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Centrafrique: arrestation d'un humanitaire français de MSF par des mercenaires russes



Le gouvernement centrafricain accuse un travailleur humanitaire français de la branche suisse de Médecins sans frontières (MSF) « d'activités subversives ». François Zamparini, qui faisait le déplacement depuis un camps de réfugiés en RDC, a été arrêté, mercredi 4 mars, par des mercenaires russes à Zémio, juste de l'autre côté de la frontière, en Centrafrique, alors qu'il était en réunion avec des autorités locales de cette zone en proie à un conflit intercommunautaire sanglant depuis plusieurs années.

Ce n'était pas la première fois que François Zamparini traversait la rivière Mbomou pour se rendre à Zémio. De l'autre côté, en territoire congolais, à Nzapaye, le coordonnateur des urgences de MSF travaillait à l'acheminement de l'aide aux milliers de réfugiés centrafricains fuyant un conflit en cours depuis 2023, dans lequel se mêlent la milice communautaire zandé, la rébellion UPC, l'armée centrafricaine, les « casques bleus » et les mercenaires russes.

Arrestation lors d'une réunion

Pour l'ONG, faire transiter le matériel par la Centrafrique est plus aisé que via la RDC. D'où la présence de François Zamparini à Zémio. Lors de ses venues précédentes, aucun problème. Mais cette fois, les « Wagner » ont débarqué au cours d'une réunion à laquelle participaient le sous-préfet et le maire de la ville. Gardé à la gendarmerie nationale, il a été ramené à Bangui avec un employé local de l'ONG. 

Dans la foulée, une campagne a été lancée sur les réseaux sociaux afin de le présenter comme un espion et un mercenaire. Puis le ministère de la Communication l'a accusé « d'activités subversives visant à soutenir des groupes armés », en l'occurrence la milice Azandé Ani Kpi Gbè. Le ministère de la Défense a évoqué, pour sa part, un « individu suspect interpellé en raison de sérieux soupçons d'activités visant la déstabilisation de la situation sécuritaire. »

Pas sur la liste officielle

« Aucun document justifiant la légalité de sa présence n'a été découvert sur lui » est-il écrit dans son communiqué. Selon le communiqué issu du ministère de la Communication, il ne figure pas sur la liste officielle du personnel de l'organisation. De fait, François Zampirini est employé au siège de l'organisation en Suisse, et non détaché en Centrafrique. 
Le même communiqué affirme également qu'il aurait déjà été arrêté en Centrafrique en 2016 après avoir servi de formateur au groupe rebelle d'Armel Sayo dans l'ouest du pays pendant deux ans. Or, François Zampirini travaillait à cette époque en Syrie et au Liban, comme en témoignent plusieurs interventions médiatiques.

Dans cette zone instable du haut-Mbomou, les Russes goûtent peu la présence de personnes extérieures, particulièrement des Occidentaux, qui pourraient observer leurs exactions. Cette situation rappelle celle de Joseph Figueira. Ce chercheur belgo-portugais a été arrêté au même endroit en mai 2024, alors qu'il était en mission pour une ONG américaine.

Le Quai d'Orsay suit le dossier

Il a, par la suite, été lourdement condamné pour « atteinte à la sûreté de l'État », et se trouve toujours en détention au camp de Roux, à Bangui. Lors de son récent passage en Centrafrique, le président portugais avait espéré obtenir une évacuation sanitaire, en vain. Selon plusieurs sources, Joseph Figueira est considéré comme « l'otage des Russes ».  

L'ONG Médecins sans frontières n’a pas souhaité communiquer jusque là. Le ministère français des Affaires étrangères assure pour sa part à RFI suivre « attentivement » ce dossier, apporter l’assistance nécessaire et dialoguer avec les autorités. Le Quai d’Orsay ne confirme pas en revanche les informations de presse sur une visite imminente du ministre Jean-Noël Barrot à Bangui.

RFI

Mardi 10 Mars 2026 - 11:04


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