Trois ans après la chute du dictateur Omar el-Béchir, le Soudan est au bord de l’effondrement. Politiquement tout d’abord car le pays n’a toujours pas de gouvernement. Depuis leur coup d’État d’octobre dernier, les militaires ont chassé les civils et ils ont du mal a trouver de nouveaux partenaires avec qui former un nouveau gouvernement de transition, condition indispensable pour une reprise de l’aide internationale.
Seuls quelques partis, notamment les islamistes, ont accepté de dialoguer avec le régime. « Mais la rue ne les acceptera pas », met en garde une analyste politique et les manifestations, ainsi que la répression risquent de s'intensifier.
Depuis octobre dernier, plus de 90 manifestants ont été tués par les forces de sécurité. Des centaines ont été interpellés dont 25 leaders de l’opposition et de la société civile - toujours en prison.
Effondrement économique
Le pays est aussi au bord de l'effondrement économique ensuite. La devise soudanaise est en chute libre, elle a perdu un quart de sa valeur depuis le coup d’État. L’inflation est officiellement à 260%. Selon le Programme alimentaire mondial 9 millions de Soudanais sur une population de 44 millions souffrent de faim aigue.
Il y trois ans, ce sont les manifestations contre le prix du pain qui avaient d'ailleurs provoqué la chute d'Omar el-Béchir. Quelques mois après son arrestation, le dictateur avait été condamné à deux ans de prison pour corruption après la découverte de plus de 100 millions de dollars à son domicile.
À l'époque, il est également poursuivi pour le meurtre de manifestants, pour le coup d’État qui l'a porté au pouvoir, et pour les crimes commis au Darfour. Mais ces procès n'aboutiront pas.
Quel sort pour Omar el-Béchir ?
Sous le gouvernement civil d’Abdallah Hamdock, il est un temps, question de livrer Omar el-Béchir à la CPI, qui l'accuse de génocide, crime de guerre et crime contre l’humanité au Darfour. Les discussions autour de son transfert piétinent car le conseil souverain – dirigé par le numéro du régime, le général Burhan - traine des pieds.
En octobre dernier, le coup d'État des militaires met fin à toute éventualité de son transfert à La Haye. Omar el-Béchir aurait alors depuis été déplacé vers un hôpital spécialisé de Khartoum avec plusieurs hauts cadres de son ancien parti.
La semaine dernière, une 20e de responsables de l’ancien régime, dont son ancien ministre des affaires étrangères, Ibrahim Ghandour, ont été blanchis par la justice et relâchés. La preuve, selon les leaders de la contestation, que le pouvoir militaire est en train de réhabiliter l'ancien régime et n’a aucune intention de livrer l’ancien président à la justice internationale.
« Certains jours je suis très optimiste, je vois tous ces jeunes et toutes ces manifestations, et je me dis que la lutte continue. Et puis le lendemain, la réalité me rattrape, je vois toutes ces vieilles figures politiques qui sont là depuis des années et je me dis qu’elles ne vont rien changer ; qu’on est bloqué et qu’on tourne en rond. »
Seuls quelques partis, notamment les islamistes, ont accepté de dialoguer avec le régime. « Mais la rue ne les acceptera pas », met en garde une analyste politique et les manifestations, ainsi que la répression risquent de s'intensifier.
Depuis octobre dernier, plus de 90 manifestants ont été tués par les forces de sécurité. Des centaines ont été interpellés dont 25 leaders de l’opposition et de la société civile - toujours en prison.
Effondrement économique
Le pays est aussi au bord de l'effondrement économique ensuite. La devise soudanaise est en chute libre, elle a perdu un quart de sa valeur depuis le coup d’État. L’inflation est officiellement à 260%. Selon le Programme alimentaire mondial 9 millions de Soudanais sur une population de 44 millions souffrent de faim aigue.
Il y trois ans, ce sont les manifestations contre le prix du pain qui avaient d'ailleurs provoqué la chute d'Omar el-Béchir. Quelques mois après son arrestation, le dictateur avait été condamné à deux ans de prison pour corruption après la découverte de plus de 100 millions de dollars à son domicile.
À l'époque, il est également poursuivi pour le meurtre de manifestants, pour le coup d’État qui l'a porté au pouvoir, et pour les crimes commis au Darfour. Mais ces procès n'aboutiront pas.
Quel sort pour Omar el-Béchir ?
Sous le gouvernement civil d’Abdallah Hamdock, il est un temps, question de livrer Omar el-Béchir à la CPI, qui l'accuse de génocide, crime de guerre et crime contre l’humanité au Darfour. Les discussions autour de son transfert piétinent car le conseil souverain – dirigé par le numéro du régime, le général Burhan - traine des pieds.
En octobre dernier, le coup d'État des militaires met fin à toute éventualité de son transfert à La Haye. Omar el-Béchir aurait alors depuis été déplacé vers un hôpital spécialisé de Khartoum avec plusieurs hauts cadres de son ancien parti.
La semaine dernière, une 20e de responsables de l’ancien régime, dont son ancien ministre des affaires étrangères, Ibrahim Ghandour, ont été blanchis par la justice et relâchés. La preuve, selon les leaders de la contestation, que le pouvoir militaire est en train de réhabiliter l'ancien régime et n’a aucune intention de livrer l’ancien président à la justice internationale.
« Certains jours je suis très optimiste, je vois tous ces jeunes et toutes ces manifestations, et je me dis que la lutte continue. Et puis le lendemain, la réalité me rattrape, je vois toutes ces vieilles figures politiques qui sont là depuis des années et je me dis qu’elles ne vont rien changer ; qu’on est bloqué et qu’on tourne en rond. »
Autres articles
-
Au Mali, «l’externalisation de la sécurité n’a pas fonctionné», selon Bakary Sambe du Timbuktu Institute
-
Procès libyen en appel: le parquet requiert de nouveau sept ans de prison contre Nicolas Sarkozy
-
Tribunal de Dakar: une ancienne footballeuse risque 20 ans de prison pour viol collectif présumé sur une mineure
-
Est de la RDC: après son retrait d'Uvira, l'AFC/M23 se repositionne à Kamanyola
-
Journalistes condamnés en Tunisie: la justice confirme leur peine de prison en appel





Au Mali, «l’externalisation de la sécurité n’a pas fonctionné», selon Bakary Sambe du Timbuktu Institute


