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​Capitaux à long terme : Le paradoxe des 4 000 milliards de dollars qui échappent aux infrastructures africaines



 L’Afrique fait face à un paradoxe financier majeur : alors que ses institutions financières gèrent près de 4 000 milliards de dollars US d’actifs, moins de 2,7% des actifs figurant au bilan des institutions sont actuellement affectés à des investissements productifs nationaux à long terme ».

 Selon un récent rapport de la Banque africaine de développement (BAD), cette difficulté à mobiliser des ressources à grande échelle s'explique par la nature fragmentée du système, « centré sur les banques et fragmenté entre 54 juridictions », ce qui entrave la mutualisation des liquidités et oblige les économies du continent à s'en remettre à des financements extérieurs jugés « souvent volatil, procyclique et coûteux ».

La présence de la région sur la scène financière internationale demeure particulièrement timide. Bien qu'elle représente environ 2,5 % du PIB mondial en 2024, « le continent ne représente que 0,4 % de la capitalisation boursière mondiale et environ 0,1% de l’encours mondial de la dette d’entreprise ».

 Sa capitalisation boursière globale s'élève à 561 milliards de dollars US pour 1 141 sociétés cotées, ce qui équivaut à environ « 33% du PIB de la région, contre 61% dans les marchés émergents et 113% à l’échelle mondiale ».

Pour combler ce fossé, la BAD souligne le rôle déterminant des fonds de pension et des fonds souverains, considérés comme une réserve de « capital patient » idéalement adaptée aux projets d'envergure. Néanmoins, l'institution note de fortes disparités régionales : si trois pays d'Afrique australe se distinguent par des systèmes très développés la Namibie (90 à 104 % du PIB), l'Afrique du Sud (85 à 96 %) et le Botswana (50 à 55 %), « dans la plupart des autres pays africains, les actifs des fonds de pension restent inférieurs à 15% du PIB », ce qui bride l'essor des marchés obligataires locaux.

Afin de débloquer ces ressources au profit des infrastructures et des secteurs productifs, la Banque africaine de développement préconise une stratégie reposant sur l'approfondissement des marchés régionaux et l'intégration financière.

L'institution appelle à « reconnaître les infrastructures comme une classe d’actifs dans laquelle il est possible d’investir » et recommande de déployer « des capitaux concessionnels et de première perte pour réduire les risques des projets », une démarche indispensable pour rassurer et attirer les investisseurs institutionnels, notamment au sein des marchés les plus fragiles.

Fodé Bakary Camara

Vendredi 6 Novembre 2026 - 19:21


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