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#Biirhopital : des étudiants sénégalais en médecine exigent de meilleures conditions de travail

Le hashtag #Biirhopital créé par de jeunes étudiants doctorant en médecine suscite beaucoup de réactions. Les jeunes stagiaires utilisent la toile pour décrier leurs mauvaises conditions de travail dans les hôpitaux, renseigne le site BBCAfrique qui est allé à leur rencontre.



#Biirhopital : des étudiants sénégalais en médecine exigent de meilleures conditions de travail
Certains d'entre sont même obligés de payer leurs propres matériels pour faire leur travail, selon plusieurs témoignages.

"Beaucoup de nos camarades achètent leurs propres gants"
Moustapha Diallo, étudiant doctorant en dernière année de médecine, est l'un des concepteurs du hashtag, #Biirhôpital, qui veut dire en wolof #Danslhôpital.

Il fait partie de cette nouvelle génération de 450 stagiaires doctorants qui aspirent à un changement radical dans l'apprentissage et la pratique de la médecine au Sénégal.

C'est un sentiment de "frustration et de révolte" face aux mauvaises conditions de travail, dit-il, qui l'ont poussé à lancer ce hashtag le 27 décembre.

Nous avons beaucoup de collègues qui ont été exposés à l'hôpital et qui sont tombés malades à la suite de ces infections. Finalement, rien n'est fait pour eux. Nous n'avons pas de vaccin. C'est tout cela réuni qui m'a poussé à créer ce hashtag pour que mes collègues puissent parler de ce qu'ils ressentent", dévoile Diallo.

Le fil de discussion du hashtag sur Twitter commence par une photo avec les mots "S.O.S. Médecins en détresse !"

"Nous n'avons aucune protection, malgré que nous soyons des médecins. Si nous tombons malades, nous ne sommes pas pris en charge," raconte Diallo joint par la BBC.

"Le drame, même pour nous protéger, en cette période de coronavirus, beaucoup de nos camarades achètent leurs propres gants," révèle-t-il.

Le catalyseur du mouvement est le cas de l'étudiant en médecine, Sadio Ousmane Diédhiou dit S. O. D en stage à Saraya, qui souffre d'une aplasie médullaire et a besoin d'un traitement qui s'élève à 280 millions de francs CFA.


S. O. D, un cas de trop pour les jeunes médecins-stagiaires
"Actuellement même, nous avons un étudiant en huitième année qui est malade. Il y a une quête qui est faite pour lui. Chaque année, il y a ce genre de situations et nous avons perdu beaucoup de collègues à cause de ça", explique Dr Diallo.

Pour lui, "un étudiant en médecine qui soigne d'autres gens ne devrait pas dépendre d'une quête pour se faire soigner".

Il estime normalement que "l'autorité doit prévoir quelque chose pour le soigner dans la mesure où la plupart de ces maladies sont contractées au travail".

Selon Diallo, la quête a beaucoup évolué même si le montant obtenu est trop inférieur à la somme requise pour prendre en charge l'évacuation de S. O. D en France.

Réaction de l'autorité universitaire

Face aux mauvaises conditions de travail soulignées par les médecins-stagiaires, Pr Abdoulaye Samb, Doyen de la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d'Odontologie, réagit.

"C'est vrai que c'est une préoccupation de nous autres qui les envoyons à l'hôpital. Ce n'est pas nous qui gérons les hopitaux, c'est le ministère de la Santé. Il y a donc une autonomie de fonctionnement des hôpitaux", explique Pr Samb.

"Quand les étudiants partent, il y a d'abord un problème de massification, le nombre d'étudiants est relativement important par rapport à la capacité d'accueil des hôpitaux. Parce que souvent, ce qui se passe à l'hôpital (Aristide) Le Dantec, il y a beaucoup de structures qui sont en réfection. Quand ils sont en réfection, le nombre de lits disponibles diminue", poursuit-il.

Par conséquent, dit-il, "ça peut être un problème pour que les étudiants puissent avoir suffisamment de lits pour leur apprentissage".

Pr Abdoulaye Samb reconnait que les conditions de travail sont parfois "difficiles parce que l'hôpital ne se prépare pas en créant des salles et des espèces dédiés aux stagiaires."

BBC Afrique

Samedi 2 Janvier 2021 - 09:16


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