Education en Guinée: après des violences, le parquet demande l'arrêt de la grève

Après plusieurs jours de manifestations de jeunes dans les rues de Conakry, au cours desquelles deux adolescents ont été tués par balle, un calme précaire régnait mercredi 22 novembre dans la banlieue de la capitale guinéenne. Un calme mis à profit par le parquet de Kaloum pour demander aux syndicalistes enseignants de mettre un terme à leur grève, qui aurait servi de déclencheur à ces manifestations.



Pour la seconde fois en quatre jours, les syndicalistes de l’éducation ont été présentés au tribunal de Kaloum, à Conakry, suite à une plainte du ministre de l’Education nationale Ibrahima Kalil Konaté.

Sorti de cette audience, le conseil des syndicalistes a expliqué à la presse qu’une nouvelle rencontre aurait lieu en début de semaine prochaine. « Nous avons rencontré M. le procureur de la République, qui nous a dit de rentrer. Il nous fixe rendez-vous pour lundi. Et comptez sur nous sur le terrain pour continuer les négociations. »

Me Béavogui a fait cette demande au procureur de la République : « Il n’y a pas d’infraction en la matière, parce que la liberté syndicale et le droit de grève sont prévus par l’article 20 de la Constitution de la République de Guinée. Donc, il ne doit même pas y avoir de poursuite. »

A l’adresse de ceux qui se sont mis à l’abri pour éviter d’être arrêtés, Me Salifou Béavogui s’est voulu rassurant : « Ils n’ont qu’à sortir ! Il n’y a plus de menace », dit-il.

Cette grève est qualifiée de sauvage par les pouvoirs publics, parce que n’obéissant, selon eux, à aucune règle de droit. « Nous sommes des syndicalistes, rétorque Aboucacar Kaba, porte-parole des grévistes. Nous nous battons pour l’amélioration de nos conditions de vie. Ceux qui qualifient ça de sauvage, c’est leur façon de voir les choses. Nous sommes dans un Etat de droit. Il n’y a rien de sauvage dans cela. »

Pour l’instant, la grève continue.

Rfi.fr

Jeudi 23 Novembre 2017 - 11:27



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