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Élection au Burundi : Nkurunziza va devenir le "guide suprême"



Élection au Burundi : Nkurunziza va devenir le "guide suprême"
Le Burundi est sur le point de perdre son président aux affaires depuis 15 ans mais de gagner un "guide suprême du patriotisme", selon le titre officiel qui sera donné à Pierre Nkurunziza lorsqu'il se retirera après l'élection de mercredi.

Il recevra également une indemnité de retraite de 540 000 dollars et une villa de luxe. Mais il n'est pas certain qu'il quittera les feux de la rampe pour consacrer davantage de temps à d'autres choses, comme le football, son sport bien-aimé.

Le scrutin - dans lequel sept candidats sont en lice pour remplacer le président - a été entaché de violence et d'accusations selon lesquelles le vote ne sera pas libre et équitable.

Mais le vainqueur sera tenu par la loi de consulter M. Nkurunziza sur les questions de sécurité nationale et d'unité nationale. Il n'est pas dit clairement s'il devra suivre ses conseils.

Peut-être pourrait-il les persuader en soulignant ses succès, tels que l'introduction de la gratuité de l'enseignement primaire, des soins médicaux pour les mères et les enfants, et la construction de nouvelles routes et de nouveaux hôpitaux.

Il y a cinq ans, le troisième mandat de M. Nkurunziza a débuté en pleine tourmente politique. Son annonce qu'il se présenterait pour cinq années supplémentaires au pouvoir avait suscité la colère de certains qui mettaient en doute sa légalité.

Une tentative de coup d'État a échoué, des centaines de personnes sont mortes lors d'affrontements et des dizaines de milliers ont fui le pays. Son élection en juillet 2015, avec près de 70 % des voix, a été qualifiée de "blague" par le leader de l'opposition Agathon Rwasa, qui a boycotté le scrutin.

Cette fois-ci, M. Nkurunziza a été autorisé, après un changement de la constitution, à se représenter, mais il semble avoir opté pour une vie plus tranquille.

Un scrutin en pleine pandémie de Covid-19
L'élection de mercredi a également été critiquée parce qu'elle s'est déroulée en plein coronavirus.

Le pays n'a enregistré que quelques 40 cas de ce virus, avec un décès, mais l'opportunité d'organiser des rassemblements politique de masse a été mise en doute.

Un porte-parole du gouvernement a déclaré en mars, alors qu'aucun cas n'avait été enregistré, que le pays avait été protégé par Dieu.

Le Burundi s'est opposé à opter pour des mesures sévères de lutte contre le Covid-19, le gouvernement se contentant de conseiller à la population sur le respecter des règles d'hygiène strictes et d'éviter les foules dans la mesure du possible - sauf bien sûr lors des rassemblements de campagne.

Mais le gouvernement a insisté pour que les observateurs électoraux étrangers soient mis en quarantaine pendant 14 jours à compter de leur arrivée dans le pays, ce que certains ont considéré comme un moyen de les décourager.

Des élections contestables
"Ce que nous avons vu ces derniers mois, c'est que l'espace politique au Burundi est assez limité", a déclaré à la BBC Nelleke van de Walle, qui travaille sur l'Afrique centrale pour le groupe de réflexion Crisis Group.

"Il est donc très douteux que les élections soient libres et équitables".

"Le fait qu'aucun observateur électoral ne sera autorisé à voir ce qui se passe dans le pays - je pense que cela augmente le risque de fraude électorale, de corruption et de violation des droits de l'homme à l'approche des élections également".

Le gouvernement insiste sur le fait qu'il a averti les observateurs potentiels de la quarantaine en avril, en leur donnant un préavis suffisant.

Les diplomates ont également exprimé leur inquiétude au sujet du scrutin.

Mais au cours des cinq dernières années, le Burundi a trouvé un moyen de répondre à ses critiques internationales, soit en niant complètement les allégations d'abus, soit en les ignorant tout simplement. Une stratégie qui a permis le maintien d'un même système politique au pouvoir.

BBC

Jeudi 21 Mai 2020 - 13:48


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