Dans une analyse consacrée à la situation migratoire à Ceuta, le chercheur et président d’Horizon Sans Frontières, Boubacar Seye, invite à changer de regard sur les crises aux frontières de l'Europe. Selon l'expert, les événements survenus dans l'enclave espagnole ne relèvent pas du simple fait divers sécuritaire, mais révèlent la mutation de la mobilité humaine en un levier stratégique de la diplomatie internationale.
Pour Boubacar Seye, qualifier les traversées massives à Ceuta de simple « assaut migratoire » ou de querelle éphémère entre Rabat et Madrid constitue une erreur d'analyse. La frontière d'Afrique du Nord est devenue le point de jonction où s'entrechoquent les intérêts souverains du Maroc, de l'Espagne et de l'Union européenne. La maîtrise des flux s'impose désormais comme un instrument de négociation au même titre que l'énergie ou le commerce.
L'analyse met en lumière les tensions structurelles qui alimentent la pression aux frontières. D'un côté, le chômage des jeunes, la précarité et les dérèglements climatiques continuent de pousser vers le départ une population privée de perspectives, souvent exploitée par des réseaux criminels de passeurs. De l'autre, l'Union européenne maintient une posture contradictoire en exigeant un blindage de ses frontières extérieures tout en restant tributaire de la main-d'œuvre étrangère pour soutenir plusieurs secteurs de son économie.
Face à ce qu'il qualifie d'échec des réponses exclusivement sécuritaires, le président d'Horizon Sans Frontières préconise une refonte globale des politiques migratoires. Cette démarche implique de renforcer la confiance diplomatique entre le Maroc, l'Espagne et l'UE, tout en traquant rigoureusement les réseaux de passeurs.
Selon le spécialiste, il convient également d'ouvrir des voies de migration régulière adaptées aux besoins économiques réels et d'investir massivement dans la formation et l'emploi de la jeunesse au sein des pays d'origine. Enfin, cette gouvernance renouvelée doit impérativement placer la dignité humaine au centre de ses priorités.
En conclusion, Boubacar Seye rappelle une réalité pragmatique : aucune frontière ne peut être durablement sécurisée tant que l'espoir de développement fait défaut de l'autre côté du mur.
Pour Boubacar Seye, qualifier les traversées massives à Ceuta de simple « assaut migratoire » ou de querelle éphémère entre Rabat et Madrid constitue une erreur d'analyse. La frontière d'Afrique du Nord est devenue le point de jonction où s'entrechoquent les intérêts souverains du Maroc, de l'Espagne et de l'Union européenne. La maîtrise des flux s'impose désormais comme un instrument de négociation au même titre que l'énergie ou le commerce.
L'analyse met en lumière les tensions structurelles qui alimentent la pression aux frontières. D'un côté, le chômage des jeunes, la précarité et les dérèglements climatiques continuent de pousser vers le départ une population privée de perspectives, souvent exploitée par des réseaux criminels de passeurs. De l'autre, l'Union européenne maintient une posture contradictoire en exigeant un blindage de ses frontières extérieures tout en restant tributaire de la main-d'œuvre étrangère pour soutenir plusieurs secteurs de son économie.
Face à ce qu'il qualifie d'échec des réponses exclusivement sécuritaires, le président d'Horizon Sans Frontières préconise une refonte globale des politiques migratoires. Cette démarche implique de renforcer la confiance diplomatique entre le Maroc, l'Espagne et l'UE, tout en traquant rigoureusement les réseaux de passeurs.
Selon le spécialiste, il convient également d'ouvrir des voies de migration régulière adaptées aux besoins économiques réels et d'investir massivement dans la formation et l'emploi de la jeunesse au sein des pays d'origine. Enfin, cette gouvernance renouvelée doit impérativement placer la dignité humaine au centre de ses priorités.
En conclusion, Boubacar Seye rappelle une réalité pragmatique : aucune frontière ne peut être durablement sécurisée tant que l'espoir de développement fait défaut de l'autre côté du mur.
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