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Élection du Secrétaire général des pays ACP : Profils et ambitions des trois candidats

C’est le challenge des diplomates. Trois candidats au poste de Secrétaire général du groupe des pays Afrique Caraïbes et Pacifique (ACP), une organisation, partenaire traditionnel de l’Union Européenne, qui a son siège aussi à Bruxelles. Il s’agit de Dr. Brave Rona Ndisalé du Malawi, Georges Rebelo Pinto Chikoti de l’Angola et Tadeous Tafirenyika Chifamba du Zimbabwé. Ce 9e sommet des pays ACP va permettre l’élection d’un nouveau Secrétaire général parmi ces trois qui aura la charge de repositionner l’organisation mais surtout de renégocier l’accord avec l’UE. Les tractations des candidats vont actuellement bon train pour amasser le maximum de voix.



Dr. Brave Rona Ndisale veut faire du Groupe ACP une institution financièrement viable
C'est une fonctionnaire internationale, diplômée en économie aux USA. Elle a été tour à tour Directrice et responsable de programmes stratégiques à la FAO dans les domaines de la sécurité alimentaire, nutrition, des politiques sociales et rurales. En plus de ce portefeuille, Dr. Brave Rona Ndisale a été diplomate. A l’instar de ses challengers, elle a été de 2008 à 2014 ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire du Malawi au Royaume de Belgique, de la France, d’Italie, entre autres pays européens. 
 
Dans son programme, Dr. Brave Rona Ndisale est revenue sur l’accord de Georgetown 44 ans après et tout récemment celui de Cotonou. Pour elle, «le maintien d’une relation continue avec l’UE demeure pertinent et essentiel lorsqu’il entrera dans la période de dérogation post-Cotonou en 2020. Ainsi, le groupe ACP devra renouveler et renforcer sa relation de longue date avec l’UE. Toutefois, une réflexion critique est nécessaire pour s’assurer que le partenariat répond aux défis et opportunités d’un contexte mondial».
 
La Malawite donne en substance sa vision. «En tant que Secrétaire générale du Groupe ACP, je vais me focaliser sur le leadership stratégique et du changement visant à repositionner le groupe et faire du secrétariat ACP une institution professionnelle, techniquement compétente et financièrement viable à travers des résultats probants de projets et programmes». Dr. Brave Rona Ndisale a insisté beaucoup sur la mise en œuvre des projets contre les changements climatiques, en l’occurrence la mise en application de l’accord de Paris, la réalisation de l’Agenda 2030 pour le développement durable. 
 
 
Les quatre axes de développement proposés Pinto Chikoti 
 Georges Rebelo Pinto Chikoti est un diplomate de carrière. Il a été ministre des Affaires étrangères de l’Angola pendant plus de sept ans. Il a rejoint Bruxelles en 2018 en tant qu’Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire au Royaume du Belgique et chef de mission auprès de l’Union européenne. Rebelo Pinto Chikoti a vécu à Abidjan avant de faire ses études supérieures en France. Il a, par ailleurs, une grande expérience en gestion des crises. 

Georges Rebelo Pinto Chikoti déroule une campagne basée sur quatre axes : rendre le groupe ACP plus dynamique, assurer la stabilité financière à travers une bonne stratégie de mobilisation des ressources, des actions politiques liées à la visibilité, la création de marchés régionaux intégrés, renforcer la coopération multilatérale et enfin un quatrième et dernier axe majeur relatif aux questions climatiques et de résilience. Pour chacun de ces axes, le diplomate de carrière a décliné des ambitions qu’il compte dérouler s’il est élu. 

L’ex-ministre des Affaires étrangères de l’Angola s’est fixé comme objectif de «parvenir à la transformation du Groupe ACP en une organisation transcontinentale efficace et active de premier plan du 21esiècle. En faire une organisation capable de travailler de manière solidaire afin d’améliorer les conditions de vie de ses peuples, par la promotion du dialogue politique, économique, sociale et grâce à la bonne gouvernance, l’éradication de la pauvreté, le renforcement des échanges, le développement durable et l’intégration équitable dans l’économie mondiale. Ceci, tout en tirant avantage du poids numérique que représentent ses 79 membres».
 
 Chifamba plaide pour une flexibilité dans l’application des politiques de différenciation de l’UE
 
Tadeous Tafirenyika Chifamba mobilise les énergies de son gouvernement pour l'élection à la tête du secrétariat général du Groupe ACP. Sa candidature est portée par un message spécial du ministre des Affaires étrangères du Zimbabwé. Depuis 2014, il est ambassadeur auprès des pays du BENELUX. C’est un diplomate de carrière qui a eu à occuper plusieurs postes au département des Affaires étrangères de son pays. Il a fait ses études au bled avec à la clé une maitrise en Relations internationales. 
 
«Moderniser le Groupe ACP pour en faire un partenaire et défenseur sérieux du développement durable», c’est le slogan de campagne de M. Chifamba. Selon lui, «le Groupe ACP est en train de se transformer avec l’examen en cours de l’accord de Georgetown qui vise à faire des ACP une organisation internationale à part entière, davantage axée sur une coopération politique économique et commerciale et socioculturelle». Le diplomate de carrière a estimé que la transformation va concerner également la mutation de l’accord de partenariat de Cotonou après 2020 afin que le partenariat soit davantage bénéfique. 
 
Tadeous Tafirenyika Chifamba a été plus audacieux que les deux autres candidats. Il plaide déjà pour une flexibilité dans l’application des politiques de différenciation de l’UE pour garantir les défis de développement de tous les pays ACP. «Il convient de promouvoir un rôle accru pour les ordonnateurs nationaux et régionaux dans la mise en œuvre du programme de coopération intra-ACP. Une collaboration renforcée entre le secrétariat ACP et les secrétariats des Communautés économiques régionaux (CER), y compris la Commission de l’Union Africaine (CUA), sera également encouragée. Je créerai également des plateformes dynamiques pour un engagement et une participation effective du secteur privé, des parlementaires, des organisations de la société civile et de la diaspora dans la conception, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation des projets et programmes».


Samedi 7 Décembre 2019 - 09:16



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