L’implantation de Starlink au Sénégal illustre une bataille politico-juridique et réglementaire complexe. Avant l'obtention de son cadre légal, l’entreprise a fait face aux foudres de l’Autorité de régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP), qui avait épinglé une « fourniture illégale d’accès à internet et commercialisation irrégulière de terminaux Starlink au Sénégal ».
Cette phase répressive s'était soldée par l'interpellation de cinq individus « pris en flagrant délit » par la Police nationale.
Face à ces infractions, le gendarme des télécommunications a brandi la menace des sanctions, rappelant que l'article 181 alinéa 1 de la loi n°2018-28 punit quiconque aura « exercé l'une des activités soumises à l'obtention d'une licence ou d'une autorisation sans la licence ou l'autorisation requise ou l'aura continuée en violation d'une décision de suspension ou de retrait ».
Le régulateur avait ainsi enjoint les prestataires à « cesser immédiatement tout service sur l’ensemble du territoire national », selon les directives de l'ancien Directeur général, M. Abdou Karim Sall.
Ce climat d'infraction a paradoxalement cédé la place à une tentative de régularisation étatique. Dans le cadre du « New Deal Technologique » lancé en février 2025, le gouvernement a cherché à encadrer l'accès à l'internet par satellite pour désenclaver les zones reculées, allant jusqu'à négocier 5 000 kits et planifier la connexion gratuite d'un million de Sénégalais. Un arrêté ministériel a ainsi officiellement autorisé Starlink à opérer pour une durée de cinq ans, espérant clore les épisodes de commercialisation sauvage.
Cependant, ce fragile compromis s'est heurté à la farouche opposition de la Sonatel. S'estimant lésé par un concurrent échappant aux lourdes charges de sa licence individuelle de premier rang, l'opérateur historique a saisi la justice. Ainsi, après la répression des débuts illégaux par l'ARTP, c'est désormais la Cour suprême qui vient d'ordonner la suspension provisoire de cette licence fraîchement acquise, replongeant le secteur dans l'incertitude.
Cette phase répressive s'était soldée par l'interpellation de cinq individus « pris en flagrant délit » par la Police nationale.
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Le régulateur avait ainsi enjoint les prestataires à « cesser immédiatement tout service sur l’ensemble du territoire national », selon les directives de l'ancien Directeur général, M. Abdou Karim Sall.
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