Suluhu Hassan participera également au Forum économique international de Saint-Pétersbourg.
Mais cette visite intervient dans un contexte politique particulièrement sensible.
Une visite historique dans un contexte de pressions occidentale
Depuis les élections d'octobre 2025 et les violences qui ont suivi, les États-Unis, plusieurs pays européens et l'Union européenne ont multiplié les critiques à l'égard de Dar es Salaam. À Washington, plusieurs élus américains ont récemment appelé à un réexamen des relations entre les États-Unis et la Tanzanie ainsi qu'à davantage de redevabilité concernant les violations des droits humains signalées après le scrutin.
Pour Alex Vines, directeur du programme Afrique du Conseil européen des relations internationales (ECFR), ce contexte fait partie des éléments qui permettent d'expliquer le calendrier du déplacement. La visite était « attendue de longue date », souligne-t-il. Mais son timing n'est pas anodin. Le chercheur estime que les critiques occidentales formulées depuis octobre 2025 constituent l'un des facteurs qui entourent cette visite, même si elles ne suffisent pas à elles seules à l'expliquer.
Pour autant, Alex Vines ne voit pas dans ce déplacement un bouleversement majeur des équilibres géopolitiques régionaux. Selon lui, Washington sera probablement moins préoccupé par cette visite que les Européens. « Les États-Unis sont aujourd'hui davantage concentrés sur la Chine que sur la Russie », observe-t-il. Bruxelles, en revanche, suivra attentivement les annonces qui pourraient être faites à Moscou. Plusieurs projets européens d'envergure restent en discussion en Tanzanie, notamment dans le secteur énergétique.
La Russie cherche également à renforcer sa présence en Afrique de l'Est, mais elle se retrouve en concurrence avec de nombreux acteurs déjà présents dans le pays : Chine, Union européenne, États du Golfe, Turquie ou encore Égypte. « C'est un marché très concurrentiel », résume Alex Vines.
Des liens anciens entre Moscou et Dar es Salaam
Pour Thomas Kibwana, chercheur tanzanien, la visite de Samia Suluhu Hassan doit avant tout être replacée dans une perspective historique. « Les relations diplomatiques entre nos deux pays ne sont pas nouvelles », rappelle-t-il.
L'Union soviétique fut l'un des premiers États à reconnaître l'indépendance du Tanganyika. Le pays accède à l'indépendance le 9 décembre 1961 et établit des relations diplomatiques avec Moscou trois jours plus tard.
Pour le chercheur, cette histoire commune est souvent oubliée dans les débats actuels. Selon lui, certains observateurs interprètent la visite essentiellement à travers le prisme des tensions récentes avec les partenaires occidentaux, au risque de négliger la dimension économique des relations russo-tanzaniennes. La Russie représente aujourd'hui environ 400 millions de dollars d'investissements en Tanzanie, répartis dans 44 projets qui auraient permis la création de près de 3 000 emplois, explique-t-il.
Moscou est notamment présent dans le secteur des minerais stratégiques, avec plusieurs projets liés à l'exploitation du lithium.
Thomas Kibwana rejette l'idée d'un pivot tanzanien vers la Russie. « Je parlerais davantage d'une diversification des relations que d'une rupture avec l'Occident », explique-t-il. Selon lui, cette stratégie n'est d'ailleurs pas propre à la Tanzanie. Partout sur le continent, de nombreux États africains cherchent à diversifier leurs partenariats économiques et diplomatiques plutôt qu'à s'aligner sur un seul bloc.
Le chercheur rappelle que la Tanzanie a historiquement entretenu des relations avec différents centres de pouvoir, notamment la Russie et la Chine, tout en préservant une tradition de non-alignement.
Pour Alex Vines, la portée réelle de la visite dépendra surtout des accords qui seront effectivement conclus. L'énergie, les mines, l'agriculture, les infrastructures ou encore les transports figurent parmi les secteurs les plus susceptibles de faire l'objet d'annonces. Le spécialiste estime également qu'il faudra observer avec attention d'éventuelles coopérations dans les domaines de la défense ou du nucléaire civil, même si ces sujets n'apparaissent pas officiellement dans le programme.
La visite sera également marquée par la remise à Samia Suluhu Hassan d'une distinction honorifique par une université russe. Selon les organisateurs, cette récompense vise à saluer son action diplomatique, sa politique de diversification des partenariats internationaux ainsi que sa contribution au rayonnement de la Tanzanie. Une distinction qui ne passe pas inaperçue. Alors que plusieurs partenaires occidentaux continuent de dénoncer les violences qui ont suivi les élections d'octobre 2025, l'annonce de cette récompense suscite déjà de nombreux commentaires sur les réseaux sociaux.
