Ce vendredi 19 mars c’est la date de l’anniversaire des dix ans de la gestion du Sénégal par le Président Wade, nous avons la mauvaise habitude de parler du régime de l’alternance. Cela dénote quelque part cette tendance que nous avons nous sénégalais et presque comme tous les africains de personnaliser le pouvoir. Un anniversaire pour faire le point et dégager des perspectives. Cette manifestation devait –être celle de tous les sénégalais malheureusement ce n’est pas le cas. Elle sera celle de Me Wade, de son camp politique, de ses sympathisants… Un journal prêt de la mouvance présidentielle a titré : « le peuple du Sopi marche…à la gloire de Me Wade ». Ils sont nombreux les sénégalais qui ne se reconnaissent pas dans ces festivités comme dans celles relatives à l’inauguration du monument de la renaissance. Ce serait le cas si l’espoir du 19 mars 2000 placé sur ces autorités actuelles n’était pas trahi, si les engagements étaient respectés… « L’alternance n’est pas exclusivement un changement d’homme, encore moins un esprit d’antithèse impétueusement tourné vers le passé. Bien plus exaltante, l’alternance est au contraire une manière de dépasser le connu et le vécu à travers un nouveau rêve collectif d’épanouissement… ». Ce sont les propos de l’ancien Directeur du CESTI, le Professeur Omar Diagne, merci Professeur, Paix à son âme ! L’alternance n’est pas le fait d’une personne et de son camp, c’est l’affaire de tous les sénégalais, ceux qui s’étaient battus pour et ceux qui ont accepté cet état de fait. Le Président Wade lui-même l’avait rappelé, le jour de son serment après avoir remercié tout le monde, il a précisé que : « leur seule satisfaction est d’être ici aujourd’hui pour penser intérieurement : « j’en étais », oui c’est une victoire de tous. »
A l’heure de faire le bilan après 10 ans, tout n’est pas négatif mais beaucoup de choses ont été mal faites. On n’a pas besoin d’être un expert pour constater comment les sénégalais sont fatigués par la recherche de solutions pour la satisfaction des besoins du vécu quotidien, le dire n’enlève en rien tous les efforts consentis pour mettre sur pied de nouvelles infrastructures : routes, véhicules de transports, centres de santé, écoles… mais la réalité est que tout cela n’a pas participé à améliorer considérablement le niveau de vie de la plus grande partie du peuple sénégalais. En 2000, le Président Wade avait reconnu l’apport des jeunes et des femmes pour son élection, aujourd’hui ce sont les couches les plus vulnérables dans cette crise qui frappe notre pays. Déjà en 2005, il appelé les jeunes à la patience : « jeunes de mon pays, ne baissez pas les bras ! Nous allons construire notre pays créer des emplois en faire un espace où vous pourrez vous épanouir. Les espagnols ont construit l’Espagne qui vous attire. Cherchez et essayez de comprendre les peines qu’ils ont endurées avant de réussir ». Les jeunes ne l’ont pas entendu, ce sont des centaines qui ont perdu la vie en mer d’autres mènent une vie de misérables en Europe. Rappelons-le encore, la crise mondiale est une réalité mais l’injustice sociale qui en découle est l’affaire de nos dirigeants.
Présentement la seule préoccupation du Président et de son camp semble être les présidentielles de 2012. Après les dernières présidentielles beaucoup d’observateurs et des citoyens se demandaient et se demandent toujours comment Me Wade a fait pour gagner ? Le citoyen simple préoccupé par son existence quotidienne ne se préoccupe pas toujours de vos combines et calcules politiques. Vous parlez de dialogue politique ! Il faut juste le satisfaire, vous êtes élus pour ça. Le Président le sait lui qui a dit : « dans une démocratie qui se respecte comme la nôtre, tous les votes, favorables ou défavorables, sont d’égale dignité. Au fond de l’urne, un bulletin est toujours dépositaire d’un message dont la prise en compte conditionne le succès d’une action politique réfléchie. »
Il est temps de se ressaisir à travers un bilan juste et honnête, cela permettra d’ouvrir des perspectives meilleures.
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