Face à la crise politique qui secoue actuellement la Guinée-Bissau, le Sénégal ne peut rester indifférent. C’est l’avis de Daouda Tall, président du Think Tank Idée Sénégal, invité ce dimanche 30 novembre à l’émission Grand Jury de Dimanche de la RFM. Selon lui, le Sénégal doit s’impliquer activement pour aider son voisin à sortir de cette impasse, tout en observant une stricte neutralité.
« Le Sénégal doit aider la Guinée-Bissau à sortir de cette crise », a plaidé le consultant international, insistant sur la nécessité de voir cette situation se résorber rapidement. « Il faut espérer que cette crise dure le moins longtemps possible », a-t-il ajouté, rappelant les liens historiques, géographiques et culturels qui unissent les deux pays frontaliers. Pour Daouda Tall, la stabilité de la Guinée-Bissau est un enjeu majeur non seulement pour elle-même, mais également pour le Sénégal.
Cependant, cette aide, a-t-il souligné, doit se faire dans un cadre impartial. « Le Sénégal doit aider la Guinée-Bissau en restant neutre », a-t-il affirmé. C’est d’ailleurs dans cette logique qu’il apprécie positivement le départ du président Umaro Sissoco Emballo du territoire sénégalais. Ce départ, selon lui, « permet de mettre les autorités sénégalaises à l’aise pour discuter avec toutes les forces présentes en Guinée-Bissau, opposition comme pouvoir ».
Passer par les instances communautaires
Pour l’expert en intelligence économique et enseignant à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), l’action du Sénégal gagnerait en crédibilité et en efficacité si elle s’inscrivait dans le cadre de la CEDEAO. Une démarche qui garantirait davantage de neutralité et renforcerait la légitimité de toute initiative de médiation.
Toutefois, Daouda Tall reste convaincu que le Sénégal dispose d’atouts importants pour jouer un rôle clé dans la résolution de la crise. « Le Sénégal a les ressorts pour aller discuter directement avec les Bissau-Guinéens pour arrondir les angles », a-t-il soutenu.
Par cet appel, le président de Idée Sénégal invite les autorités sénégalaises, mais aussi les acteurs régionaux, à privilégier le dialogue et la concertation afin d’éviter une aggravation de la situation en Guinée-Bissau. Pour lui, seule une approche inclusive, associant toutes les parties concernées, pourra ouvrir la voie à une sortie durable de crise.
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