Mais cette visite intervient dans un contexte politique particulièrement sensible.
Une visite historique dans un contexte de pressions occidentale
Depuis les élections d'octobre 2025 et les violences qui ont suivi, les États-Unis, plusieurs pays européens et l'Union européenne ont multiplié les critiques à l'égard de Dar es Salaam. À Washington, plusieurs élus américains ont récemment appelé à un réexamen des relations entre les États-Unis et la Tanzanie ainsi qu'à davantage de redevabilité concernant les violations des droits humains signalées après le scrutin.
Pour Alex Vines, directeur du programme Afrique du Conseil européen des relations internationales (ECFR), ce contexte fait partie des éléments qui permettent d'expliquer le calendrier du déplacement. La visite était « attendue de longue date », souligne-t-il. Mais son timing n'est pas anodin. Le chercheur estime que les critiques occidentales formulées depuis octobre 2025 constituent l'un des facteurs qui entourent cette visite, même si elles ne suffisent pas à elles seules à l'expliquer.
Pour autant, Alex Vines ne voit pas dans ce déplacement un bouleversement majeur des équilibres géopolitiques régionaux. Selon lui, Washington sera probablement moins préoccupé par cette visite que les Européens. « Les États-Unis sont aujourd'hui davantage concentrés sur la Chine que sur la Russie », observe-t-il. Bruxelles, en revanche, suivra attentivement les annonces qui pourraient être faites à Moscou. Plusieurs projets européens d'envergure restent en discussion en Tanzanie, notamment dans le secteur énergétique.
La Russie cherche également à renforcer sa présence en Afrique de l'Est, mais elle se retrouve en concurrence avec de nombreux acteurs déjà présents dans le pays : Chine, Union européenne, États du Golfe, Turquie ou encore Égypte. « C'est un marché très concurrentiel », résume Alex Vines.
Des liens anciens entre Moscou et Dar es Salaam
Pour Thomas Kibwana, chercheur tanzanien, la visite de Samia Suluhu Hassan doit avant tout être replacée dans une perspective historique. « Les relations diplomatiques entre nos deux pays ne sont pas nouvelles », rappelle-t-il.
L'Union soviétique fut l'un des premiers États à reconnaître l'indépendance du Tanganyika. Le pays accède à l'indépendance le 9 décembre 1961 et établit des relations diplomatiques avec Moscou trois jours plus tard.
Pour le chercheur, cette histoire commune est souvent oubliée dans les débats actuels. Selon lui, certains observateurs interprètent la visite essentiellement à travers le prisme des tensions récentes avec les partenaires occidentaux, au risque de négliger la dimension économique des relations russo-tanzaniennes. La Russie représente aujourd'hui environ 400 millions de dollars d'investissements en Tanzanie, répartis dans 44 projets qui auraient permis la création de près de 3 000 emplois, explique-t-il.
Moscou est notamment présent dans le secteur des minerais stratégiques, avec plusieurs projets liés à l'exploitation du lithium.
Thomas Kibwana rejette l'idée d'un pivot tanzanien vers la Russie. « Je parlerais davantage d'une diversification des relations que d'une rupture avec l'Occident », explique-t-il. Selon lui, cette stratégie n'est d'ailleurs pas propre à la Tanzanie. Partout sur le continent, de nombreux États africains cherchent à diversifier leurs partenariats économiques et diplomatiques plutôt qu'à s'aligner sur un seul bloc.
Le chercheur rappelle que la Tanzanie a historiquement entretenu des relations avec différents centres de pouvoir, notamment la Russie et la Chine, tout en préservant une tradition de non-alignement.
Pour Alex Vines, la portée réelle de la visite dépendra surtout des accords qui seront effectivement conclus. L'énergie, les mines, l'agriculture, les infrastructures ou encore les transports figurent parmi les secteurs les plus susceptibles de faire l'objet d'annonces. Le spécialiste estime également qu'il faudra observer avec attention d'éventuelles coopérations dans les domaines de la défense ou du nucléaire civil, même si ces sujets n'apparaissent pas officiellement dans le programme.
La visite sera également marquée par la remise à Samia Suluhu Hassan d'une distinction honorifique par une université russe. Selon les organisateurs, cette récompense vise à saluer son action diplomatique, sa politique de diversification des partenariats internationaux ainsi que sa contribution au rayonnement de la Tanzanie. Une distinction qui ne passe pas inaperçue. Alors que plusieurs partenaires occidentaux continuent de dénoncer les violences qui ont suivi les élections d'octobre 2025, l'annonce de cette récompense suscite déjà de nombreux commentaires sur les réseaux sociaux.
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