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Cameroun: Félix Agbor Balla, militant des droits humains, estime que ses droits ont été bafoués

Le défenseur des droits de l'homme camerounais Félix Agbor Balla, figure bien connue de la société civile anglophone, conteste la légalité de la procédure disciplinaire engagée contre lui par l'université de Buea. La semaine dernière, le ministre de l'Enseignement supérieur a saisi le recteur de cet établissement accusant Felix Agbor Balla de « transgresser le caractère clos et apolitique de l’université ».



Cameroun: Félix Agbor Balla, militant des droits humains, estime que ses droits ont été bafoués
Depuis le début de cette procédure disciplinaire, le défenseur des droits de l'homme s'est vu retirer ses cours et, ce mercredi matin, il était convoqué en conseil de discipline. Mais il ne s'y est pas rendu, affirmant que ses « droits » ont été « bafoués ». Et c’est par écrit que Félix Abgor Balla a choisi de justifier son refus de se présenter.
 
Dans un courrier adressé au recteur de l’université de Buea, où il enseigne depuis 2015 le droit politique et constitutionnel, il estime que son droit à une « procédure équitable » a été « violé » : convocation adressée au dernier moment, absence d’enquête préalable, pas d’accès au dossier, etc... « Je ne peux pas accepter ces méthodes », explique le défenseur des droits de l’homme. Le conseiller juridique du ministère de l'Enseignement supérieur, le Pr Abané, balaie cet argumentaire d’un revers de la main. Il affirme que Félix Agbor Balla étant vacataire, et non enseignant titulaire, la seule obligation pour l'université est de lui permettre à un moment donné de s'expliquer, ce que « lui aurait permis », selon lui, le conseil de discipline.
 
La lettre de convocation adressée à Félix Agbor Balla a tout de même permis d’en apprendre un peu plus sur ce qui lui est reproché. Elle évoque l’intitulé d’un devoir sur lequel ses étudiants ont dû travailler au semestre dernier. Le sujet n’est pas précisé dans le courrier. La semaine dernière, l’enseignant a confié à Human Rights Watch qu’il s’agit selon lui d’une « dissertation dans laquelle ses élèves étaient amenés à réfléchir sur l’origine de la crise anglophone », abondamment partagée et commenté sur les réseaux sociaux à l'époque. Un examen qui visait uniquement selon lui à amener les étudiants à « exercer leur sens critique ».

RFI

Jeudi 7 Mai 2020 - 09:55



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