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Assassinat de Rafic Hariri: le verdict du Tribunal spécial pour le Liban attendu à La Haye

Le Tribunal Spécial pour le Liban doit rendre son verdict ce mardi 18 août à La Haye, aux Pays-Bas, quinze ans après l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri et de 21 autres personnes dans un attentat à la voiture piégée à Beyrouth. Aucun des quatre accusés n'ayant été arrêté, ils ont été jugés par contumace. Un cinquième homme, considéré comme le « cerveau » de l'opération, a été tué en Syrie en 2016.



Assassinat de Rafic Hariri: le verdict du Tribunal spécial pour le Liban attendu à La Haye
Le 14 février 2005, l'ancien Premier ministre du Liban, Rafic Hariri, perdait la vie en compagnie de 21 autres personnes dans l'explosion d'une camionnette à Beyrouth. Ce mardi 18 août 2020, le Tribunal spécial pour le Liban (TSL), créé par le Conseil de sécurité de l'ONU, va livrer son jugement. Celui-ci aurait dû être donné le 7 août, mais les explosions qui ont dévasté la capitale trois jours plus tôt ont poussé le TSL a le reporter.
 
Quatre accusés de l'attentat n'ont pu être arrêtés et sont donc jugés par contumace, tandis qu'un cinquième est mort en Syrie en 2016. Tous sont considérés par le Tribunal comme des proches du Hezbollah.
 
Le TSL est le seul tribunal international dédié à des faits de terrorisme, un détail qui a été contesté par la défense. Maître Antoine Kormaz a été l'avocat, commis d'office, de Moustafa Badreddine, l'un des accusés dans l'assassinat de Rafic Hariri. « Le Conseil de sécurité s'est appuyé sur le chapitre 7 pour créer ce tribunal, alors qu'il n'y avait pas de menace ou d'acte d'agression. Le chapitre 7 ne peut être utilisé que dans ces cas-là. L'assassinat d'un Premier ministre est un acte très grave, condamnable bien entendu, mais qui ne constitue pas une menace contre la paix internationale », explique Antoine Kormaz.
 
Les accusés « membres » du Hezbollah ou simples « supporters » ?
 
Le Tribunal Spécial pour le Liban s'est penché sur les liens entre les accusés et le mouvement chiite Hezbollah. Mais pour Maître Antoine Korkmaz, « les quatre accusés sont considérés comme des supporters ». « On n'a jamais parlé de membres du Hezbollah. Il n'y a aucune qualification officielle comme "membres", "dirigeants" ou "actifs". Ils sont des 'supporters', comme des supporters d'un club de football », ajoute-t-il.
 
Moustafa Badreddine, considéré par le Tribunal Spécial pour le Liban comme le « cerveau » de l'attentat de 2005, est mort en Syrie en 2016 dans des circonstances mystérieuses. Le TSL se prononcera ce mardi 18 août sur la culpabilité de quatre de ses complices présumés, toujours introuvables.
 
Le Liban craint des tensions entre sunnites et chiites
 
Alors que le pays traverse une crise politique profonde, consécutive notamment à cette double explosion dévastatrice du 4 août, beaucoup de Libanais craignent que le verdict, tant attendu par les partisans de Rafic Hariri, accentue les divisions entre sunnites et chiites. Rafic Hariri était le principal leader sunnite du Liban, et les quatre accusés sont des membres présumés (ou des « supporters » donc) du Hezbollah, le plus puissant parti chiite du pays.
 
À la veille de l’annonce du verdict, l’état d’urgence, décrété au lendemain du drame du 4 août, a été prolongé jusqu’au 18 septembre, rapporte Paul Khalifeh pour RFI à Beyrouth. L’armée libanaise a renforcé son déploiement dans certains quartiers jugés sensibles de la capitale, théâtres par le passé d’affrontements entre membres des deux communautés.
 
Inflexible, le Hezbollah ne reconnaîtra pas le verdict
 
L’ancien Premier ministre Saad Hariri s’est rendu à la Haye, aux Pays-Bas, pour assister à l’audience. Il doit faire une déclaration après l’annonce du verdict, mais il a d’ores et déjà donné le ton, en martelant, ces derniers mois, que son objectif était la justice pour l’assassinat de son père, et non pas la vengeance.
 
Son frère, l’homme d’affaires Bahaa Hariri, qui lui dispute le leadership de la communauté sunnite hérité de leur père, a lui aussi appelé au calme et à la retenue. Le Hezbollah, lui, rejette toute responsabilité dans l’attentat de février 2005 et refuse de livrer les suspects. Vendredi, le secrétaire général du parti chiite pro-iranien, Hassan Nasrallah, a dit qu'il ne se sentira pas concerné par ce verdict qu'il ne reconnaîtra pas, et a appelé ses partisans à ne pas y réagir.

RFI

Mardi 18 Août 2020 - 09:40



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