Depuis le coup d'État du 1er février qui a renversé la dirigeante civile Aung San Suu Kyi, plus de 2 600 personnes ont été arrêtées et quelque 250 tuées, selon l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP). Le bilan des victimes pourrait être plus lourd, souligne cette organisation locale de défense des droits de l'Homme.
Avec les sanctions approuvées par les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne, le chef de la junte Min Aung Hlaing, ainsi que neuf des plus hauts gradés des forces armées et le président de la Commission électorale sont désormais interdits de séjour dans l'UE ou d'y transiter et se voient imposer un gel de leurs avoirs ou de leurs ressources dans l'Union.
Les violences atteignent un niveau « absolument inacceptable », a estimé le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas.
Il s'agit des premières sanctions depuis le putsch décidées par l'UE, qui avait déjà sanctionné en 2019 quatorze militaires et policiers pour les persécutions contre la minorité musulmane des Rohingyas.
Mais pour Joëlle Garriaud-Maylam, sénatrice des Français établis à l'étranger, la réponse de l’Union européenne n’est pas à la hauteur : « Je trouve que nous ne montrons pas suffisamment notre désapprobation. Et j’aurais aimé que la France prenne le leadership de l’Union européenne sur ce dossier-là »
J’aurais aimé que politiquement, on fasse davantage. On sait qu’il y a des négociations qui sont en cours avec les pays de l’Asean [Association des nations de l'Asie du Sud-Est], que les choses bougent. Par exemple, l’Indonésie, qui était très attachée aux principes de neutralité, commence à bouger parce que, pendant longtemps, aucun pays de l’Asean ne voulait bouger. Pendant déjà les périodes de répression féroce, quand Aung San Suu Kyi était emprisonnée, les pays de l’Asean refusaient de bouger. Là, je crois quand même qu’il y a une prise de conscience qui devient très importante. Et je crois qu’il faut aussi reconnaître qu’il y a un enjeu géopolitique extrêmement important de la place de la Birmanie. La Birmanie évidemment sur la route entre la Chine et l’Inde, les enjeux sont considérables et il faut absolument soutenir ce pays, cette démocratie et nous devons avancer. Je trouve que nous ne montrons pas suffisamment notre désapprobation. Et j’aurais aimé que la France prenne le leadership de l’Union européenne sur ce dossier-là.
Pour la sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam, les sanctions européennes contre la junte birmane ne sont pas à la hauteur
Clea Broadhurst
L’UE rejoint les sanctions américaines
Les États-Unis ont quant à eux sanctionné Than Hlaing, chef de la police, et Aung Soe, un responsable de l'armée, pour leur participation à la « la campagne de violence et d'intimidation » menée « contre les manifestants pacifiques et la société civile ».
Deux divisions de l'armée sont elles aussi sanctionnées, accusées d'avoir participé « à l'assassinat de manifestants ». « La junte continue d'essayer de renverser les résultats d'une élection démocratique en réprimant brutalement des manifestants pacifiques et en tuant des personnes qui demandent simplement à avoir leur mot à dire sur l'avenir de leur pays », a déclaré dans un communiqué le secrétaire d'État Antony Blinken.
Les sanctions visent à empêcher les responsables birmans d'accéder au système financier international ou d'entretenir des relations commerciales avec les États-Unis, et gèlent les avoirs qu'ils peuvent posséder dans le pays.
Manifestations de nuit, mais le sang coule toujours
Les manifestations et la répression continuent, toutefois. Les opposants au coup d'État ont décidé de manifester de jour, mais aussi de nuit, nouveau défi aux autorités. À Mandalay (centre), capitale culturelle et deuxième ville du pays, des manifestants dont des enseignants ont, comme la veille, défilé en nombre avant l'aube lundi 22 mars, avec pour certains des pancartes appelant l'ONU à intervenir.
Huit personnes ont été tuées dimanche et une cinquantaine blessées dans cette ville, a indiqué à l'AFP une source médicale.
Avec les sanctions approuvées par les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne, le chef de la junte Min Aung Hlaing, ainsi que neuf des plus hauts gradés des forces armées et le président de la Commission électorale sont désormais interdits de séjour dans l'UE ou d'y transiter et se voient imposer un gel de leurs avoirs ou de leurs ressources dans l'Union.
Les violences atteignent un niveau « absolument inacceptable », a estimé le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas.
Il s'agit des premières sanctions depuis le putsch décidées par l'UE, qui avait déjà sanctionné en 2019 quatorze militaires et policiers pour les persécutions contre la minorité musulmane des Rohingyas.
Mais pour Joëlle Garriaud-Maylam, sénatrice des Français établis à l'étranger, la réponse de l’Union européenne n’est pas à la hauteur : « Je trouve que nous ne montrons pas suffisamment notre désapprobation. Et j’aurais aimé que la France prenne le leadership de l’Union européenne sur ce dossier-là »
J’aurais aimé que politiquement, on fasse davantage. On sait qu’il y a des négociations qui sont en cours avec les pays de l’Asean [Association des nations de l'Asie du Sud-Est], que les choses bougent. Par exemple, l’Indonésie, qui était très attachée aux principes de neutralité, commence à bouger parce que, pendant longtemps, aucun pays de l’Asean ne voulait bouger. Pendant déjà les périodes de répression féroce, quand Aung San Suu Kyi était emprisonnée, les pays de l’Asean refusaient de bouger. Là, je crois quand même qu’il y a une prise de conscience qui devient très importante. Et je crois qu’il faut aussi reconnaître qu’il y a un enjeu géopolitique extrêmement important de la place de la Birmanie. La Birmanie évidemment sur la route entre la Chine et l’Inde, les enjeux sont considérables et il faut absolument soutenir ce pays, cette démocratie et nous devons avancer. Je trouve que nous ne montrons pas suffisamment notre désapprobation. Et j’aurais aimé que la France prenne le leadership de l’Union européenne sur ce dossier-là.
Pour la sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam, les sanctions européennes contre la junte birmane ne sont pas à la hauteur
Clea Broadhurst
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Les États-Unis ont quant à eux sanctionné Than Hlaing, chef de la police, et Aung Soe, un responsable de l'armée, pour leur participation à la « la campagne de violence et d'intimidation » menée « contre les manifestants pacifiques et la société civile ».
Deux divisions de l'armée sont elles aussi sanctionnées, accusées d'avoir participé « à l'assassinat de manifestants ». « La junte continue d'essayer de renverser les résultats d'une élection démocratique en réprimant brutalement des manifestants pacifiques et en tuant des personnes qui demandent simplement à avoir leur mot à dire sur l'avenir de leur pays », a déclaré dans un communiqué le secrétaire d'État Antony Blinken.
Les sanctions visent à empêcher les responsables birmans d'accéder au système financier international ou d'entretenir des relations commerciales avec les États-Unis, et gèlent les avoirs qu'ils peuvent posséder dans le pays.
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