Des manifestants s’insurgent contre la condamnation mi-novembre de Yassine Ayari : trois ans ferme pour diffamation de cadres de l’armée, publication de rumeurs pouvant provoquer la confusion chez les militaires et accusation d’infractions financières sans preuves. Le tout sur Facebook.
Le blogueur avait alors été condamné par contumace, sans être prévenu des poursuites engagées contre lui puis arrêté dès son retour de Paris. Inadmissible estime son frère Moutiaa Ayari : « Nous sommes contre le passage des civils devant les tribunaux militaires,explique-t-il. C’est un procès politique qui a pour but de faire taire Yassine. Ils doivent savoir qu’après la révolution, il n’y a aucune organisation, aucune institution en Tunisie qui soit au-dessus des critiques. »
L’organisation Human Rights Watch dénonce aussi la forme de ce jugement devant une cour militaire et non civile et la violation du principe de liberté d’expression. « C’est une série de procès qui révèle à quel point l’armée devient de plus en plus intouchable, analyse Emna Guellali, directrice du bureau de Tunis. Si on met des lignes rouges de ce type là, on ne pourra plus rien arrêter en Tunisie. »
Sous mandat de dépôt, Yassine Ayari reste en détention. Il pourra pour la première fois s’expliquer devant le juge militaire le 12 janvier avant sa prochaine audience.
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