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Afghanistan: l'UE appelle ses États membres à accepter des réfugiés

Avec le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen Charles Michel ont visité le centre d'accueil de Torrejon de Ardoz, en Espagne, où des avions d’évacuation arrivent au compte-gouttes en provenance d’Afghanistan.



Afghanistan: l'UE appelle ses États membres à accepter des réfugiés
À l'est de Madrid, l'aéroport de Torrejon de Ardoz est devenu le centre d’accueil des citoyens européens et aussi des ressortissants afghans qui ont collaboré avec les institutions internationales. C'est depuis cette base militaire que seront gérées par les Vingt-Sept les destinations futures des Afghans qui seront répartis dans différents pays de l'Union européenne.

Les trois responsables européens qui se sont rendus sur place ce samedi ont lancé un message commun, rapporte notre correspondant à Madrid, François Musseau : ces vingt dernières années, où l’Afghanistan a vécu sous l’influence occidentale, ne se sont pas déroulées en vain.

Autrement dit, l’arrivée au pouvoir des talibans ne va pas remettre en cause, selon Pedro Sanchez, « l’argent et l’énergie dépensés pour la stabilité, la sécurité, la prospérité et le développement du pays. D’innombrables Afghans, notamment des femmes, ont pu faire des études et cela ne s’élimine pas d’un revers de main. »

L'UE ne reconnaît pas les talibans
Profession de foi optimiste ? Vœu pieux ? Quoi qu’il en soit, c’est aussi l’opinion exprimée par le président du Conseil européen Charles Michel et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, tous les deux en visite dans un campement d'accueil aux capacités de 800 personnes.

« Toute la période qui a suivi la fin de la dictature talibane en 2001 a servi a quelque chose, tous ces efforts vont laisser des traces », a ainsi déclaré Ursula von der Leyen.

Interrogée sur les relations entre l'UE et les talibans, qui contrôlent maintenant la plus grande partie de l'Afghanistan, la présidente de la Commission européenne a, par ailleurs, insisté sur le fait que, s'il y avait bien « des contacts opérationnels » avec eux sur le terrain pour « sauver des vies », il n'y avait aucun contact politique avec les talibans à l'heure actuelle et qu’il était hors de question de verser un seul euro d’aide humanitaire à un régime qui, dit-elle, ne respecte pas les droits de l’homme.

Des « migrations régulières, ordonnées » 
Lors de sa visite à Torrejon de Ardoz, Ursula von der Leyen a exhorté tous les pays, en premier lieu les pays européens, à accueillir une partie des réfugiés afghans exfiltrés de Kaboul et a assuré les États membres de l'UE qui le feront du soutien financier de l'Europe.

Dans une allusion au caractère très sensible de ce sujet dans l'Europe des 27, Charles Michel a, pour sa part, admis que l'immigration constituait « une question difficile dans l'Union européenne » et a plaidé pour la mise en place de « migrations régulières, ordonnées ».

On ignore à ce jour combien de pays membres de l'UE se sont engagés à accueillir sur leur sol des réfugiés afghans et si certains gouvernements ont refusé. Le Premier ministre espagnol a indiqué qu'un certain nombre d'Afghans arrivés ces derniers jours dans ce centre de Torrejon de Ardoz, étaient déjà repartis vers d'autres pays, notamment le Danemak et certains pays baltes, mais sans fournir de chiffres précis.

En Italie, du nord au sud de la péninsule, les édiles, de gauche comme de droite, multiplient les initiatives pour accueillir des réfugiés afghans et leur famille, notamment ceux qui ont collaboré pour l'Italie. 

Cinq cents d'entre eux déjà atterri à Rome et l'Italie espère pouvoir évacuer de Kaboul 2 500 autres Afghans au cours des prochains jours, indique notre correspondante à Rome, Anne Le Nir.

C'est un mouvement de vaste ampleur qui se dessine dans le pays. Lancé par le maire de Milan, le démocrate Giuseppe Sala, il est suivi par des dizaines d'autres maires indépendamment de leur couleur politique. Parmi eux, on trouve même celui de la ville de Ferrare, Alan Fabbri, membre de la Ligue de Matteo Salvini.

Soutenus par l'ANCI, l'association qui regroupe tous les maires du pays, les élus se sont déclarés disponibles pour accueillir les familles de citoyens afghans qui ont travaillé pour l'ambassade d'Italie à Kaboul, pour les forces armées et pour l'Agence de la coopération au développement. Leurs objectifs vont au-delà de l'hébergement des réfugiés et de la scolarisation de leurs enfants.

Dans une lettre adressée à la ministre de l'Intérieur Luciana Lamorgese, ils ont annoncé leur intention de créer un parcours de formation pour les femmes et les hommes, afin de leur donner les clés indispensables pour retrouver leur autonomie. 

RFI

Samedi 21 Août 2021 - 19:52


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