Une série d’attaques et de crimes visant les personnes atteintes d’albinisme a entraîné l’arrestation d’une dizaine de personnes. Pour les porteurs de ce handicap et les avocats qui les soutiennent, une grande campagne de sensibilisation s’impose afin de déconstruire les croyances attribuant aux albinos des pouvoirs surnaturels.
Un bébé de huit mois est porté disparu après avoir été enlevé dimanche 17 mai dans le sud du pays. Un enfant de douze ans a été tué dans le nord-ouest le même jour. Début avril déjà, un jeune albinos avait été assassiné… La série de crimes perpétrés sur la Grande Île ravive la peur parmi les personnes touchées par l’albinisme. « Nous avons constaté une recrudescence des attaques ces derniers mois dans le sud et dans l’ouest. C’est toute la communauté qui se sent menacée et traumatisée », constate Josvah Maheny, vice-président de l’association Albinos Madagascar.
Le militant des droits humains évoque un climat « d’insécurité psychologique » pour les personnes atteintes d’albinisme et leur famille. « Lorsqu’une personne atteinte d’albinisme se retrouvent seule dans la rue, certaines personnes lui disent parfois “Ne reste pas seul, rentre chez toi”, même si cela peut parfois partir d’une inquiétude, cela peut aussi être ressenti comme une forme de discrimination », raconte Josvah Maheny.
Un besoin de sensibiliser
L’association souhaite que les trois affaires soient instruites à Antananarivo, de peur que des pressions soient exercées sur les juridictions locales en provinces. Olivia Rajerison, avocate, a travaillé aux côtés d’association de défense des personnes albinos. Elle plaide pour de grandes campagnes de sensibilisation. « Les enlèvements et les assassinats trouvent leur origine dans des croyances mystiques profondément enracinées dans certaines régions, selon lesquelles certaines parties du corps des personnes atteintes d’albinisme auraient des vertus magiques ou occultes susceptibles d’apporter de la richesse, du succès politique, protection ou prospérité économique », développe-t-elle.
De croyances locales qui ont la peau dure. L’une d’elle « prétend que les yeux des personnes albinos renferment des diamants, de l'or ou une substance magique semblable au mercure, capable de localiser des trésors cachés », poursuit l’avocate. Ces croyances, combinées à l’extrême-pauvreté et à l’ignorance, alimentent un trafic vraiment préoccupant s’inquiète-t-elle.
Ce pourquoi, outre la justice qui n’est pas toujours suffisante, la sensibilisation dans les radios locales, en dialectes régionaux, est nécessaire pense l’avocate, pour que la population comprenne que l’albinisme est une condition génétique héréditaire et non d’un mysticisme. « Leur corps est semblable à tous les corps humains, si ce n’est qu’il présente un défaut de production de mélanine », martèle Olivia Rajerison.
L’Assemblée nationale a adopté l’an dernier un texte pour protéger les personnes atteintes d’albinisme, mais la Haute-Cour constitutionnelle en a empêché la promulgation en raison d’incohérences juridiques.
Un bébé de huit mois est porté disparu après avoir été enlevé dimanche 17 mai dans le sud du pays. Un enfant de douze ans a été tué dans le nord-ouest le même jour. Début avril déjà, un jeune albinos avait été assassiné… La série de crimes perpétrés sur la Grande Île ravive la peur parmi les personnes touchées par l’albinisme. « Nous avons constaté une recrudescence des attaques ces derniers mois dans le sud et dans l’ouest. C’est toute la communauté qui se sent menacée et traumatisée », constate Josvah Maheny, vice-président de l’association Albinos Madagascar.
Le militant des droits humains évoque un climat « d’insécurité psychologique » pour les personnes atteintes d’albinisme et leur famille. « Lorsqu’une personne atteinte d’albinisme se retrouvent seule dans la rue, certaines personnes lui disent parfois “Ne reste pas seul, rentre chez toi”, même si cela peut parfois partir d’une inquiétude, cela peut aussi être ressenti comme une forme de discrimination », raconte Josvah Maheny.
Un besoin de sensibiliser
L’association souhaite que les trois affaires soient instruites à Antananarivo, de peur que des pressions soient exercées sur les juridictions locales en provinces. Olivia Rajerison, avocate, a travaillé aux côtés d’association de défense des personnes albinos. Elle plaide pour de grandes campagnes de sensibilisation. « Les enlèvements et les assassinats trouvent leur origine dans des croyances mystiques profondément enracinées dans certaines régions, selon lesquelles certaines parties du corps des personnes atteintes d’albinisme auraient des vertus magiques ou occultes susceptibles d’apporter de la richesse, du succès politique, protection ou prospérité économique », développe-t-elle.
De croyances locales qui ont la peau dure. L’une d’elle « prétend que les yeux des personnes albinos renferment des diamants, de l'or ou une substance magique semblable au mercure, capable de localiser des trésors cachés », poursuit l’avocate. Ces croyances, combinées à l’extrême-pauvreté et à l’ignorance, alimentent un trafic vraiment préoccupant s’inquiète-t-elle.
Ce pourquoi, outre la justice qui n’est pas toujours suffisante, la sensibilisation dans les radios locales, en dialectes régionaux, est nécessaire pense l’avocate, pour que la population comprenne que l’albinisme est une condition génétique héréditaire et non d’un mysticisme. « Leur corps est semblable à tous les corps humains, si ce n’est qu’il présente un défaut de production de mélanine », martèle Olivia Rajerison.
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